Discours du président du 13 avril 2020

Mes chers compatriotes
nous traversons une période difficile, avec la peur l’angoisse pour les anciens, et pour certains des conditions de vie pénibles au quotidien. Et pourtant, grâce à nos efforts, chaque jour nous avons progressé. Nos fonctionnaires et personnels de santé, médecins, infirmiers, aides-soignants, ambulanciers, secouristes, nos militaires, nos pompiers, nos pharmaciens ont donné dans cette première ligne toute leur énergie pour sauver des vies et soigner. Ils ont tenu. Les hôpitaux français ont réussi à soigner tous ceux qui s’y présentaient. Ces journées, ces semaines ont été et resteront l’honneur de nos soignants, en ville comme à l’hôpital. Les agriculteurs, les électriciens les commerçants nous ont permis de continuer à vivre, et vous même, en respectant les règles avez fait reculer l’épidémie.Les résultats sont là. Plusieurs régions ont pu être épargnées. Depuis quelques jours, les entrées en réanimation diminuent. L’espoir renaît.
Et je veux ce soir vous remercier très chaleureusement pour ce dévouement et vous dire toute ma reconnaissance.
Etions nous bien préparés, à l’évidence pas assez. Nous avons manqué de blouses, de masques, de gel. Mais dès que nous l’avons constaté, nous avons fait face. Surtout, nos entreprises françaises et nos travailleurs ont répondu présent et une production, comme en temps de guerre, s’est mise en place : nous avons réouvert des lignes pour produire et nous avons réquisitionné. D’ici trois semaines, nous aurons, imaginez-le, multiplier par cinq la production de masques pour nos soignants en France
Ces dernières semaines, soyons aussi justes avec notre pays, ont été marqué par de vraies réussites : le doublement du nombre de lits en réanimation, ce qui n’avait jamais été atteint, les coopérations inédites entre l’hôpital, les cliniques privées et la médecine de ville, le transfert de patients, vers les régions les moins touchées, mais aussi vers le Luxembourg, la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche, que je remercie.
Mes chers compatriotes, si je tenais à m’adresser à vous ce soir, après avoir largement consulté ces derniers jours, c’est pour vous dire en toute transparence ce qui nous attend pour les prochaines semaines et les prochains mois. L’espoir renaît, je vous le disais, oui, mais rien n’est acquis.
C’est pour cela que le confinement le plus strict doit encore se poursuivre jusqu’au lundi 11 mai. C’est durant cette période, le seul moyen d’agir efficacement. C’est la condition pour ralentir encore davantage la propagation du virus, réussir à retrouver des places disponibles en réanimation et permettre à nos soignants de reconstituer leurs forces. Le lundi 11 mai ne sera possible que si nous continuons d’être civiques, responsables, de respecter les règles et que si la propagation du virus a effectivement continué à ralentir.
Je mesure bien les efforts que je vous demande, mais il faut absolument continuer à appliquer les règles que vous connaissez.
Durant cette phase de confinement, le pays continue à vivre, et heureusement. Certaines activités sont interdites, car incompatibles avec les règles sanitaires. Pour tous les autres secteurs économiques, quand la sécurité des travailleurs et des entrepreneurs est bien garantie, ils doivent pouvoir produire et l’ont largement fait depuis maintenant un mois. Pour ceux qui doivent être aidés, des mesures sont été prises par le gouvernement et seront poursuivies.
Pour les plus fragiles et les plus démunis, ces semaines sont aussi très difficiles. Je veux remercier les maires, les élus locaux, les associations qui se sont fortement mobilisés aux côtés du Gouvernement. Et j’ai demandé à celui-ci d’aller plus loin là aussi
Le 11 mai prochain, mes chers compatriotes, sera donc le début d’une nouvelle étape. Elle sera progressive, les règles pourront être adaptées en fonction de nos résultats car l’objectif premier demeure la santé de tous les Français. A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées.
C’est pour moi une priorité car la situation actuelle creuse des inégalités aussi les enfants doivent reprendre le chemin de l’école. Pour les étudiants de l’enseignement supérieur, les cours ne reprendront pas physiquement jusqu’à l’été. Le Gouvernement précisera pour chacun la bonne organisation qui sera nécessaire, en particulier pour les examens et les concours. Attendons sa position pour celui de l’EDG.
Le 11 mai, il s’agira aussi de permettre au plus grand nombre de retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services. Les lieux rassemblant du public, restaurants, cafés et hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacles et musées, resteront en revanche fermés à ce stade. Pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester même après le 11 mai confinées, tout au moins dans un premier temps.
Nous aurons à partir du 11 mai une organisation nouvelle pour réussir cette étape. L’utilisation la plus large possible des tests et la détection est une arme privilégiée pour sortir au bon moment du confinement. Le Gouvernement présentera d’ici 15 jours, sur la base de ces principes, le plan de l’après 11 mai et les détails d’organisation de notre vie quotidienne.
Alors à quelle échéance, dès lors, peut-on espérer entrevoir la fin définitive de cette épreuve ? Quand pourrons-nous renouer avec la vie d’avant ? Je sais vos questionnements, je les partage. Ils sont légitimes. J’aimerais tellement pouvoir tout vous dire et vous répondre sur chacune de ces questions. Mais en toute franchise, en toute humilité, nous n’avons pas de réponse définitive à cela.
la première voie pour sortir de l’épidémie est celle des vaccins. Tout ce que le monde compte de talents, de chercheurs y travaille La seconde voie, ce sont les traitements. Nous y travaillons depuis le premier jour. Il y a eu, je le sais, beaucoup de débats dans le pays.
Voilà, ce soir je partage avec vous ce que nous savons et ce que nous ne savons pas. Nous finirons par l’emporter mais nous aurons plusieurs mois à vivre avec le virus. Avec humilité, il nous faut aujourd’hui décider et agir en tenant compte des incertitudes avec lucidité.
Mais ce que je sais, ce que je sais à ce moment, mes chers compatriotes, c’est que notre Nation se tient debout, solidaire, dans un but commun. On disait que nous étions un peuple indiscipliné, et voilà que nous respectons des règles, des disciplines parmi les plus rigoureuses jamais imposées à notre peuple en temps de paix.
Nous voilà tous solidaires, fraternels, unis, concitoyens d’un pays qui fait face. Concitoyens d’un pays qui débat, qui discute, qui continue de vivre sa vie démocratique, mais qui reste uni. Et je veux ce soir partager avec vous, au cœur de l’épreuve, cette fierté. Cette certaine idée qui a fait la France est bien là, vivante et créatrice. Et cela doit nous remplir d’espoir.
Il nous reviendra aussi, dans les prochaines semaines, de préparer l’après. Il nous faudra rebâtir notre économie plus forte afin de produire et redonner plein espoir à nos salariés, nos entrepreneurs, garder notre indépendance financière.
Il nous faudra rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française et plus d’autonomie stratégique pour notre Europe. Cela passera par un plan massif pour notre santé, notre recherche, nos aînés, entre autres. l nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises à venir.
Il y a dans cette crise une chance : nous ressouder et prouver notre humanité, bâtir un autre projet dans la concorde. Un projet français, une raison de vivre ensemble profonde. Dans les prochaines semaines, avec toutes les composantes de notre Nation, je tâcherai de dessiner ce chemin qui rend cela possible.
Mes chers compatriotes, nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les Jours Heureux. J’en ai la conviction. Et les vertus qui, aujourd’hui, nous permettent de tenir, seront celles qui nous aideront à bâtir l’avenir, notre solidarité, notre confiance, notre volonté.
Alors prenez soin de vous, prenons soin les uns des autres
Nous tiendrons. Vive la République. Vive la France.

