Anniversaire de l’élection de François Mitterrand

bonjour à tous

que fut pour la France (et pour moi) la victoire de François Mitterrand en 1981, que nous a t il appris, et que nous a t il laissé? Pour moi qui ai voté pour lui avec passion en 1981 (j’avais 20 ans ) et avec raison en 1988, je souhaite en cet anniversaire de son élection de vous faire partager mes idées et mon analyse sur le sujet.

L’élection d’abord. Il faut avoir vécu cette époque pour se représenter la liesse populaire qui s’est emparée de la France à ce moment là. C’était comme une deuxième libération, celle d’un trop long règne de la droite sur notre pays. Ce soir nous disait alors François Mitterrand, c’est la victoire de la jeunesse et de l’espoir. La majorité sociale du pays s’est identifiée à sa majorité politique.  le monde s’apprête à entendre la France lui parler le langage qu’il a appris à aimer d’elle.

C’était d’abord la réalisation d’un rêve, changer la vie. C’était aussi une forme de sidération. Plantu dessine le lendemain la Tour Eiffel dans le Monde avec cette légende Incroyable François Mitterrand est élu et la tour Eiffel est toujours debout. Le peuple de gauche, dont je fais partie, pensait effectivement que la vie allait profondément changer, et que ses mythes, le gouvernement et l’argent des entreprises aux travailleurs, la défense des opprimés, la solidarité, la défense des pauvres et des droits de l’homme allainet se réaliser.

Il osa appeler quatre ministres communistes au gouvernement (il a progressivement fait passer ce parti de 25% à 6% des suffrages) ce qui ne manqua pas d’irriter les américains, et de provoquer de la part du président une réaction vive Reagan se fâche, Reagan proteste, et alors ce jugement est son affaire, la décision est la mienne. Ce qui fit dire à Jean Lacouture que le plus gaullien des socialistes était à l’Elysée.

Il faut reconnaître que le nouveau président a commencé par tenir ses promesses d’abord l’abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine ce congés payés, une revalorisation importante su SMIC et du minimum vileillesse. Comme titrait Libération les pauvres sont plus riches. Et aussi les radios libres et une grande loi de décentralisation. Sa première année fut ainsi marqué par des réformes importantes, en ligne avec son programme.

Mais la relance souhaitée n’a pas eu lieu , et les déficits (public, commercial) se sont creusés. Le président demande à son conseiller Jacques Attali, comme un paysan, qu’avons nous dépensé, pour qui? C’est alors, en 1884, seulement trois ans après avoir été élu qu’il va prendre une des décisions majeures de son septennat. Il décida de rester dans l’Europe et de revenir à une certaine rigueur économique. Fixation des prix et des salaires, ce qui permettra de juguler l’inflation, et de préserver l’équilibre des finances publiques. Il avait aussi compris qu’il était essentiel de protéger les entreprises et de leur permettre de se développer. Les entreprises nationalisées ont d’ailleurs été des exemples de bonne gestion, mais il du fermer la sidérurgie française.

C’est sans doute sur le plan politique la grande leçon. Si elle veut durer, la gauche dite de gouvernement doit intégrer les contraintes de l’économie occidentale, respecter les grands équillibres et favoriser les entreprises. La France doit rejoindre l’Europe libérale. Il apprit à la gauche à gouverner, elle le fera quatorze ans avec lui, mais il changera peu son discours.

François Mitterrand fut un batisseur. Il commença avec panache à construire la pyramide du Louvre dans le palais des rois de France. Comme Louis XIV, il aimait les bâtiments selon son ami Badinter. Il développa aussi, comme de Gaulle un style très monarchique, c’était un nouveau souverain républicain.

Il sut donner à la France une génération de dirigeants brillants avec Robert Badinter, Jacques Attali, Hubert Védrine, Lionel Jospin, Anne Lauvergeon, François Hollande, Ségolène Royal et Laurent Fabius.

