LA FRANCE ET LE MONDE EN 2022

Au moment où nous commençons ensemble la préparation du concours, il m’a semblé utile de faire un état des lieux, c’est à dire d’essayer d’avoir une vue globale sur notre pays et le monde qui l’entoure. Exercice difficile me direz vous, sans doute mais exercice salutaire, alors essayons.

Tout le monde s’accorde à dire que nous faisons face à plusieurs crises, mais il est rassurant de commencer par celles que nous avons su vaincre. Comme dans une guerre, il faut savoir prendre conscience de ses victoires et donc de ses forces.

D’abord en Occident et notamment en France on peut dire que nous avons presque complètement vaincu le chômage. Ce fut une longue et difficile aventure qui a découragé nombre de gouvernements. Un premier ministre socialiste, je crois Rocard avait dit contre le chômage on a tout essayé. En effet, le chômage de masse est apparu dans notre pays suite aux deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 et depuis n’a fait qu’augmenter. François Mitterrand par exemple a été élu à cause du chômage, mais pendant ses deux septennats, n’a pas pu faire grand-chose. L’état a longtemps cru que des emplois aidés par l’état amélioreraient la situation, mais c’est bien aux entreprises qu’il appartient de régler le problème.

Depuis quelques années, d’abord nous avons suivi l’amélioration du chômage en Europe, puis les dernières réformes du marché du travail et de l’apprentissage ont permis de revenir à un taux de chômage de 7 % et d’envisager ainsi le plein emploi. Le problème des entreprises n’est plus de licencier mais de recruter . De nombreux secteurs manquent de bras, ce sui est plutôt rassurant. D’ailleurs, maintenant que la situation s’est améliorée, ce n’est plus un sujet d’actualité, et on n’en parle presque plus.

Ensuite, et de façon plus récente et assez rapide, nous avons su régler la crise sanitaire du COVID qui a quand même frappé notre pays de façon très forte. Avec l’arrivée d’un nouveau virus qu’on ne connaissait pas et contre lequel on ne savait pas bien se protéger (sauf en se confinant chez soi) c’était un peu le retour des grandes épidémies qu’on croyait avoir définitivement éradiquées.

C’est l’état français et le président de la République qui ont pris les choses en main, avec une population qui a bien joué le jeu. Elle a commencé par accepter de se confiner à domicile pendant plus d’un mois, et ensuite de changer ses habitudes en portant un masque partout et en permanence, ainsi qu’un minimum de distance avec son voisin.

Il faut dire que la solution définitive est venue de la disponibilité de vaccins. Mais là encore l’état a su assez vite organiser une campagne de vaccination nationale, et la population a suivi, à part comme toujours quelques réfractaires difficiles à comprendre. Une deuxième victoire sur le front de la maladie, un domaine qui ne semblait pas si facile au début et qui aura amené quelques changements structurels comme le travail à domicile (le télétravail) ou l’enseignement à distance. Mais il faut quand même reconnaître que le monde d’après ressemble beaucoup au monde d’avant.

La crise sanitaire a provoqué, avec les difficultés à travailler une crise économique que l’état a aussi assez bien su gérer. Ce fut le temps du quoiqu’il en coûte où l’état français a protégé les entreprises et les salariés contre les difficultés de façon assez efficace.

On peut donc dire qu’on a remporté deux victoires, sur les fronts sanitaire et économique.

Mais deux autres crises assez graves ne semblent pas à l’heure actuelle trouver de solution efficace.

La première est celle du réchauffement climatique. Depuis de nombreuses années, le GIEC tire la sonnette d’alarme. En son temps le président Chirac nous avait dit la maison brûle, mais nous regardons ailleurs, phrase prophétique.

Une première étape semble quand même franchie, celle de la prise de conscience. Il faut dire que le phénomène commence à produire partout des effets dévastateurs comme les incendies gigantesques de cet été. Mais on n’a peu parlé de réchauffement climatique pendant la campagne présidentielle.

Pas plus les états que les sociétés ou les particuliers ne semblent avoir trouvé, ou ne souhaitent appliquer les gestes qui pourraient régler le problème. Il faut dire que la guerre en Ukraine a compliqué la situation, avec la nécessité de redémarrer des centrales à charbon. D’un autre côté, elle nous rendra plus sobre, du moins on l’espère. On commence à voir des zones commerciales éteindre la lumière la nuit.

La situation ne semble pas s’améliorer beaucoup, et les énergies fossiles sont de plus en plus utilisées. Il faut reconnaître que certaines actions salutaires ont été entreprises comme l’amélioration de l’isolation des bâtiments, ou le développement des énergies renouvelables. Mais on a vu l’Allemagne arrêter ses centrales nucléaires non polluantes pour les remplacer par des centrales à charbon. Espérons que les nouvelles générations plus sensibles trouveront des solutions plus efficaces.

La deuxième crise majeure contre laquelle nous n’avons pas toutes les solutions concerne la guerre en Ukraine, et toutes les difficultés qu’elle provoque sur le plan économique avec l’envol des coûts de l’énergie. Cette crise est d’abord une crise morale et politique. Comment un pays comme la France peut il tenter d’apporter une solution au conflit ? Le président avait pour cela fait le choix d’un dialogue rapproché avec le président Poutine, mais qui n’a malheureusement pas porté ses fruits. Nous aidons l’Ukraine comme les autres pays occidentaux, mis finalement de façon assez mesurée.

Nous nous préparons à un hiver difficile avec la fin des livraisons de gaz russe, et l’état élabore un plan sobriété.

Sur le plan militaire, il faut cependant tirer les enseignements de ce conflit, ce qui n’est pas une mince affaire, mais vous serez probablement interrogés sur ce sujet.

L’état français a toujours fait face à des crises, avec plus ou moins de succès. Louis XIV avait de grandes difficultés économiques, mais des succès sur le plan politique et diplomatique. Nos rois ont mis longtemps à régler les guerres de religion, et le pays a traversé deux guerres mondiales. Les crises ne datent pas d’hier, et les Grecs ont du affronter la guerre du Péloponèse.

Mais la France a la plupart du temps su trouver des solutions pour soulager sa population. Comme nous le disait le général de Gaulle, la victoire doit arriver et elle arrivera, car c’est une guerre mondiale, et de grandes forces n’ont pas encore donné. L’avenir lui a donné raison. Espérons qu’il en sera encore ainsi demain.

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La crise russe

L histoire de la Russie peut elle expliquer la crise actuelle?

La Russie est un pays qui m’a toujours fasciné. Je considère la place rouge et le Kremlin comme plus beau lieu que je connaisse , avec Versailles. C’est pourquoi il y a quelques années j’ai ammené mon épouse Christine et mon fils Sébastien visiter ce beau quartier de Moscou. Il donne une très bonne idée de la grandeur de ce pays et de son histoire, où le président Poutine dirige le pays depuis le Kremlin dans le palais des tsars ( et pose donc une question est il le dernier des tsars autocrates de toutes les Russies?)