Défense européenne la PSDC

POLITIQUE DE SECURITE ET DE DEFENSE COMMUNE

L’Europe n’a pas d’armée, et c’est l’OTAN qui défend l’Europe. Les armées européennes interviennent en leur nom propre. Mais une organisation commune existe pour réfléchir ensemble, gérer les crises, et tenter d’harmoniser l’armement et son développement.

Il s’agit de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) qui fait partie de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’union européenne. Son objet est de doter l’union d’une capacité opérationnelle, avec des moyens civils et militaires. Elle vise à renforcer le rôle de l’UE en matière de gestion de crise, de manière coordonnée avec l’OTAN.

L’idée d’une défense européenne remonte à la fin de la deuxième guerre mondiale. Mais l’échec de la communauté européenne de défense marque durablement l’abandon d’une armée européenne. Depuis la fin de la guerre froide, l’UE renforce progressivement la cadre lui permettant de mettre en place une capacité de gestion de crise. La PSDC, introduite par le traité de Lisbonne en 2007 prévoit la possibilité d’une industrie commune. Le conseil européen de 2016 adopte un plan de mise en œuvre portant sur la sécurité et la défense.

La PSDC est avant tout un instrument de gestion de crise . Elle ne cherche pas à se substituer à l’OTAN, mais les relations entre les deux sont difficiles. La défense de l’Europe est d’abord l’affaire de l’OTAN. Celle ci s’engage à soutenir le développement de l’identité européenne de sécurité et de défense au sein de l’OTAN.

Organes de la PSDC
Les organes de direction politique sont le conseil européen qui définit les orientations et les priorités de l’UE, et le conseil de l’UE qui, en formation de conseil des affaires étrangères, est l’instance décisionnelle en matière de défense commune.
Le haut représentant pour la PESC est à la tête de la PESC et de la PSDC.

Les opérations de sécurité et de défense
L’UE ne possède pas d’armée, mais elle peut conduire des opérations de gestion de crise avec une force de réaction rapide. Ces moyens sont fournis par les états membres lorsqu’une mission est décidée, la PSDC fournissant le cadre pour les coordonner. La PSDC lutte également contre le terrorisme.
L’UE est présente aujourd’hui sur 3 continents
– en Méditerranée mission contre le trafic de migrants EU NAVFOR lancée en 2015
– en République Centrafricaine stabilisation mission EUFOR RCA 2014
– au Mali formation militaire EUTM 2013
– en Somalie formation militaire EUTM 2010
– en Bosnie Herzégovine maintien de la paix ALTHEA 2004

L’UE assure aussi une dizaine de mission de police et de soutien aux forces de justice (Europe, Moyen Orient et Afrique)

Les décisions sont adoptées à l’unanimité par le conseil de l’union européenne sur proposition du haut représentant de l’union qui doit consulter régulièrement le parlement européen. Afin de contourner les obligations d’unanimité, les états membres peuvent se rassembler en groupes restreints afin de constituer des coopérations renforcées.

Initialement limité aux missions humanitaires et d’évacuation, de maintien de la paix et de forces de combat pour la gestion de crise, le cadre d’action de la PSDC comprend désormais les actions conjointes en matière de désarmement, les missions de conseil et d’assistance en matière militaire de prévention des conflits et de maintien de la paix.

La PSDC s’appuie sur des structures comme le CMUE, l’AED,le FED et la CSP

Le comité militaire de l’Union européenne (CMUE) est l’organe militaire européen le plus élevé Ses fonctions sont les suivantes:
assumer la direction de toutes les activités militaires dans le cadre de l’UE, en particulier la planification et l’exécution des missions et des opérations militaires menées dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ainsi que le développement des capacités militaires;
adresser au comité politique et de sécurité (COPS) des avis et des recommandations dans le domaine militaire.
L’agence européenne de défense (AED) est un lieu d’échange et de discussion pour les ministres de la défense européens.
Le fonds européen de défense (FED) a été lançé en 2017. Il sera mis en place pour la période 2021 2027 avec un montant de 13 milliards d’euros. Il est destiné à développer la coopération entre les constructeurs européens d’armement et à renforcer l’interopérabilité des armes européennes.

La coopération structurée permanente date de 2017, et elle permet aux différents états membres de renforcer leur coopération en matière de défense.

En août 2018, la Commission a mis en place le programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense (EDIDP), qui encourage la compétitivité et la capacité d’innovation de l’industrie de défense de l’Union européenne. En décembre 2018, les dirigeants de l’Union se sont félicités des progrès accomplis dans le domaine de la sécurité et de la défense, notamment avec l’élargissement du pacte en matière de PSDC civile. En mai 2019, la Commission et le SEAE ont présenté un plan d’action conjoint pour faciliter la mise en œuvre du pacte en matière de PSDC civile. En juin 2019, le Conseil a adopté des conclusions à la suite d’un débat sur la SGUE. Dans le cadre de ces conclusions, le Conseil a recommandé la pleine mise en œuvre du Fonds européen de la défense, lequel permettra de renforcer l’industrie et la technologie de défense européenne. Le troisième rapport sur la stratégie globale, publié en octobre 2019, appelle de ses vœux la poursuite du travail effectué dans la base industrielle et technologique de défense européenne. Il souligne également les progrès réalisés par l’Union pour surmonter les obstacles à la mobilité militaire.

La relation entre l’Union et l’OTAN dans le domaine de la sécurité et de la défense ne faiblit pas. Après la déclaration commune UE-OTAN de 2016 concernant leur partenariat stratégique, les deux organisations ont signé, en juillet 2018, une déclaration supplémentaire dans laquelle elles conviennent d’élargir la portée de leurs efforts de coopération. En juin 2019, la HR/VP et le Secrétaire général de l’OTAN ont publié un rapport sur la mise en œuvre et la réalisation de 74 propositions communes. En octobre 2019, lors d’un discours, l’ancienne HR/VP Federica Mogherini a déclaré que l’autonomie et la coopération stratégiques avec nos partenaires, à commencer par l’OTAN, sont les deux faces d’une même médaille, expliquant ainsi à quel point le partenariat entre l’Union et l’OTAN est essentiel au fonctionnement de sa stratégie d’«autonomie coopérative» [3].

L’Union et l’OTAN mettent tout en œuvre pour combattre les cybermenaces et les menaces hybrides. Ensemble, elles ont créé le centre d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides, basé à Helsinki. En outre, l’Union a mis en place des régimes de sanctions pour lutter contre l’utilisation des armes chimiques et contre les cyberattaques, ainsi qu’une cellule de fusion contre les menaces hybrides chargée de fournir une analyse stratégique. Grâce aux partenariats public-privé de la Commission, 1,8 milliard d’euros devrait être investi dans la cybersécurité en 2020.

Dans son rôle de garant de la sécurité, le Parlement continue de travailler dans le cadre de ses compétences à la réalisation des objectifs de l’Union de manière efficace et transparente, comme le réclament les citoyens européens. Entre février et mars 2019, le Parlement a réitéré son soutien à la CSP, à l’EACD, au FED et à la FEP. En avril 2019, il a adopté un accord partiel sur le règlement du FED pour la période 2021-2027, laissant aux États membres la tâche délicate d’autoriser ou non la participation des pays tiers.

Quelques explications sur tous ces sigles

Le fait que les États membres participants utilisent de plus en plus les outils, initiatives et instruments de l’UE aux fins de la planification de défense nationale, notamment le plan de développement des capacités (PDC) révisé, l’examen annuel coordonné en matière de défense (EACD) et le programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense (EDIDP), constitue une autre tendance positive.
En juin 2016, la HR/VP a présenté une stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne (SGUE) pour l’année 2016 au Conseil européen. La SGUE identifie cinq priorités pour la politique étrangère de l’Union: la sécurité de l’Union; la résilience des États et des sociétés dans le voisinage oriental et méridional de l’Union; l’élaboration d’une stratégie coordonnée à l’égard des conflits; les ordres régionaux de coopération; et la gouvernance mondiale au XXIe siècle. La mise en œuvre de la SGUE est réexaminée chaque année en consultation avec le Conseil, la Commission et le Parlement.

la crise sanitaire du coronavirus

La pandémie de coronavirus a déjà modifié profondément notre pays et notre monde. J’ai tenté ici de décrire les modifications qui m’ont semblé les plus importantes.


1- le retour de l’état
On assiste d’abord au retour de l’état. C’est le président de la république lui même qui s’est adressé deux fois à la nation, réalisant des audiences record. Les français ont apprécié ces discours, et sa cote de popularité est remontée.
Il s’est présenté dans sa posture la plus régalienne, celui de chef de guerre. La France est en guerre a t il répété plusieurs fois. Comme dans chaque guerre, le pays doit soutenir ses enfants, les soignants, et les régions particulièrement touchées, le grand est et la région parisienne.
Dans les périodes de grande difficulté, c’est vers l’état que les Français se tournent. C’est au plus fort de la crise algérienne qu’on est venu chercher le général de Gaulle à Colombey, et c’est pendant la guerre du golfe que le président Mitterrand est intervenu régulièrement à la télévision pour expliquer le conflit aux Français, interventions qui ont eu un grand succès.
On retrouve alors le lien fort entre le peuple et le président, voulu par le général, et qui fait la force de notre cinquième république. C’est en dernier ressort lui qui décide et qui parle. La parole présidentielle retrouve en ce moment toute son importance. Et dans ce cas, c’est finalement le chef des armées, le chef de guerre qui s’exprime, et qui reprend à son compte la tradition monarchique. 

C’est aussi la monarchie qui fait son retour, c’est le roi qui s’adresse à ses sujets, c’est le roi qui les protège, qui ordonne, et qui conduit le peuple vers son destin. On n’est pas loin du monarque de droit divin qui représente Dieu sur la terre. Les Français sont alors rassurés par le souverain qu’ils aiment et qu’ils respectent depuis bientôt mille ans. C’est ce roi que le général a voulu et a su redonner au pays avec la constitution de 1958.
Je m’en vais nous a dit Louis XIV au moment de mourir, mais l’état demeurera toujours, et c’est bien le lien fort entre le roi et l’état, le roi et son peuple qu’on vit en ce moment. Et c’est à mon avis un aspect rassurant de cette crise.
D’ailleurs ,l’état est bien présent aux journaux télévisés de 20h où on a vu successivement le premier ministre, la ministre des armées, le ministre de la santé.
Dans le monde entier, ce sont bien les états qui décident et gèrent la crise, et malheureusement l’Europe a été plutôt absente, sauf pour supprimer l’obligation de maintenir son déficit public en dessous des 3% du PIB, c’est dire l’importance qu’elle accorde à cette crise.
Le président nous a dit que le pays retiendrait la leçon de cette crise. A mon avis, l’union du pays autour du président est sans doute la meilleure et la plus importante.


2 La mondialisation en question
Comme à chaque pandémie, on cherche un bouc émissaire. Cette fois, il se nomme mondialisation. Elle a donné des résultats dans l’économie mondiale, mais elle montre en ce moment ses limites. Les délocalisations ont conduit les économies des différents pays à devenir dépendants de pays étrangers. La plupart de nos médicaments viennent de Chine, ainsi que semble t il les réactifs permettant les test du virus. Mais cette situation s’applique dans tous les secteurs et ne date pas d’hier. Quand je travaillais à Thomson CSF dans l’armement (télécommunications HF et VHF) dans les années 1985, j’avais déjà constaté que la plupart des composants électroniques de nos armes étaient japonnais.
On a bien compris que cette mondialisation, organisée en fonction des coûts de production, a conduit à des choix pouvant affecter gravement l’indépendance nationale. Il nous faudra donc revoir notre copie, ce qui sera difficile à une époque d’économie, car les nouvelles décisions vont faire augmenter les coûts de production, mais l’indépendance est à ce prix. Bon courage.


3- Le retour de la géopolitique
La conséquence la plus importante de cette crise est le renforcement de la Chine, qui semble commencer à maîtriser la pandémie face à la gestion assez calamiteuse de Trump aux états unis.
D’autre part la Chine et la Russie ont su montrer une réelle solidarité avec l’Italie en lui envoyant des soignants et des matériels, au moment où la solidarité européenne laissait à désirer. Ces deux pays, très forts en communication, en ont bien sûr tirés d’immenses bénéfices dans ce domaine, où l’Europe n’a pas brillé.


4- Une crise économique très grave en perspective
L’arrêt brutal de l’économie mondiale va engendrer des déficits très importants. On parle par exemple d’un déficit public français qui pourrait passer de 3 à 7%. La peur principale réside dans une augmentation importante du chômage, et certains vont même jusqu’à comparer cette crise à celle de 1929, même si de nombreuses différences existent. En tous cas comme en 1929 il nous faudra un New Deal, c’est à dire une relance mondiale très forte.


5- Et l’armée
Comme toujours dans ces périodes de crise, la population attend beaucoup de l’armée, beaucoup plus que celle ci ne peut faire. De nombreux français ont encore en mémoire l’armée de l’époque de la conscription, qui représentait une part importante de la nation.
Mais nous n’en sommes plus là. Les OPEX continuent et le président n’a rien déprogrammé. Le service de santé des armées a monté un hôpital de campagne à Mulhouse très médiatisé puisque c’est depuis là que le président s’est adressé à la nation le 25 mars à 20h. Les opérations conduites avec l’armée de l’air ou la marine pour transporter des malades sont remarquables , et remarquées, mais montrent aussi les limites des militaires en termes de nombre. Saluons bien sûr la BSPP et le BMPM qui continuent leur mission sans interruption.
Je ne peux pas terminer sans saluer mes collègues des centrales qui les font tourner. D’après ce qu’ils m’ont dit, ils réussissent à le faire avec environ la moitié de l’effectif non sans difficultés puisqu’à Penly on recensé dix salariés malades. Le sens du service public reste présent.