On peut distinguer d’abord dans l’histoire russe les principales périodes suivantes

1 – le règne des tsars 1500 1917

Il a fallu attendre les années 1500 pour que la Russie se libère des envahisseurs mongols et que Moscou apparaisse comme une capitale. On a vu alors se succéder Yvan le terrible, un tsar guerrier qui lutta pour étendre le pays. Vint ensuite Pierre 1er qui voulut se rapprocher de l’Europe et fonda Saint Petersbourg. Catherine II fut une tsarrine remarquable, éclairée qui appréciait Voltaire et l’esprit des lumières. Le dernier tsar fut Nicolas II qui a été renversé puis exécuté en 1917.

Cette période a notamment été marqué par la victoire sur Napoléon qui avait tenté d’envahir la Russie.

2 – l’URSS 1917 1991

l’URSS résulte de la révolution de 1917 et de la prise de pouvoir (de façon fort peu démocratique) par Lenine, puis par Staline. Celui ci se comporta assez vite comme un dictateur assez cruel qui déportait et exécutait ceux qu’il considérait comme ses opposants, c’est à dire beaucoup de monde. Il fut considéré comme le chef de guerre qui avait vaincu Hitler at à ce titre fut couvert de gloire. A la fin de la seconde guerre mondiale il établit sa domination sur toute la partie de l’Europe qui faisait partie de l’URSS, et construisit un rideau de fer pour l’isoler du reste du monde.

La fin de la seconde guerre mondiale fut marquée par la conférence de Yalta, qui décida du partage du monde entre russes et améraicains et du sort de l’Europe avec la seule présence de l’Angleterre. C’est un odre contre lequel le général de Gaulle s’est élevé, et que les présidents français ont cherché à combattre.

D’autres dirigeants ont succédé à Staline comme Nikita Kroutchev puis Brejnev Andrpov et finalement Mickail Gorbatchev. Ce dernier voulut réformer l’URSS avec la Glasnost (tranasparence) et la perestroika (nouvelle politique). Mais le communisme et l’URSS ne résista pas à ce changement. En 1989 c’était la chute du mur de Berlin et en 1991 celle de l’URSS qui, grâce à Gorbatchev s’effondra sans violence ni mort alors que le pays s’appuyait sur l’armée de terre la plus puissante du monde, la célèbre armée rouge, victorieuse de l’armée de Hitler.

Ce moment fut, au niveau mondial, la croyance en des lendemains meilleurs voire même la fin de l’histoire.

3 – la période post soviétique après 1991

Elle a été marquée par Elstine puis Poutine régulièrement réélu depuis avec de larges majorités. Poutine regrette l’URSS voire même Staline, et a réussi à refaire de la Russie une puissance qui a de l’influence au niveau mondial.

Essayons maintenant d’identifier quelques constantes dans l’histoire de ce pays

1- la lutte contre les envahisseurs.

Il a fallu attendre 1500 pour que la Russie réussisse à repousser les Mongols qui l’avaient envahie. Plus tard ce seront les Suédois, les Polonais, et même les Français qui envahiront le pays avec plus ou moins de réussite.

Il faut toutefois noter que par deux fois la Russie a réussi à repousser une tentative d’inavsion très menaçante, d’abord avec Napoléon dont la retraite de Russie annonça la chutte, et ensuite pour Hitler avec une bataille sanglante qui provoqua la chute du 3ème Reich.

Ce soucis vis à vis des envahisseurs explique sans doute la détermination de Poutine à éviter une extension de l’OTAN à l’est

2- une politique impériale vis à vis des pays voisins

La Russie a toujours cherché à envahir et asservir les peuples voisins pour se garantir un glacis de protection et contenir les tentatives d’inavsion. On le retrouve maintenant vis à vis de la Crimée et de l’Ukraine

3 – l’accès aux mers chaudes

La Russie bien qu’immense a très peu d’accès à la mer. Les mers du Nord comme la Baltique gèlent l’hiver. L’accès aux mers chaudes, qui permet via la Méditerrannée l’accès à l’Atlantique a toujours été une obsession. Il passe par la mer noire et la Crimée. Là encore l’Ukraine est concernée

4- Peu de démocratie, un pouvoir totalitaire et despotique

La Russie n’a jamais connu la démocratie. La révolution de 1917 a finalement avec les soviets ammené un pouvoir encore plus policier que celui des tsars, et la période soviétique s’inscrit clairement dans la continuation de celle des tsars. Seule la parenthèse gorbatchévienne a tenté de libéraliser le pays, et a réussi mais elle fut de courte durée. Fianalement pour assurer l’ordre dans un tels pays un pouvoir fort n’est il pas nécessaire? En tous cas Poutine s’inscrit clairement dans cette perspective.

5 – Un rôle important dans le monde

Le tsar traitait avec les monarchies européennes, ensuite pendant la guerre froide le monde était dirigé par le rapport entre les états unis et l’URSS, et Poutine souhaite visiblement restaurer cette période avec un dialogue direct et sans intermédaires avec l’Amérique. D’autre part il s’est employé avec un certain succès à restaurer un rôle important pour son pays dans le monde, en prenant par exemple au Moyen Orient la place laissée libre par les états unis.

6 – quel rapport avec l’Europe?

Les rapports entre la Russie et l’Europe ont souvent hésité entre rapprochement et distance. Pierre 1er en construisant Saint Petersbourg voulait assurer une porte vers l’Europe. Ensuite Staline a assuré à la Russie la domination d’une grande partie du continent. Peut on construire une Europe qui n’implique pas la Russie? Les différents présidents français ont toujours recherché une certaine proximité avec la Russie. Emmanuel Macron poursuit cette tradition, avec des résultats incertains.

Pour finir sur une note d’humour, on raconte que lors d’une visite à Stalingrad, le général s’est exclamé quel grand peuple! Vous voulez parler du peuple soviétique Mon général? Non du peuple allemand.

L histoire de la Russie peut elle expliquer la crise actuelle?

L’histoire de la Russie peut elle expliquer la crise actuelle?

La Russie est un pays qui m’a toujours fasciné. Je considère la place rouge et le Kremlin comme plus beau lieu que je connaisse , avec Versailles. C’est pourquoi il y a quelques années j’ai ammené mon épouse Christine et mon fils Sébastien visiter ce beau quartier de Moscou. Il donne une très bonne idée de la grandeur de ce pays et de son histoire, où le président Poutine dirige la pays dans la palais des tsars ( et pose donc une question est il le dernier des tsars autocrates de toutes les Russies?)

On peut distinguer d’abord dans l’histoire russe les principales périodes suivantes

1 – le règne des tsars 1500 1917

Il a fallu attendre les années 1500 pour que la Russie se libère des envahisseurs mongols et que Moscou apparaisse comme une capitale. On a vu alors se succéder Yvan le terrible, un tsar guerrier qui lutta pour étendre le pays. Vint ensuite Pierre 1er qui voulut se rapprocher de l’Europe et fonda Saint Petersbourg. Catherine II fut une tsarrine remarquable, éclairée qui appréciait Voltaire et l’esprit des lumières. Le dernier tsar fut Nicolas II qui a été renversé puis exécuté en 1917.

Cette période a notamment été marqué par la victoire sur Napoléon qui avait tenté d’envahir la Russie.

2 – l’URSS 1917 1991

l’URSS résulte de la révoultion de 1917 et de la prise de pouvoir (de façon fort peu démocratique) par Lenine, puis par Staline. Celui ci se comporta assez vite comme un dictateur assez cruel qui déportait et exécutait ceux qu’il considérait comme ses opposants, c’est à dire beaucoup de monde. Il fut considéré comme le chef de guerre qui avait vaincu Hitler at à ce titre fut couvert de gloire. A la fin de la seconde guerre mondiale il établit sa domination sur toute la partie de l’Europe qui faisait partie de l’URSS, et construisit un rideau de fer pour l’isoler du reste du monde.

La fin de la seconde guerre mondiale fut marquée par la conférence de Yalta, qui décida du partage du monde entre russes et américains et du sort de l’Europe avec la seule présence de l’Angleterre. C’est un odre contre lequel le général de Gaulle s’est élevé, et que les présidents français ont cherché à combattre.

D’autres dirigeants ont succédé à Staline comme Nikita Kroutchev puis Brejnev Andrpov et finalement Mickail Gorbatchev. Ce dernier voulut réformer l’URSS avec la Glasnost (tranasparence) et la perestroika (nouvelle politique). Mais le communisme et l’URSS ne résista pas à ce changement. En 1989 c’était la chute du mur de Berlin et en 1991 celle de l’URSS qui, grâce à Gorbatchev s’effondra sans violence ni mort alors que le pays s’appuyait sur l’armée de terre la plus puissante du monde, la célèbre armée rouge, victorieuse de l’armée de Hitler.

3 – la période post soviétique après 1991

Elle a été marquée par Elstine puis Poutine régulièrement réélu depuis avec de larges majorités. Poutine regrette l’URSS voire même Staline, et a réussi à refaire de la Russie une puissance qui a de l’influence au niveau mondial.

Essayons maintenant d’identifier quelques constantes dans l’histoire de ce pays

1- la lutte contre les envahisseurs.

Il a fallu attendre 1500 pour que la Russie réussisse à repousser les Mongols qui l’avaient envahie. Plus tard ce seront les Suédois, les Polonais, et même les Français qui envahiront le pays avec plus ou moins de réussite.

Il faut toutefois noter que par deux fois la Russie a réussi à repousser une tentative d’inavsion très menaçante, d’abord avec Napoléon dont la retraite de Russie annonça la chute, et ensuite pour Hitler avec une bataille sanglante qui provoqua la fin du 3ème Reich.

Ce soucis vis à vis des envahisseurs explique sans doute la détermination de Poutine à éviter une extension de l’OTAN à l’est

2- une politique impériale vis à vis des pays voisins

La Russie a toujours cherché à envahir et asservir les peuples voisins pour se garantir un glacis de protection et contenir les tentatives d’invasion. On le retrouve maintenant vis à vis de la Crimée et de l’Ukraine

3 – l’accès aux mers chaudes

La Russie bien qu’immense a très peu d’accès à la mer. Les mers du Nord comme la Baltique gèlent l’hiver. L’accès aux mers chaudes, qui permet via la Méditerrannée l’accès à l’Atlantique a toujours été une obsession. Il passe par la mer noire et la Crimée. Là encore l’Ukraine est concernée

4- Peu de démocratie, un pouvoir totalitaire et despotique

La Russie n’a jamais connu la démocratie. La révolution de 1917 a finalement avec les soviets ammené un pouvoir encore plus policier que celui des tsars, et la période soviétique s’inscrit clairement dans la continuation de celle des tsars. Seule la parenthèse gorbatchévienne a tenté de libéraliser le pays, et a réussi mais elle fut de courte durée. Fianalement pour assurer l’ordre dans un tel pays un pouvoir fort n’est il pas nécessaire? En tous cas Poutine s’inscrit clairement dans cette perspective.

5 – Un rôle important dans le monde

Le tsar traitait avec les monarchies européennes, ensuite pendant la guerre froide le monde était dirigé par le rapport entre les états unis et l’URSS, et Poutine souhaite visiblement restaurer cette période avec un dialogue direct et sans intermédaires avec l’Amérique. D’autre part il s’est employé avec un certain succès à restaurer un rôle important pour son pays dans le monde, en prenant par exemple au Moyen Orient la place laissée libre par les états unis.

6 – quel rapport avec l’Europe?

Les rapports entre la Russie et l’Europe ont souvent hésité entre rapprochement et distance. Pierre 1er en construisant Saint Petersbourg voulait assurer une porte vers l’Europe. Ensuite Staline a assuré à la Russie la domination d’une grande partie du continent. Peut on construire une Europe qui n’implique pas la Russie? Les différents présidents français ont toujours recherché une certaine proximité avec la Russie. Emmanuel Macron poursuit cette tradition, avec des résultats incertains.

Et pour finir sur une note d’humour, un jour que le général visitait Stalingrad, on raconte qu’il se serait exclamé Ah quel grand peuple! Vous voulez parler du peuple soviétique Mon général. Non du peuple allemand.

Intervention du président le 15 décembre 2021

hier soir le président a fait un retour sur son quinquennat pendant deux heures sur TF1

Il a bien sur commencé à évoquer la crise sanitaire qui nous a tous surpris et révélé notre vulnérabilité. Les trois moyens de s’en sortir sont bien sûr la vaccination, le pass sanitaire et les gestes barrières
Il a aussi évoqué la crise des gilets jaunes, qui a révélé l’existence de toutes ces petites gens qui souffrent et dont il faut s’occuper. Mais cette crise a libéré une grande violence. Elle a aussi laissé croire que les paroles de tous se valent ce qui est faux, celle d’un député par exemple compte plus. Nous sommes dans une démocratie, nous votons, et il ne faut pas s’en prendre au personnel politique comme ce fut le cas.

On va la France? Sur le plan économique, la situation s’est beaucoup améliorée avec un chomage qui a baissé, une croissance retrouvée et un pouvoir d’acahat qui a augmenté. C’est grâce aux différentes réformes qui ont commencé ce qu’il avait promis dans son livre, une révolution.

Qu’ a t il appris? Qu’il faut plus aimer les francais, et qu’il faut lutter contre les inégalités. Il se souvient en particulier d’une visite en seine saint Denis lors du confinement où le maire lui avait dit que les enfants qui restaient à la maison ne mangeaient plus.

Il reconnait avoir été quelquefois blessant, ce qu’il faut éviter. Mais ses propos ont souvent été sortis de leur contexte ce qui enlève du sens.