6- le point de vue de François Jolliet
François a bien voulu relire ma fiche et voici ses observations, comme toujours très pertinentes.
On peut également noter la difficulté de la gestion de crise et les difficultés engendrées par l’impossible conciliation entre intérêts électoraux à court terme et vision politique de long terme (les régimes autoritaires avec un même chef d’état présent pendant un certain temps n’ont pas cette problématique : les décideurs assument leurs décisions, puisque ce sont eux qui les ont prises et pas leurs prédécesseurs…). L’exemple de la gestion des stocks stratégiques des masques de protection est assez frappant. Lorsque l’on détient trop de stock non utilisé, on parle de gâchis. Et lorsque que l’on n’en possède pas assez, on reproche un manque de préparation… J’ai trouvé la réaction de R. Bachelot très sobre et très élégante, elle qui avait été tourné en dérision à l’issue de l’épisode de la grippe HIN1 de 2009.
Je note également que l’appel du président à l’union sacrée est globalement respecté, tous les partis politiques faisant corps plutôt que de se lancer dans des polémiques. L’heure est à la gestion de crise, mais il faudra tout de même savoir tirer les conclusions et les enseignements à l’issue (modèle économique, outil de production industrielle, dépendance envers d’autres pays pour certain approvisionnement, modèle social…).
On voit aussi la cohésion nationale qui se met en œuvre au profit des soignants (et de toutes les autres professions également en 1ère ligne) ainsi que les initiatives locales (production de gel hydroalcoolique, de masques, soutien scolaire, soutien aux personnes isolées etc.) qui permettent de tester la résilience de la Nation. Car en situation de crise, c’est bien l’ensemble des volontés qui permettra de s’en sortir (et pas que la volonté politique). Cf. la citation d’Ernest Renan : « Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir. » Espérons que la Nation française sorte grandie et plus forte de cette crise.
Aide à l’Italie : bien sûr qu’en période crise, toute aide est la bienvenue. Mais peut-être que l’union européenne doit trouver un moyen d’aider l’Italie (aspect économique ?) si l’on ne veut pas que les Etas membres de l’UE se tournent vers l’extérieur pour trouver de l’aide à l’issue de la crise. Ce qui entraînera une perte d’influence de l’UE à moyen terme. Position qui permettra peut-être à la Russie de jouer les « perturbateurs endocriniens » au sein de l’UE à l’issue de la crise, grâce au partenariat noué avec l’Italie au plus fort de la crise… Cela me fait penser à la réflexion du général de Gaulle qui, en paraphrasant Lord Palmerston « L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents ; elle n’a que des intérêts permanents », rappelait que d’une façon plus générale, « les États n’ont pas d’amis ; ils n’ont que des intérêts ».

La construction européenne

LES ETAPES DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE

L’analyse de la construction européenne présente un grand intérêt dans la mesure où elle explique celle-ci, et surtout le fondement du projet européen. On voit en effet que cette construction s’est faite très progressivement, en partant d’abord des secteurs les plus faciles à partager, c’est à dire l’économie (charbon acier, monnaie unique). Il n’y a jamais eu de réflexion globale concernant les secteurs régaliens que sont la défense, le budget, l’exécutif ou la politique étrangère. On comprend mieux pourquoi ces points majeurs ne sont pas partagés, et questionnent souvent actuellement sur la solidité du projet.

La défense européenne est un bon exemple. Au moment où l’OTAN connait des difficultés, on en sent bien l’intérêt. Mais le discours récent du président à l’école militaire a encore illustré les difficultés du projet. Il a proposé aux pays qui le souhaitent un échange stratégique sur la place de la dissuasion française dans la défense européenne. Je n’ai pas connaissance de pays qui aient répondu sur un sujet pourtant essentiel. Un responsable européen a même en réponse parlé de désarmement.

Néanmoins, il faut garder en tête que l’objectif premier de l’Europe est d’éviter la guerre, et qu’elle s’en est très bien acquittée, permettant une longue période de paix qu’on n’avait pas connue depuis les romains.

1945 la fin de la deuxième guerre mondiale, le problème principal réside dans les liens entre la France et l’Allemagne, ennemis chroniques depuis des décennies. L’objectif premier est donc de créer un lien durable entre ces deux pays. La méthode choisie est très progressive, et consiste à étendre petit à petit les liens entre les premiers pays candidats.

1951 la fondation de la communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)
Le traité de Paris signé le 18 avril 1951 institue la première communauté européenne la CECA. On a choisi le domaine du charbon et de l’acier, car on a constaté que c’étaient les ressources principales utilisées pour faire la guerre.Six pays signent le traité, la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-bas.

1957 la fondation de la communauté économique européenne (CEE) et de la communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA)
Le 25 mars 1957, les six pays signent le traité de Rome instituant la CEE et la CEEA (aussi connue comme EURATOM) L’idée de la CEE est de créer un grand marché commun grâce à la suppression progressive des barrières douanières. Elle vise aussi à créer des politiques communes comme en agriculture.
Les premières étapes de la construction européenne montrent que pour commencer, on se situe sur le plan économique.

1968 suppression des droits de douane
Au 1er juillet 1968, les droits de douane ont complètement disparu. Entre 1957 et 1970, le commerce intra communautaire est multiplié par 6 et les échanges avec le reste du monde par 3.

1973 l’élargissement vers l’Europe du nord
Le Royaume uni, l’Irlande et le Danemark entrent dans la CEE qui passe de 6 à 9 membres.

1979 Première élection du parlement au suffrage universel direct

1981 entrée de la Grèce

1968 élargissement vers l’Europe du sud, et Acte unique européen
En 1968, l’Espagne et le Portugal adhèrent, c’est l’Europe des 12.

1989 un nouvel ordre mondial, la chute du mur de Berlin, les anciens satellites de l’union soviétique vont se tourner vers l’Europe et l’OTAN.

1992 le traité de Maastricht
Signé le 7 février 1992, ce traité institue l’union européenne avec trois piliers
– les matières ayant fait l’objet d’un transfert de souveraineté le charbon, l’acier, le nucléaire
– la politique étrangère et de sécurité commune
– une coopération en matière de justice et des affaires intérieures (immigration, droit d’asile)
Il prévoit la création d’une monnaie unique gérée par la banque centrale européenne. Des critères sont adoptés pour faire converger les politiques économiques (déficit inférieur à 3 % du PIB, inflation inférieure à 1,5 % du taux moyen). La monnaie unique est une concession majeure de l’Allemagne qui abandonne le mark, en parallèle du soutien de la France à la réunification. Une grande réussite du président Mitterrand qui était un grand ami du chancelier Kohl.

1993 critères de Copenhague
Ces critères s’appliquent aux nouveaux adhérents (démocratie, économie de marché viable, respect de la législation communautaire)

1995 Europe des 15
élargissement à l’Autriche, la Finlande et la Suède. Accords de Schengen, suppression des contrôles d’identité aux frontières

2002 introduction de l’euro, un moment important de l’Europe, qui a pendant longtemps du gérer la fluctuation des monnaies, en particulier entre le franc et le mark.