Faut il réduire le nombre de fonctionnaires? Non ce n’est pas la bonne façon de prendre le problème. Qui sont les fonctionnaires, les soldats, on a augmenté leur nombre, comme celui des policiers ou des enseignants. Il faut rendre l’état plus performant (exemple du prélèvement à la source) et alors le nombre des fonctionnaires peut baisser.

Il faut faire la différence entre les musulmans partie intégrante de notre pays et l’islamisme radical, ces gens qui élèvent leurs enfants dans la haine de la république. Il faut lutter en tentant de faire revenir ces enfants parmi nous.

Il a bien sur évité de répondre à une candidature tout en reconnaissant se projeter dans l’avenir. Il faudra faire la réforme des retraites car il faudra travailler plus longtemps et rendre le système plus juste.

L’affaire Ben Alla ne fut pas une affaire d’état, comme l’a dit un prédecesseur, elle a fait pschitt. 

Finalement un président assez content de son action, qui sait où il va et qui se veut plus social qu’au début.

La société française et son actualité

la société française et son actualité

Première partie la société française

Pour se faire une idée de la société les gardes VSAV me semblent un bon moyen d’entrer en contact avec toutes les classes sociales, et de réaliser les différences qui continuent d’exister entre une France favorisée, une France intermédaire et une France en difficulté. On constate que des inégalités existent basées sur différents critères (même si globalement elles se sont plutôt réduites sur le siècle dernier)

– une des inégalités la plus forte est celle qui sépare ceux qui ont un travail et ceux qui sont au chômage. En effet, au delà d’un écart de ressources, c’est surtout une différence de statut social que les chômeurs ont souvent perdu. Il est difficile d’exister dans la société sans un travail qui donne souvent une identité.

– les inégalités de revenus, qui sont aussi liées au diplôme. Comme l’immense majorité des farnçais est salariée, on constate un écart assez important entre les cadres supérieurs issus des grandes écoles et des ouvriers peu diplômés payés au SMIC. Entre ces deux extrémités, l’immense majorité appartient à une classe moyenne au revenu modeste et à la qualification limitée.

On constate aussi que la société française est très reproductrice d’une génération à l’autre. Dans l’ancien régime, il fallait naitre dans une famille noble pour disposer d’une fortune et d’un statut héréditaire, on constate actuellement que les fils de cadre font des études longues, et que le système éducatif français reproduit les inégalités. A titre personnel j’ai pu constater une exception avec l’ascenseur social. J’appartiens à une génération où les fils d’instituteurs faisaient des études longues et accédaient en grand nombre au statut de cadre. Il faut dire que c’était une époque où le niveau des instituteurs était élevé.

Ces inégalités se traduisent aussi par une perte de confiance d’une bonne partie de la population (à mon avis la classe moyenne) envers les élites qui dirigent le pays ainsi que les dirigeants politiques.

La société française est aussi marquée par un contraste qui dure entre

– un pays et un système social (l’état providence) coûteux mais efficace et qui finalement contribue à réduire les inégalités et à aider les populations fragiles. La France reste un des pays au monde où il fait bon vivre, la cadre de vie est agréable, les services publics marchent bien et l’économie se porte plutôt bien. Le pourcentage de chômeur se rapproche des 7% et on parle même de plein emploi. La France est respectée au niveau international. Les anciens disaient heureux comme Dieu en France.

– une perception très négative de leur sort par les français. Notre peuple est très pessimiste, et cette perception très négative de la situation constitue une des principales faiblesses de notre société.

 De plus,la crise identitaire de la société liée à la mondialisation se traduit par deux phénomènes :

1/ un flux physique migratoire non maîtrisé qui a tendance à fragmenter la société. On parle de territoires perdus de la République, balkanisation ou de manière plus “soft” de multiculturalisme.

2/ l’émergence d’un courant de pensée (venu des USA, il me semble), le wokisme qui souhaite abolir les normes anciennes et deconstruire les repères sociaux pré établis. Le wokisme entre en confrontation avec deux autres idéologies :
– l’universalisme qui date des Lumières et qui correspond au modèle façonné par les différentes Républiques françaises : unicité de la langue, l’école public obligatoire et gratuite… Ce courant prône l’assimilation par les valeurs de la République.

– l’identitarisme européen se base sur la fierté de la civilisation occidentale, les identitaires brandissent l’identité ethnoculturelle des Européens comme bouclier face aux attaques wokes. Ils refusent l’universalisme, car l’assimilation serait vain. Ils prônent davantage l’indépendance de tous les peuples sur leur terre en prenant appui sur le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Deuxième partie l’actualité

C’est une partie qu’on pourrait développer longtemps, je me limiterai à deux événements majeurs qui me semblent bien illustrer la situation actuelle

-d’abord le long conflit des gilets jaunes. Il montre la persistance dans notre pays de ce qu’on appelait au moyen âge les jacqueries, c’est à dire des révoltes assez violentes et dévastatrices. Elle traduit l’inquiétude profonde de la classe moyenne (un peu inférieure) qui se traduit malheureusement par un souhait de destruction de l’ordre existant. Je note aussi une absence de projet et de leaders. Les mouvements ouvriers traditionnels comme le parti communiste ou la CGT étaient porteurs d’un projet politique et assez bien structurés. Rien de tout ça avec les gilets jaunes qui ont coûté très cher au pays, et à certaines corporations comme les commerçants.

-ensuite la crise sanitaire. La France a montré qu’elle a beaucoup contesté les directives du gouvernement, mais qu’elle les a très bien suivies. Les confinements ont été respectés de même que les couvre feu. Malgré un mouvement antivax nous sommes avec 75% un des pays les plus vaccinés en Europe. Les français ont écouté le président parler, et ont obéi. Avec le quoi qu(il en coûte, l’état a soutenu efficacement les entreprises et les travailleurs en diificulté. La société a donc démontré une bonne résilience et la France est restée unie, ce qui a permis de maîriser la crise sanitaire et la crise économique.

Il me semble que la crise sanitaire a montré la solidité de la société française, mise à mal par les gilets jaunes. Le meilleur de la France a cotoyé le pire, et m’a beaucoup rassuré.

Discours du président

le président s’est adressé à nous il y a quelques jours. Pour ceux qui n’ont pas eu le temps de l’écouter quelques messages que j’ai retenus

-d’abord c’était un peu le chef des armées victorieux de la guerre contre le COVID, grâce au soutien des français, aux gestes barrières, et maintenant à la vaccination qui concerne 75% de la population et fait de la France un des pays les mieux protégés du monde. Mais attention la guerre n’est pas finie, les plus vulnérables doivent recevoir une troisième dose et ceux qui ne sont pas encore vacciner doivent corriger le tir

– nous avons aussi grâce au soutien à l’économie gagné la guerre économique. Notre croissance repart et le chômage est au plus bas

– mais c’est le travail qui nous permettra de financer notre modèle social. Il nous faut travailler plus, plus longtemps, et c’est ainsi que nous assurerons l’avenir de notre pays. Ce message concerne également les chômeurs qui doivent aussi rechercher activement un emploi.