2004 un élargissement sans précédent
avec les dix nouveaux pays issus de l’ex URSS. C’est la conséquence logique de la chute du mur de Berlin et de l’union soviétique. Il était sans doute souhaitable d’intégrer ces nouveaux pays dans l’Europe, mais pas forcément dans l’OTAN ce qui a aussitôt éloigné la Russie de la communauté européenne.

2007 élargissement et traité de Lisbonne
L’Europe passe à 27 avec la Bulgarie et la Roumanie. Instauration du président

Crise financière
L’Europe est touchée par la crise mondiale depuis 2010, notamment la Grèce.

L’Europe compte aujourd’hui 28 états membres et 24 langues officielles. La zone euro compte 19 membres.

Mars 2017 le BREXIT
Suite à un référendum, le royaume uni fait part à la communauté de sa décision de la quitter, c’est le début d’une négociation longue et complexe pour en définir le cadre.

La construction européenne a permis l’émergence d’un ensemble de pays européens qui finalement partagent des dimensions économiques, de sécurité, d’éducation, mais il n’existe encore ni gouvernement de la zone, ni surtout d’armée commune.

Les dernières actualités européennes concernent les réfugiés qui quittent la Turquie pour rejoindre la Grèce, les difficultés sur le budget et sur la défense européenne, suite au refus de l’Allemagne de répondre à la proposition française de dialogue stratégique sur la dissuasion

La loi de programmation militaire (LPM)

LA LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE 2019 2025

Nous entrons dans la deuxième année d’exécution de la loi de programmation militaire qui traduit de profondes évolutions dans les rapports entre l’armée et la nation, on pourrait dire un retour aux sources.

Quand il est arrivé au pouvoir, le général de Gaulle a consenti un effort exceptionnel pour donner à la France sa place dans le monde en la dotant de l’arme atomique avec un budget des armées de cinq pour cents du produit intérieur brut. La défense C’est là, en effet, la première raison d’être de l’État. Il n’y peut manquer sans se détruire lui-même. C’est la ministre Florence Parly qui cite le général lors de son audition sur la LPM.

Mais ensuite, ce budget a diminué régulièrement, comme ce fut d’ailleurs le cas dans le reste du monde, avec ce qu’on a appelé les dividendes de la paix. La fin de la guerre froide a laissé croire que les menaces disparaissaient et qu’on pouvait donc réduire le budget des armées. Cette tendance longue s’est traduite par une baisse des effectifs et la fermeture de nombreux régiments (comme par exemple le quatrième régiment de Hussards à Besançon où j’ai fait mon service dans la cavalerie) Elle fut particulièrement difficile à vivre pour les armées.

Depuis quelques années, la France et le monde ont pris conscience du renforcement fort de la menace, avec le terrorisme, la multiplication des conflits asymétriques, les troubles au moyen orient, et le renforcement de la politique de puissances chez certaines grandes puissances (suivez mon regard) Elle s’est traduite en France par la revue stratégique commandée par le président Macron juste après son élection.

C’est cette revue stratégique et son message fort sur le renforcement des menaces et l’instabilité du monde qui a conduit le président à renforcer l’effort de défense, et à prendre l’engagement de porter par étapes le budget de l’armée à 2 % du PIB à l’horizon 2025. C’est finalement comme un retour à la conception gaullienne de départ.

Ecoutons les propos du président Emmanuel Macron lors des vœux aux armées le 19 janvier 2018. Vous le savez, considérant que le monde devenait moins dangereux, la part de la richesse nationale consacrée à la défense a été progressivement réduite par les gouvernements depuis vingt ans. J’ai décidé d’arrêter cette lente érosion de nos capacités militaires et de prendre un engagement fort qui sera décliné dans cette loi de programmation militaire.
Le projet de loi de programmation militaire portera la trajectoire des ressources à 2 % du produit intérieur brut en 2025, avec des marches d’ores et déjà garanties de 1,7 milliard d’euros chaque année jusqu’en 2022, de 3 milliards d’euros en 2023. Dans le contexte budgétaire contraint que nous connaissons, c’est un effort inédit et incomparable.
J’ai la conviction que notre défense est absolument prioritaire et j’assume devant la Nation mes choix de vous donner ces budgets ; mais vous ne devez pas ignorer qu’ils traduiront par ailleurs une réduction des ressources accordées à d’autres politiques publiques dès lors que je veux que chaque euro dépensé contribue directement et efficacement à l’amélioration de notre outil.

Examinons maintenant le contenu et les différentes orientations de cette loi

1- Une LPM à hauteur d’homme pour redonner du souffle à nos armées
Un volet essentiel concerne les hommes et les femmes de nos armées, comme le souligne la ministre. Il s’agit d’améliorer leur quotidien, leurs conditions de vie et celui de leurs familles, ainsi que leur équipement personnel.
Pour la première fois, une LPM place les femmes et les hommes, personnels militaires et civils, au coeur de ses préoccupations.
Cette LPM « à hauteur d’homme », prévoit un effort particulier au profit des personnels du ministère, décliné en quatre volets complémentaires :

  • améliorer les conditions d’exercice du métier des armes, c’est-à-dire donner les moyens aux armées de se former, de s’entraîner, de disposer des équipements collectifs (véhicules, …) et individuels (tenue, protection, …) nécessaires pour une préparation opérationnelle correcte et un exercice des missions de manière durable et soutenable ;
  • améliorer le « quotidien du soldat », à savoir les conditions de vie et de travail du personnel militaire et civil dans les régiments, dans les ports et sur les bases ainsi que les soutiens associés qui les accompagnent eux et leurs familles ;
  • adapter les ressources humaines aux missions, en mettant fin à la baisse des effectifs par la création de 6 000 nouveaux postes, et en garantissant l’adéquation des compétences aux besoins opérationnels des armées ;
  • renforcer le lien armées-Nation et permettre au militaire d’être un citoyen pleinement intégré dans une société moderne, qui favorise, dès la jeunesse, le développement d’un solide esprit de défense. Améliorer par les réserves opérationnelles, la résilience et la protection de la Nation.

2- des armées dotées d’équipements modernisés
Le deuxième axe de la LPM consacrait le renouvellement des capacités opérationnelles des armées. Outre les petits équipements du quotidien, pour lesquels nous tenons nos promesses, le projet de loi de finances accélère la modernisation et le renouvellement d’autres matériels vieillissants. Nous passons, en quelque sorte, à la vitesse supérieure. Deux chiffres en attestent: en 2019, nos prises de commandes, c’est-à-dire nos autorisations d’engagement, s’élevaient à 8 milliards d’euros pour les programmes à effet majeur. Elles atteindront 14,6 milliards d’euros en 2020, soit une progression de 85 % en un an. C’est la traduction extrêmement concrète de l’engagement pris par le Président de la République en faveur de nos armées.
Au titre des livraisons, en 2020, l’armée de terre recevra 128 blindés Griffon ainsi que les quatre premiers blindés Jaguar dans le cadre de la poursuite du déploiement du programme Scorpion, qui a débuté en 2019. Nous commanderons à nouveau des matériels qui appartiennent à ce programme Scorpion 271 blindés Griffon supplémentaires, les 364 premiers blindés Serval et 42 Jaguar.
La marine verra la livraison du Suffren, premier sous-marin du programme Barracuda, de deux hélicoptères NH90 et de deux avions de patrouille maritime Atlantique2 rénovés. Nous engagerons les premières commandes de renouvellement des avions de surveillance maritime qui concerneront sept appareils dits AVSIMAR et trois avions de guet aérien, les avions Hawkeye.
Enfin, l’armée de l’air réceptionnera les deux premiers Mirage 2000D rénovés, un avion ravitailleur supplémentaire Phénix MRTT ainsi que deux avions A400M supplémentaires. Nous commanderons un simulateur de drone Reaper et la rénovation de quatre avions de transport tactique, les C-130 d’ancienne génération Hercules.
Dans le cadre de cette LPM, les deux composantes de la dissuasion seront modernisées, pour en garantir toute la crédibilité opérationnelle. Ainsi :

  • la composante océanique verra, entre autres, la fin de la modernisation de l’ensemble des SNLE ;
  • la composante aéroportée poursuivra sa modernisation, notamment avec le passage à un porteur unique RAFALE dès 2018 et la rénovation à mi-vie du missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMPA).

3-Une LPM qui garantit l’autonomie nationale et européenne
La fonction stratégique « connaissance-anticipation », est le gage de notre autonomie de décision et de notre supériorité en opération. Son renforcement constitue une priorité de la LPM 2019-2025. Dans cette optique, les trois services de renseignement du ministère (DGSE, DRM, DRSD) feront l’objet d’un effort supplémentaire en matière d’effectifs et d’équipements sur 2019-2025
La Revue stratégique appelle à rendre à la fonction « prévention » toute son importance. Cette fonction vise à agir en amont, sur les facteurs de déclenchement des crises, afin d’en réduire les risques d’occurrence et d’en maîtriser les effets. Son renforcement contribuera à l’augmentation de la réactivité de nos armées et vise également à susciter une mobilisation accrue de nos partenaires et alliés, notamment européens, dans le cadre d’une approche globale et préventive conjointe.
La Revue stratégique souligne la réalité et la permanence de la menace cybernétique. Dans le cadre de la LPM, le ministère des Armées érige en axe d’effort prioritaire la réponse qui y sera apportée afin de garantir son propre fonctionnement et sa résilience, tout en contribuant à la continuité des grandes fonctions vitales de la Nation.
Dans le domaine militaire, le libre accès et l’utilisation de l’espace exo-atmosphérique sont des conditions de notre autonomie stratégique, dans la mesure où les satellites fournissent des services essentiels aux opérations militaires (communication, navigation, surveillance et écoute spatiales). L’accès à l’espace, milieu en forte mutation et peu régulé, tend à se banaliser, de même que l’usage de services spatiaux. L’espace exo-atmosphérique présente donc un intérêt stratégique de premier ordre, comme l’a souligné la Revue stratégique.
La LPM 2019-2025 porte un renforcement de notre capacité à surveiller l’espace et à connaître la situation spatiale en recherchant toutes les possibilités de coopération avec des partenaires stratégiques clés.
L’initiative européenne d’intervention (IEI), lancée par le Président de la République le 26 septembre 2017, vise à favoriser l’émergence d’une culture stratégique européenne. Pragmatique et concrète, elle cherche en particulier, à renforcer la capacité des Européens à agir ensemble.
L’IEI crée les conditions préalables pour de futurs engagements coordonnés et préparés conjointement dans des scénarii divers d’intervention militaire, sur tout le spectre des conflits potentiels affectant la sécurité de l’Europe dans une vocation opérationnelle ambitieuse.
La France entend développer, avec un cercle initial restreint d’États européens ayant la volonté politique et la capacité militaire d’assumer un engagement en opérations, des partenariats pragmatiques en leur proposant des projets concrets dans quatre domaines d’action :
1/ l’anticipation stratégique ;
2/ les scenarii d’emploi ;
3/ le retour d’expérience et le partage de doctrines ;
4/ l’appui aux opérations.
La CSP permettra à l’ensemble des États participants d’améliorer leur coopération, leurs moyens militaires et leurs capacités de défense respectifs, sur la base de projets coordonnés et concrets. Les signataires développeront les capacités militaires conjointes en participant à divers programmes d’équipement. Cet accord historique dotera à terme l’UE d’une stratégie de sécurité globale et autonome, et d’une industrie de défense forte et compétitive. À long terme, la CSP pourrait mener à un ensemble de forces cohérent et couvrant tout le spectre des capacités.
Le renforcement de notre autonomie stratégique passe en particulier par un renforcement de l’Europe de la défense,
au moyen de propositions pragmatiques et concrètes. C’est le sens de l’Initiative européenne d’intervention (IEI) voulue par le Président de la République qui doit permettre de construire une culture stratégique commune. Cet approfondissement passe aussi par le lancement de nouvelles dynamiques au sein de l’UE. En la matière, la création d’un Fonds européen de défense constitue un tournant majeur. Il nécessite aussi notre implication marquée sur le plan multilatéral, notamment à l’OTAN, à l’ONU, ou sur des initiatives spécifiques, comme le G5 Sahel.

4- l’innovation et la modernisation au cœur de notre stratégie de défense
L’innovation est un levier majeur de la LPM 2019-2025 pour garantir l’autonomie stratégique de la France et la supériorité opérationnelle de nos forces. C’est cette supériorité opérationnelle qui permettra à nos armées d’assurer au mieux la sécurité des Français, sur notre sol comme en dehors de nos frontières, tout en permettant de rester dans le groupe des puissances militaires qui comptent dans le monde.
Pour ce faire, des financements accrus seront mis en place pour soutenir des études et des programmes permettant de développer les technologies nécessaires à la réalisation des équipements futurs. Ce sont ainsi en moyenne 1,8 milliard d’euros par an qui seront consacrés, dès le début de période, à la conception des futurs grands programmes d’armement.
La révolution numérique en cours est un puissant moteur de transformation et d’accélération de la performance pour toute grande organisation. À ce titre, la transformation numérique participe pleinement à la modernisation du ministère. C’est pourquoi le ministère et les armées ont résolument saisi l’opportunité de la numérisation pour rester à la pointe des meilleures technologies et pratiques.
La transformation du ministère demeure un axe majeur de la LPM 2019-2025. Alors que les précédentes réformes avaient pour but de rallier des cibles d’économies ou de baisse d’effectifs, il s’agit désormais d’améliorer la performance générale du ministère au profit des armées et des agents du ministère. À ce titre, la transformation numérique et l’innovation sont des leviers essentiels pour sa modernisation.

Les coopérations du futur. Elles concernent les programmes suivants
-le Main ground Combat System (MGCS)
Au cours de cette LPM, et dans le cadre d’une coopération européenne notamment franco-allemande, des études seront initiées afin de préparer le remplacement du char Leclerc par de nouveaux systèmes de combat (MGCS ou Main Ground Combat System).