– il nous faut assurer l’indépendance énergétique du pays et notre neutralité carbonne. Pour cela nous allons construire de nouveaux réacteurs nucléaires et continuer le développement des énergies renouvelables

– c’est l’Europe qui assure notre avenir. Nous allons bientôt en assurer la présidence et en profiter pour aider à prendre les décisions nécessaires.

Pour conclure, je reprendrai la vision stratégique du CEMA nous devons gagner la guerre avant la guerre.

les nouvelles technologies et leur impact sur la société

les notions générales sur les évolutions technologiques et leurs impacts sur les sociétés

Dans la mesure où cette fiche nous interroge sur les impacts des évolutions technologiques sur notre société, je me suis limité à celles que je connais et dont j’ai pu mesurer les effets sur mon quotidien

J’évoquerai les messageries, les réseaux sociaux, les logiciels de vision à distance comme Zoom ou Skype, les smartphones, les microordinateurs, les journaux instantannés

Avant de regarder ces applications en détail, tentons d’évaluer les impacts gobaux du développement de ces technologies dites nouvelles.

Elles ont toutes tendances à augmenter le temps qu’on passe sur son écran, au détriment de celui qu’on passe avec les autres. Sur le plan professionnel, elles ont mécaniquement augmenté le temps passé au bureau et donc diminué celui qu’on passe sur le terrain avec les autres. C’est très marquant pour un manager qui va avoir de plus en plus de mal à aller retrouver son équipe et vivre avec ses hommes. On vit un peu dans l’illusion de se faire comprendre par ses messages, par ses mails. L’expérience m’a montré que la plupart du temps les destinataires ne comprennent pas ce qu’on leur dit par mail, et qu’il faut pour se faire comprendre aller les rencontrer. On peut donc constater que ces technologies ont plutôt compliqué le rôle du manager.

Sur le plan personnel, on peut faire la même observation. Quand on observe les gens en groupe actuellemnt, bon nombre d’entre eux sont penchés sur leur smartphone à consulter des messages plutôt qu’à discuter. Il arrive même que pendant les repas de famille ou d’amis on voie les jeunes sur leur messagerie. Comme sur le plan professionnel, on est tenté de dire que les nouvelles messageries ont plutôt éloigné les hommes, alors qu’elles devaient les rapprocher.

Ces nouvelles technologies ont singulièrement racourci le temps. Nous vivons maintenant dans le temps court du message qu’on vient de recevoir, et auquel il faut répondre immédiatement. Le temps long de la réflexion a été remplacé par le temps court du réflexe, et cette tendance nuit à la qualité et à la profondur de notre réflexion. Elles ont aussi raccourci les distances puisqu’un message est reçu immédiatement même s’il vient d’un autre pays.

Examinons maintenant les différentes applications

1 les messageries

Internet nous permet d’envoyer instantanémént un message à un destinataire où qu’il soie. Cette possibilté est très puissante et très agréable mais elle nous conduit tous à gérer des boites mails très remplies et plutôt chronophages. Il m’a fallu attendre la retraite pour vivre à jour de ma messagerie, alors que sur le plan professionnel j’avais en permanence des dizaines de messages non lus. On doit en plus gérer plusieurs boites mails, les messages les sms les avis Whatsap etc…

Il faut reconnaitre que ces messageries permettent de travailler à distance bien plus facilement que par le courier traditionnel des lettres. Les messageries éloignent les hommes de leurs voisins mais les rapprochent de ceux qui vivent loin, ce qui reste un avantage. Comment pourrions nous préparer l’école de guerre sans elles?

2 les réseaux sociaux

C’est sans doute l’application qui a le plus modifié notre société. Ces réseaux diffusent instantannément les informations produites par chacun sans aucune vérification, c’est à dire bien souvent erronées. Contrairement aux grands media qui cherchent à vérifier leurs informations, les réseaux sociaux diffusent les opinions des anonymes en grand nombre qui prennent alors souvent la force d’une forme de vérité. Ils peuvant alors bien souvent troubler notre jugement en nous faisant croire à des contre vérités des fake news. Le succès des réseaux sociaux vient aussi du plaisir réel qu’on prend à les consuler. Il est plus agréable de lire facebook que le Monde.

3 les logiciels de vision à distance

Skype ou Zoom nous permettent d’échanger par le son et par l’image avec notre (ou nos) interlocuteur. Ils nous permettent d’abord des écahanges agréables avec des amis éloignés. L’épidémie de COVID a multiplié leur utilisation sur le plan professionnel. Par exemple les échanges avec les étudiants (oraux soutenances de stages entretiens) se font maintenant la plupart du temps avec cette méthode.

Le grand avantage réside dans le fait qu’on n’a plus à se déplacer et qu’on peut les conduire depuis son domicile ou son bureau. Mais le contact est moins riche et moins agréable qu’en présentiel. Encore une fois ces logiciels très performants nous ont plutôt éloignés, même si elles ont nettement diminué les contraintes.

A titre personnel, je fais régulièrement des cours en Skype, de même que des interventions devant des auditeurs distants ce qui est très efficace. C’est donc un gain important dans le domaine de la formation.

4 les smartphones

Depuis plusieurs années notre smartphone a pris une palce importante dans notre vie. Nous passons beaucoup de temps à le consulter, autant par plaisir que par nécessité. Ils nous permettent d’être reliés en permanance avec notre entreprise ou nos amis. Mais justement ne passons nous pas trop de temps sur ce support et ne lui accordons nous pas trop d’importance? 

Il m’arrive de me demander comment nous faisions lorsqu’il n’existaient pas, c’est à dire pour la plupart de ma vie. Avons nous gagné ou perdu au change, en tous cas nous n’avons pas vraiment le choix.

Notre smartphone est sans doute ce qui a pris le plus de place dans notre vie, et qui nous pose la question nous a t il rapproché ou éloigné des autres?

5 les microordinateurs

Notre microordinateur a envahi notre bureau ainsi que notre espace personnel. C’est sans doute avec lui que nous passons le plus de temps car il nous permet de communiquer avec tous les serveurs connectés à internet. C’est finalement le microordinateur connecté à internet qui est l’outil puissant qui nous permet actuellemnt de travailler ou de nous distraire (ou un peu les deux à la fois) Il a aussi un peu aboli la séparation entre le monde privé et celui du travail, en nous permettant de travailler à la maison, ou de discuter avec nos proches depuis le bureau. 

On l’utilise maintenant en réunion, ce qui nous évite d’y perdre trop de temps. La recherche de documentation est maintenant bien plus rapide et bien plus efficace qu’à l’époque (que j’ai connue) où il fallait se rendre à la bibliothèque municipale pour consulter des livres ou des revues.

Le micro est un outil puissant, mais c’est à nous de savoir l’utiliser. Il nous rendra libre si nous avons le goût de la liberté mais nous asservira si nous n’y prenons pas garde. La balle est donc dans notre camp plus que dans celui de la société.

6 Les journaux continus

J’ai connu l’époque où le Monde sortait le soir, et on avait une journée pour le lire, jusqu’à l’édition du lendemain. Depuis que je suis étudiant je suis resté fidèle à mon journal et je suis maintenant abonné à l’édition internet. Elle génére infiniment moins de papier que l’édition du début, mais c’est maintenant un flot continu d’information, avec des articles qui ont quelquefois une durée de vie de quelques heures.

Là encore un outil puissant en terme de volume d’information mais qui peut inciter à une lecture plus superficielle.

Mais l’avantage du micro est que sans être abonné on peut consulter de nombreux sites d’information (utiles pour ma revue de presse)

En guise de conclusion

Peut on conclure une telle étude tant les effets des nouvelles technologies sur la société et sur notre quotidien sont contrastés. Nous y avons gagné et perdu en liberté. En matière de management nous y avons gagné en efficacité mais perdu en présence sur le terrain. J’aurais tendance à dire que ces outils sont puissants et performants et qu’il nous appartient d’en faire bon usage. On voit comme souvent le meilleur cotoyer le pire. Mais j’ai confiance dans la pertinence de nos jeunes officiers qui nous montrent qu’ils savent maîtriser ces ouils.

Discours de rentrée de Florence Parly 13 septembre 2021

La ministre commence par remercier tous les militaires impliqués dans Sentinelle cet été, dans la lutte contre les feux de forêt, au Sahel, le SSA en Martinique, et l’opération Apagon qui a permis en quinze jours de rapatrier 3000 personnes de Kaboul.

1 Les enseignements de la crise afghane

1 La lutte contre le terrorisme est nécessaire et doit se poursuivre. D’abord on peut se demander quelle sera l’attitude des Talibans vis à vis d’Al Quaida. Des engagements ont été pris à Doha mais on a quelques doutes. L’implantation de Daesh en Afghanistan est réelle comme l’a montré l’attentat de Kaboul. 

2 l’Europe de la défense est nécessaire , la sécurité des européens est d’abord l’affaire des européens

3 La LPM porte ses fruits. Le pont aérien a été assuré par trois A400M livrés dans le cadre de la LPM. 

2 Priorité 1 l’exécution de la LPM

Cette loi 2019 2025 est notre succès. C’est notre bataille du quotidien. Elle redonne aux armées ce qu’on leur avait pris. Le président de la République a mis fin à la période de baisse des budgets en consentant des efforts inédits. Je suis bien entourée avec l’état major des armées, la DGA, et les directions des personnels militaires. On voit les effets sur le terrain avec les livraisons qui se poursuivent. 

3 Priorité 2 Le soutien à l’économie

Notre soutien à la relance et à l’économie française est déterminant.Notre activité a permis de créer plus de 36 000 emplois en 4 ans. Le SCAF en est l’exemple emblématique. 

4 Priorité 3 construire les armées du futur en adaptant notre ministère aux enjeux de demain

Avec le développement du cyber, de l’espace et des champs informationnels. Nous allons recruter 1900 cybercombattants d’ici 2025. Il faudra aussi regarder au fond des mers. Nous devons aussi réussir l’adaptation de notre dispositif au Sahel.

5 Préparer la présidence française de l’Union Européenne

La Boussole Stratégique, futur document stratégique de l’Union Européenne sera un des principaux moyens. Nous devons porter la défense européenne. Nous devons aussi faire attention à certaines évolutions réglementaires comme la directive européenne sur le temps de travail.

Le nucléaire et l’indépendance de la France

LE NUCLEAIRE ET L INDEPENDANCE DE LA FRANCE

Depuis que le général de Gaulle a lancé le développement du nucléaire français avec la création du commissariat à l’énergie atomique (CEA) le nucléaire français est synonyme d’indépendance de la France, sur les plans militaire et civil.

1- le nucléaire militaire

La grande idée du général quand il est revenu à la tête de l’état en 1958 était de doter la France de l’arme atomique et de disposer ainsi d’une dissuasion autonome. Il avait compris que pour être indépendante et respectée, la France devait faire partie des pays ayant un siège au conseil sécurité de l’ONU et dotés de l’arme atomique, c’est à dire des cinq grands pays du monde.

Il s’impliqua lui même dans le suivi de ce projet et porta l’effort militaire à 5 % du PIB, sans rencontrer aucune opposition.

Assez rapidement la France allait entrer dans le club très restreint des pays dotés de l’arme atomique, symbole de pouvoir et d’indépendance.

C’est le CEA qui allait se charger du développement, de la mise au point puis de la maintenance de l’arme nucléaire, au travers de sa prestigieuse division la DAM(division des applications militaires)

Le CEA-DAM répond aux enjeux stratégiques de la dissuasion nucléaire : fabrication des têtes des armes nucléaires, qui équipent les forces nucléaires aéroportée et océanique, fabrication des réacteurs nucléaires de propulsion navale et lutte contre la prolifération nucléaire

L’acceptation politique du nucléaire militaire est unanime, puisque depuis le président François Mitterrand, la gauche initialement réservée est devenue très favorable à cette option.

Il faut quand même noter la position récente du pape François désormais opposé à la dissuasion nucléaire, mais surtout favorable à la relance des négociations de désarmement, ce qu’ont arrêté de faire les américains.

2- le nucléaire civil

Avec 58 réacteurs répartis sur 19 sites nucléaires, la France dispose du parc nucléaire le plus important du monde en proportion de sa population. Chaque année, environ 405 TWh d’énergie nucléaire sont produits.

Le nucléaire se développe en France à partir de 1963. Après avoir testé la technologie graphite-gaz (1ère génération) en construisant neuf réacteurs de ce type la France décide en 1968, pour des raisons techniques et économiques, de se tourner vers la filière à eau sous pression REP (2ème génération), conçue et développée par les états-unis.

La France a développé un programme ambitieux de construction de centrales nucléaires qui lui a permis de devenir indépendante des fournisseurs d’énergie fossile, et en particulier de pétrole, très utilisé dans les années 1970 pour produire de l’électricité. Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont fait exploser la facture énergétique.

A l’heure actuelle, la production électrique est assurée à 75 % par le nucléaire, et la majorité du reste par l’hydraulique, qui est au maximum de ses capacités.

La part du coût du combustible dans la production nucléaire est faible, on peut pour faire simple dire que l’essentiel du coût de l’électricité nucléaire est représentée par la main d’oeuvre EDF, un poste très stable et complètement national.

Il se trouve en plus que le nucléaire ne produit aucun gaz à effet de serre, rendant la production française d’électricité parmi les plus performantes du monde dans ce domaine.

Il convient d’ajouter que pour un pays comme la France ne disposant pas de ressources propres dans le domaine des énergies fossiles, tout autre mode de production (gaz, charbon ou pétrole, les seules solutions actuelles) augmenterait fortement le coût et rendrait le pays dépendant de la Russie ou des pays du golfe, hautement instables.