  • le système de combat aérien futur (SCAF)
    La LPM permettra d’étudier, dans le domaine aéronautique, l’architecture du SCAF dans un cadre de coopération européenne. Le SCAF sera un système de plate formes et d’armements interconnectés (avions, drones de combat, futurs missiles de croisière et autres armements, système de commandement et de contrôle, de renseignement), centré autour d’un aéronef de combat polyvalent
  • le Drone Medium Altitude Long Endurance (MALE) européen
    Les études menées en coopération avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie seront poursuivies en vue du lancement du programme de drone MALE européen en 2019 et de la livraison d’un premier système en 2025. Les livraisons ultérieures permettront d’atteindre 8 systèmes de drones MALE en service à l’horizon 2030.

organisations internationales

LES ORGANISATION INTERNATIONALES

Avec les organisations internationales se pose la question de la gouvernance mondiale. Selon Hubert Védrine (comptes à rebours 2018) elle existe sans exister. Les différentes organisations mises en place après la deuxième guerre mondiales de même que les G8 à G20 permettent aux chefs d’état de disposer de lieux d’échange, et quelquefois d’arbitrage. Mais la position des états unis, de la Russie et de la Chine donnent plutôt l’impression d’un combat du plus fort, voire de guerre au moins commerciale ou par pays tiers interposé comme en Syrie. Mais des problèmes comme le réchauffement climatique montrent que l’arbitrage ne peut se faire qu’au niveau mondial, comme l’a montré l’accord de Paris. Mais comme le dit très justement Hubert Védrine, heureusement qu’un gouvernement mondial n’existe pas, où irions nous s’il était mauvais.

Les organisations internationales ont pour but de prévenir les conflits. Elles sont basées sur un droit international qui se développe doucement. Il est basé sur deux résolutions de l’ONU de 1965 disant qu’un état ne doit pas intervenir dans les affaires d’un autre. Plus récemment, il dit que certaines entreprises sont légitimes pour fournir aux citoyens des produits marchands allant dans le sens d’une plus grande liberté. Il s’agit par exemple des GAFA, Google, Amazon, Facebook etc..

L’Organisation des nations unies ONU
Elle a succédé en 1945 à la société des nations créée à la fin de la première guerre mondiale.
Le conseil de sécurité est l’organe principal de l’ ONU. Il comprend cinq membres, les états unis, la Russie, le Chine, la France et le royaume uni. Il détient le pouvoir exécutif de l’ONU. Les décisions sont prises à l’unanimité, ce qui signifie qu’il suffit d’un veto pour bloquer une résolution. C’est ce qui s’est longtemps passé pendant la guerre froide et qui a provoqué de nombreuses critiques.                                                                   Après la chute du mur de Berlin, on a connu une période plus apaisée, qui a permis par exemple de conduire la guerre du Golfe sous mandat de l’ONU. Mais de nouvelles oppositions sont apparues entre les états unis, la Russie et la Chine.

Le Secrétaire général est l’incarnation des idéaux des Nations Unies et le porte-parole des peuples du monde, en particulier ceux qui sont pauvres et vulnérables. L’actuel et neuvième Secrétaire général de l’ONU est M. António Guterres du Portugal. Il a pris ses fonctions le 1er janvier 2017. La Charte définit le Secrétaire général comme le « chef de l’Administration de l’Organisation ».
Le maintien de la paix est une des principales missions de l’ONU. Le Département des opérations de maintien de la paix – dirigé par Jean-Pierre Lacroix qui a succédé à Hervé Ladsous le 1er avril 2017 – déploie aujourd’hui 14 opérations de maintien de la paix, dont 7 en Afrique. Depuis leur création en 1948, 71 opérations ont été déployées à travers le monde.
Avec la multiplication des menaces à la paix dans le monde, les effectifs des opérations de maintien de la paix ont fortement augmenté : alors que les Casques bleus étaient 12 000 en 1996, et 20 000 en 2000, ils sont plus de 100 000 en 2019.
Les plus importantes missions (en termes d’effectifs totaux déployés, comprenant le personnel militaire, policier et civil) sont :
– la MONUSCO en République démocratique du Congo avec environ 17 140 effectifs déployés ;
– la MINUSS au Soudan du Sud avec 16 716 effectifs déployés ;
– la MINUSMA au Mali avec 14 871 effectifs déployés ;
– la MINUSCA en République Centrafricaine avec 13 677 effectifs déployés.
Avec 738 casques bleus déployés dans le monde, au sein de 8 OMP, la France est le 2ème pourvoyeur de troupes parmi les 5 membres permanents du Conseil de sécurité. Par ailleurs, plusieurs milliers de soldats français sont déployés à titre national et apportent un appui quotidien aux opérations de maintien de la paix.
La France est le seul Etat membre de l’ONU à déployer une force nationale en appui aux opérations de maintien de la paix. Au Mali, la force Barkhane appuie la MINUSMA dans la lutte contre le terrorisme djihadiste dans la région. Jusqu’en 2016, en République centrafricaine, la force Sangaris apportait son soutien à la MINUSCA. En Côte d’Ivoire, la force Licorne, puis les Forces françaises de Côte d’Ivoire, ont également soutenu l’ONUCI tout au long de son mandat.
La cour internationale de justice sert à façonner le droit international en fonction des intérêts respectifs des cinq membres du conseil de sécurité.
L’assemblée générale fait office de parlement (pouvoir législatif) et est sous contrôle de Washington qui utilise sa puissance financière pour forcer la majorité des membres à voter selon ses directives. Elle se réunit une fois par an
Le conseil économique et social est symbolique
En vérité , l’ONU est plutôt une arène dans laquelle les classes dirigeantes des membres permanents s’affrontent pour étendre ou préserver leurs zones d’influence. L’ONU est très éloignée d’un gouvernement mondial démocratique.

L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
Créée en 1947 sous le nom de GATT, l’OMC (1995) a pour fonction de défendre l’ouverture des marchés. Elle vise à interdire tout protectionnisme. En fait, Washington prône l’ouverture des marchés mais ne se prive pas de financer et de protéger ses sociétés. La politique de l’OMC a pour conséquence de de favoriser le phagocytages des petites entreprises nationales par de grandes multinationales et par conséquent l’ampleur de la fraude fiscale.

La guerre commerciale entre les états unis et la Chine, ainsi que parfois l’Europe a porté atteinte au rôle de cette institution

Le gendarme du commerce mondial risque de devenir une coquille vide, les Etats-Unis bloquant la nomination des arbitres de son organe d’appel, dont la mission est de régler les contentieux entre les pays membres de l’institution.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) se rapproche du précipice. Avec le blocage, à partir de mercredi 11 décembre, de son organe d’appel – qui permet de régler les contentieux commerciaux entre Etats –, l’institution, située à Genève, perd une de ses raisons d’être. Même si l’OMC pourra continuer de fonctionner, elle se verra confinée à un simple rôle de concertation sur les règles du commerce mondial, ce qui l’oblige à se réinventer dans un monde où le multilatéralisme est en perte de vitesse. La paralysie de l’organe d’appel « pourrait ouvrir la porte à une plus grande incertitude et à des représailles incontrôlées », a prévenu, vendredi 6 décembre, le directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo.
L’OMC paie enfin le prix de la montée de l’isolationnisme. « L’administration Trump multiplie les mesures tarifaires contraires aux règles de l’OMC, elle n’a donc plus intérêt à faire fonctionner l’organe d’appel, explique M. Lamy. Autrement dit, elle a pris en otage l’organe d’appel. »
Donald Trump en août dernier a même menacé de quitter l’OMC qui selon lui favoriserait la chine

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN)
L’OTAN a été créé en 1949 à l’initiative du gouvernement US, officiellement pour prévenir une invasion soviétique en Europe. Mais cet argument est peu crédible. Le pacte de Varsovie, équivalent soviétique a été créé six ans après. En réalité l’OTAN est le bras armé de Washington pour sa politique impérialiste libérale.
En suscitant des conflits armés dans le monde, le lobby militaro industriel se constitue une rente permanente. La victoire dans ces conflits n’est pas nécessairement un objectif, ce qui compte ce sont les commandes en permanence. Certains pensent que l’OTAN complique les rapports avec la Russie, voire même le fonctionnement du système international. L’OTAN est faite pour recourir à la force quand bon lui semble.