En effet, EDF développe au maximum les énergies renouvelables, qui ne représentent au maximum que 4 à 5 % du total. J’ai coutume de dire qu’en France on a besoin de courant entre 7h et 9h le matin, puis entre 19h et 21h le soir, à des périodes où le solaire ne produit pas.

L’acceptation de la production nucléaire d’électricité est grande car les français acceptent facilement d’habiter à côté des centrales. Cette confiance est grandement basée sur le fait que les agents EDF, qui connaissent bien la centrale, vivent avec leur famille juste à côté. Le seul problème restant porte sur les déchets dont personne ne veut, alors que le stockage en couches profonde semble adapté. La solution actuelle, qui consiste à stocker les déchets ultimes dans des piscines en surface sur le site de la Hague ne semble émouvoir personne.

3- Les différents acteurs

Le CEA s’occupe de la recherche, avec une mission opérationnelle concernant l’arme nucléaire puisqu’il la conçoit, la fabrique et la maintient.

AREVA qui s’appelle maintenant ORANO construit les centrales

EDF les exploite.

Côté militaire, les exploitants sont

– la marine nationale pour la composante sous marine, qui regroupe deux domaine, les missiles et les réacteurs qui propulsent les SNLE et leur fournissent l’énergie, comme c’est le cas pour le porte avion Charles de Gaulle

– l’armée de l’air pour la composante aéronautique.

J’ai personnellement travaillé avec les marins à la sécurité civile, et leur métier est très proche du mien

4- Situation actuelle et perspectives

La France a produit un nouveau type de réacteur, l’EPR, conçu au niveau européen. Sur le plan technique il est du même type que les réacteurs actuels, (REP réacteur à eau sous pression) mais des améliorations importantes ont été apportées sur le plan de la sûreté. Il est par exemple équipé d’une coque avion pour le protéger d’un attaque aérienne.

Il a été acheté et mis en service avec succès en Chine, où la coopération avec EDF dans le domaine nucléaire est ancienne et se passe très bien. Un contrat portant sur la construction d’une usine de recyclage du combustible nucléaire usagé en Chine est en négociations depuis une dizaine d’années. Il est évalué à plus de 20 milliards d’euros au total, dont plus de la moitié pour Orano, la Chine s’est engagée à le signer avant janvier prochain lors de la visite du président français.

L’EPR connaît malheureusement des difficultés en France où les coûts augmentent et la mise en service est constamment repoussée. Il me semble que la difficulté majeure de ce projet est l’absence de volonté d’EDF et de la France de produire de l’électricité avec ce réacteur. Il avait initialement été commandé non sur un besoin de production, mais sur la nécessité de faire travailler AREVA qui sans cette commande aurait fermé le site de Chalon sur Saone. Depuis, il a plus été considéré par EDF, AREVA et l’autorité de sûreté comme un moyen de faire progresser la sûreté, c’est à dire comme un réacteur de développement plus que de production.

Mais il faut aussi souligner que la France est un des très rares pays qui a obtenu la maîtrise de la chaîne complète du nucléaire, qui va de l’extraction, l’enrichissement (très complexe comme le montrent les recherches difficiles de l’Iran) la production civile et militaire et ensuite le traitement et l’enfouissement des déchets, ce qui lui donne une position forte au niveau international.

Deux projets portent l’avenir de la filière

ASTRID (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration) est un projet français de démonstrateur industriel de réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium. Contrairement aux réacteurs de 2e et de 3e générations, ce réacteur, dit de « 4e génération », consommerait de l’uranium 238 (constituant 99,3% de l’uranium naturel) plutôt que de l’uranium 235 (0,7% de l’uranium naturel), ce qui nécessiterait in fine moins d’uranium naturel extrait du sous-sol pour produire de l’électricité. Ce démonstrateur industriel pourrait également brûler du plutonium et transformer des actinides mineurs, déchets nucléaires à vie longue, en des déchets nucléaires à vie plus courte. L’intérêt de ce réacteur est donc aussi de brûler des déchets à durée de vie longue.

ITER (en latin le « chemin ») est l’un des projets les plus ambitieux au monde dans le domaine de l’énergie. En France, dans le département des Bouches-du-Rhône, 35 pays sont engagés dans la construction du plus grand tokamak jamais conçu, une machine qui doit démontrer que la fusion — l’énergie du Soleil et des étoiles — peut être utilisée comme source d’énergie à grande échelle, non émettrice de CO2, pour produire de l’électricité. La fusion présente de très nombreux avantages, mais est également très complexe à mettre en œuvre. Il faut en effet que la matière atteignent des niveaux énergétiques très élevés, de 150 millions de degrés, mais il faut la confiner dans des champs magnétiques très puissants, produit par un générateur porté au zéro absolu, c’est à dire moins 273 degrés centigrades. On voit bien ici qu’on est encore dans le domaine de la recherche.

5- La situation internationale

Avec une production de 2 606 TWh en 2016 (soit 10,4 % de la production mondiale d’électricité), le nucléaire est la 3e source de production d’électricité dans le monde.

En 2017, le monde compte 454 réacteurs nucléaires en fonctionnement, répartis dans 31 pays.

En 2016, les États-Unis (804,9 TWh), la France (379,1 TWh) et la Chine (247,5 TWh) sont les trois principaux pays producteurs d’électricité d’origine nucléaire.

Les américains ont un parc nucléaire important, comme le Japon. L’Afrique du Sud a trois réacteurs français. L’URSS exploite aussi un parc important de centrales

Le réchauffement climatique pousse de nombreux pays à s’intéresser au nucléaire dans la mesure où il ne produit pas de gaz à effet de serre. Mais le problème majeur reste l’acceptation par le public. De plus, l’accident de Tchernobyl, qui était plutôt le symbole de la décomposition de l’union soviétique de l’époque, montre qu’il faut pour exploiter un réacteur dans de bonnes condition, être un pays développé, formé, et assez rigoureux dans le respect des procédures internationales.

6- Conclusion

Le nucléaire est une filière actuellement bien maîtrisée, en particulier par la France. Elle permet de produire de l’électricité à des coûts intéressants, celui de la France étant un des plus bas d’Europe. Elle ne produit pas de gaz à effet de serre. Elle est donc incontournable pour un pays comme la France qui ne dispose pas de ressources énergétiques.

Mais le débat sur le sujet est souvent biaisé car sur le plan mondial une grande partie de l’opinion publique reste opposée au nucléaire, non pour des raisons techniques, mais plutôt dogmatique. On est opposé au nucléaire parce qu’il est mauvais, et il faut en sortir.

Mais il reste une question importante à laquelle ces écologistes ne répondent pas, par quoi le remplacer. Les énergies renouvelables peuvent apporter un complément mais pas suffisamment pour chauffer les villes ou faire tourner l’industrie.

L’exemple allemand, peu connu, est très illustratif. Les allemands ont fermé leurs centrales nucléaires, développé le renouvelable, mais ont été contraint de développer une production importante par le charbon, très pénalisant en matière d’effet de serre, et qui pose de nombreux problèmes de santé publique.