L’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)
L’OSCE est une organisation internationale ayant pour but de favoriser le dialogue et la négociation entre l’est et l’ouest. C’est la seule organisation européenne à vocation généraliste accueillant la totalité des états du continent européen ainsi que ceux qui sont nés de la dissolution de l’URSS. Elle offre à l’Europe la possibilité de maintenir un dialogue permanent. Des pays comme les états unis et le Canada en sont membres.
Elles est active dans trois domaines
la coopération politique et militaire. On parle ici de sécurité, la menace (mettre l’Europe à l’abri de la menace), les droits de l’homme et la sécurité en et hors Europe.
la coopération économique et scientifique
la coopération en matière de circulation des hommes des idées et de l’information

Elle est particulièrement concernée par les problèmes avec la Russie en Ukraine, écoutons les propos du chef de l’OSCE

Le Suisse Thomas Greminger dirige depuis deux ans l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), instance régionale fondée en 1975 et réunissant cinquante-sept Etats. Symbole de la fin de la guerre froide, qu’elle a accompagnée, elle joue un rôle-clé en Ukraine.
La crise en Ukraine a tellement cristallisé les tensions entre la Russie et l’Ouest qu’il est devenu difficile, depuis cinq ans, de parler de façon constructive d’autre chose. Cette méfiance est palpable sur tous les dossiers. Elle imprègne aussi bien les questions humanitaires que celles sur les droits humains ou sur la liberté des médias. L’annexion de la Crimée par la Russie, en 2014, ainsi que la déstabilisation du Donbass ont renforcé des clivages déjà latents auparavant. Des avancées en Ukraine permettront aussi d’aller de l’avant sur les autres sujets.
Nous sommes effectivement préoccupés, car toute une architecture mise en place à la fin de la guerre froide est en train de se déconstruire avec la remise en cause des traités sur le contrôle des armements. La fin du FNI [traité sur les missiles nucléaires à portée intermédiaire, signé en 1987 entre l’URSS et les Etats-Unis], actée en août après les retraits américain puis russe, est à cet égard significative.

Les sommets de type G, G8, G20
Créé initialement par Valéry Giscard d’Estaing, le G7 était un lieu de rencontre des chefs d’état sans ordre du jour et sans compte rendu, leur permettant de mieux se connaître et d’échanger de façon libre. Il a eu assez vite beaucoup de succès, et s’est progressivement élargi.

Le dernier sommet du G7 s’est tenu l’été dernier à Biarritz et a été un succès pour la France, le problème débattu en ce moment concerne le retour de la Russie dans ce forum dont elle a été écartée après l’annexion de la Crimée. Les états unis y sont favorable, ainsi que la France qui souhaite auparavant des avancées sur le processus de Minsk de négociations en cours.

Lors du dernier sommet du G20 l’été dernier au Japon

– annonce états unis Chine d’une suspension de la guerre économique suite à une rencontre fructueuse entre les deux présidents

– signature d’un texte sur le réchauffement climatique

Des exemples d’organisation régionales
Afrique de l’Ouest la communauté des états d’Afrique de l’ouest  (CEDEAO) est une zone de libre échange euro africaine. L’union économique et monétaire ouest africaine regroupe des états francophones dont la monnaie était le franc CFA lié à l’euro par une parité fixe. Elle procure une certaine stabilité. Le président Macron a annoncé récemment la fin du franc CFA 

l’actualité de la CEDEAO est dominée par la sortie du franc CFA et la lutte contre le terrorisme.

Réunis le samedi 14 septembre à Ouagadougou, les dirigeants de l’organisation ont décidé de mobiliser sur cinq ans un milliard de dollars, soit près de 600 milliards de francs CFA, pour lutter contre le terrorisme, mis le financement de ce plan pose de nombreuses interrogations.

lancement du comité d’éthique

Madame Florence Parly, ministre des armées
Lancement du comité d’éthique de la défense, Paris le 10 janvier 2020
Lorsque j’avais annoncé la stratégie du ministère en matière d’intelligence artificielle, j’avais annoncé le 5 avril dernier mon intention de constituer un comité d’éthique, pour étudier les questions posées par les technologies émergentes et leur emploi par l’homme. Je suis heureuse que ses membres soient ici rassemblés pour son lancement.
Mais qu’est ce que l’éthique. C’est la science de la morale, de la distinction entre le bien et le mal. Elle doit guider nos actions pour qu’elles soient en accord avec nos valeurs.
Mais qu’est ce que cela signifie pour nous, les militaires. Ces questions sont loin d’être nouvelles. »L’éthique est au fondement même de la raison d’être du militaire. »
Sur les champs de bataille l’armée défend d’abord notre liberté. Et il serait inenvisageable de la faire sans respecter nos valeurs. La façon dont on combat dit beaucoup des valeurs que l’on défend. Et nous pouvons être fiers de la façon dont nos militaires combattent. L’éthique conditionne notre efficacité opérationnelle.
Le comité d’éthique ne reviendra ni sur le passé ni sur le présent,mais sur les technologies de demain, qui sortiront l’homme de sa limite naturelle alors que jusqu’à présent elles ne faisaient que l’aider. Quelle place pour l’homme à l’heure du machine learning et des machines autonomes?
Dès à présent je livre deux sujets à votre réflexion
On parle depuis quelques années d’homme augmenté ou dit autrement de l’utilisation de moyens pour améliorer les performances humaines. On parle d’un troisième bras motorisé, ou de l’emploi de substances qui accroîtraient l’endurance ou la force. La transposition de ces pratiques aux militaires implique une réflexion éthique. Jusqu’à quelle limite de libre arbitre augmenter le niveau de résilience psychologique des individus? Comment augmenter encore les capacités déjà très étendues des officiers  qui préparent le concours de l’école de guerre? J’aimerais avoir vos premiers retours d’ici quatre mois.
Je pense également aux réflexions éthiques dans le cadre des armes autonomes qui connaîtront un fort développement dans toutes les armées du monde avec le développement de l’intelligence artificielle. On parle de SALA ou de robots tueurs qui n’existent pas encore. Ces machines sont contraires à nos principes, et jamais la France ne confiera la décision de vie ou de mort à une machine autonome sans contrôle humain. Mais nous ne pouvons pas exclure que d’autres fassent ce choix, c’est pourquoi le débat est légitime. Je vous demande vos premières orientations pour l’été.
Le champ de votre action est immense et votre tâche l’est tout autant. Je vous sais de taille à l’accomplir. Grâce à vous la France rayonnera à l’échelle européenne et internationale.