De même il est surprenant de constater qu’à l’époque de la majorité constituée des socialistes de Jospin et des écologistes, on a arrêté l’exploitation du réacteur Superphénix, d’exploitation il est vrai difficile, mais dont le but principal était de brûler des déchets, c’était un réacteur à neutrons rapides.

La raison l’emportera t elle, il me semble que le poids de la raison dans les choix scientifiques est un sujet d’oral. Quoiqu’on fasse, l’école de guerre n’est jamais très loin.

Droit des conflits

un sujet intéressant, le droit des conflits qui à mon avis est assez proche des sujets d’écrit ou d’oral. Le problème souvent posé est de savoir s’il est appliqué. En effet, dans un conflit l’application de ce droit en dit long sur les parties prenantes. En première approche, on peut considérer que ceux qui respectent le droit sont  les démocraties occidentales ce qui, au niveau mondial fait assez peu de monde.

Il est aussi intéressant de constater que la France, l’Angleterre et les états unis sont intervenus pour punir Haffez el Assad d’avoir utilisé les gaz contre sa population, une intervention pour imposer le respect du droit des conflits. A l’opposé on voit que Daesch était clairement positionné en violation de ce droit en permanence.

Il est vrai aussi qu’au cours de l’histoire pendant les guerres de religion ou même en Algérie, la France n’a pas toujours été exemplaire.

Au fil des siècles, les nations ont acquis la conviction que le droit devait s’imposer dans les conflits, afin de limiter les effets les plus néfastes, les conflits contemporains étant très meurtriers. Au tournant du vingtième siècle, est apparue la convention de Genève en 1906. Elle marque l’apparition  d’un droit humanitaire protecteur des victimes et d’un droit de la guerre qui encadre l’action des combattants. Après les deux guerres mondiales , sont arrivées les quatre conventions de Genève du 12 août 1949 qui constituent aujourd’hui encore la base du droit humanitaire. Le champ d’application s’est ensuite élargi à des aspects tels que la protection des biens culturels ou la protection des enfants.

Tous les militaires de l’armée de terre, de la marine nationale, de l’armée de l’air et de la gendarmerie nationale sont tenus d’appliquer les règles du droit des conflits armés, qui sont contenues dans le bulletin officiel en édition méthodique BOEM 101-2, disponible depuis l’année 1998 dans les unités, les états-majors et les écoles du ministère de la Défense. La directive du ministre de la Défense n° 000147 en date du 4 janvier 2000 a réaffirmé, dans le prolongement d’une directive ministérielle du 15 avril 1991, l’importance de la bonne connaissance de ces règles par les militaires : cette connaissance est un préalable nécessaire à leur mise en oeuvre adéquate. Vous êtes donc tenus de les connaître et de les respecter. Est ce le cas, étant donné le très grand nombre de référentiels réglementaires que j’étais tenu de respecter dans le nucléaire et que je ne connaissais pas, je serais mal placé pour vous faire des remarques. Mais un peu de mauvaise foi de temps en temps ne fait pas de mail.

Qu’est ce que le droit des conflits ?

Il constitue une branche du droit international public ,et comprend trois domaines

– le droit de la guerre il regroupe les conventions de la Haye. Ces textes cherchent à protéger les combattants des effets les plus meurtriers, aussi bien les combattants que les victimes civiles.

– le droit humanitaire regroupe les conventions de Genève concernant les blessés, les naufragés  les prisonniers et la population civile.

– le droit de la maîtrise des armements regroupe les conventions internationales limitant l’utilisation de certaines armes, comme les armes chimiques ou biologiques.

Pourquoi un droit des conflits?

C’est à l’occasion des conflits que la puissance des états se manifeste avec le plus de vigueur. Certains états privilégient l’efficacité par rapport au droit. A l’inverse le respect du droit limite les effets inhumains. Les règles de ce droit constituent une protection précieuse pour les forces armées et les populations civiles. Elles encadrent l’action des forces armées qui contribuent à l’image de la France lors des opérations extérieures.

Quand s’applique t il?

Il s’applique en période de conflit armé, y compris lors d’une guerre civile. Les tensions internes, les émeutes ne sont pas considérées comme des conflits. Le noyau dur des droits fondamentaux de la personne humaine s’applique en toutes circonstances. . Les trois principes sont le principe d’inviolabilité qui garantit à tout homme le respect de sa vie, le principe de non discrimination qui indique que les individus sont traités sans distinction de race, de sexe ou de nationalité, le principe de sûreté qui garantit qu’un individu ne peut être tenu responsable pour un acte qu’il n’a pas commis.  Il s’applique aussi bien aux combattants qu’aux populations civiles impliquées dans le conflit.

Quels en sont les principes ?

-Un principe d’humanité, qui veut éviter si possible les maux superflus engendrés par le recours à la force. Le choix des moyens et méthodes devient limité. Il  relève d’une logique d’humanité.

– un principe de discrimination, également connu comme principe de précaution, impose aux belligérants de distinguer les objectifs militaires qui peuvent être attaqués, des biens et populations civiles qui ne doivent pas l’être.

– un principe de proportionnalité, qui vise à éviter une attaque qui provoque des dommages excessifs par rapport à l’avantage militaire obtenu.

Quels sont les enjeux de ce droit?

Le respect du droit des conflits est une garantie d’efficacité. Il valorise le comportement des combattants. Il facilite la sortie de crise. Il rejoint le principe d’économie des forces et des moyens. 

Qui est en charge de son application?

Les combattants doivent respecter ce droit en toutes circonstances. Le commandement doit s’en assurer. Les manquements peuvent être sanctionnés devant des tribunaux français ou internationaux. 

Comme il le développe dans le livre vert, le général Bosser montre que l’armée française s’inscrit dans la tradition de la guerre juste. Il n’y a pas de victoire pour celui qui a perdu son âme. La guerre et le combat est aussi un lieu où s’expriment des valeurs morales comme la solidarité, et les soldats ont souvent l’occasion d’aider les populations qu’il côtoie. 

On a souvent cité l’exemple, dans la seconde guerre mondiale d’une Wehrmacht respectueuse à côté de SS barbares, ce qui a fait dire au président Mitterrand lorsqu’il célébrait la fin de cette guerre que tous ces soldats étaient courageux. Et peu importe leur uniforme et même leur convictions, ils se battaient pour leur pays pour lequel ils allaient mourir en si grand nombre. Quel plus bel hommage, et quel courage de célébrer ainsi les soldats français et allemands, qui combattent maintenant ensemble dans les forces d’intervention européennes.

Une des évolutions majeures de ce droit concerne à l’heure actuelle les armes létales autonomes. Elles posent des interrogations éthiques et juridiques importantes, car d’un côté elles peuvent aider les soldats et limiter les pertes en vies humaines, mais le fait de donner la mort sans contrôle humain ne semble pas acceptable. C’est pourquoi la plupart des pays, dont la France ont souhaité les interdire.