Il fit aussi la guerre sous l’égide de l’ONU avec les américains contre l’invasion du Koweit par Saddam Hussein, et sut l’expiquer aux français qui ont apprécié.

Il apprit l’alternance à la France, puisqu’après son élection, il sut gérer avec brio deux ans de cohabitation, et se présenter ainsi comme un président d’opposition ce qui lui permit en 1988 d’être brillament réélu avec 54% des suffrages. Ce n’était plus le socialiste, mais le père de la nation, celui de la France Unie et de la lettre à tous les français, un programme unitaire.

Son grand projet politique fut et restera l’Europe qu’il développa sans relache avec son ami le chancelier Helmut Kohl. On se souvient de l’image du pérsident prenant sa main devant l’ossuaire de Verdun. Pour Kohl, un allemand à Verdun est ce possible? Réponse de l’intéressé oui autant de morts ça impose le respect. Il fut notamment l’architecte de la monnaie unique et du traité de Maastricht.

Sur le plan personnel, il aimait écrire. D’ailleurs avec Jack Lang sa polique culurelle fit partie, avec celle de Malraux des grands moments de la culture française. Il nous révéla sur la fin une vie personnelle très romanesque avec deux familles, et une fille longtemps cachée Mazarine, la fille d’Anne Pingeot son grand amour.

Le président ne laissait pas les français indiffrénts. On l’aimmait, ce fut mon cas, ou on le détestait. Il a sucité un très grand nombre de livres et de commentaires.

Que nous a t il appris? D’abord à mon avis, qu’il faut savoir allier des objectifs humanistes de la gauche avec une rigueur économique qu’on pourrait appeler de droite. Et que l’avenir de la France c’est l’Europe. Il s’inscrivit dans ce chapitre dans la grande traditions des présidents de la république française. Il nous montra que pour diriger la France, il faut une personnalité forte qui sait s’imposer et parler aux français, une personnalité finalement assez proche de celle du général, son illustre rival.

Et pour finir deux de ses textes que j’aime beaucoup.

D’abord la préface de la mort intime de Marie de Hennezel. « COMMENT MOURIR ? » Telle est la question que pose sans détours François Mitterrand dans la préface d’un ouvrage intitulé La Mort intime. « Nous vivons dans un monde que la question effraie et qui s’en détourne, écrit l’ancien président de la République. Des civilisations, avant nous, regardaient la mort en face. Elles dessinaient pour la communauté et pour chacun le chemin du passage. Elles donnaient à l’achèvement de la destinée sa richesse et son sens. Jamais peut-être le rapport à la mort n’a été si pauvre qu’en ces temps de sècheresse spirituelle où les hommes, pressés d’exister, paraissent éluder le mystère. Ils ignorent qu’ils tarissent ainsi le goût de vivre d’une source essentielle.  

Ses derniers voeux de président, avec les forces de l’esprit.« L’an prochain, ce sera mon successeur qui vous exprimera ses voeux. Là où je serai, je l’écouterai, le coeur plein de reconnaissance pour le peuple français qui m’aura si longtemps confié son destin et plein d’espoir en vous. Je crois aux forces de l’Esprit et je ne vous quitterai pas. Je forme ce soir des voeux pour vous tous, en m’adressant d’abord à ceux qui souffrent, à ceux qui sont seuls, à ceux qui sont loin de chez eux. Bonne année, mes Chers Compatriotes. Bonne année et longue vie. Vive la République, vive la France ! » 

Et enfin l’hommage de sonn successeur, Jacques Chirac  

Ma situation est singulière, car j’ai été l’adversaire du Président François Mitterrand.
Mais j’ai été aussi son Premier ministre, et je suis, aujourd’hui, son successeur. Tout cela tisse un lien particulier, où il entre du respect pour l’homme d’Etat et de l’admiration pour l’homme privé qui s’est battu contre la maladie avec un courage remarquable, la toisant en quelque sorte, et ne cessant de remporter des victoires contre elle.
De cette relation avec lui, contrastée mais ancienne, je retiens la force du courage quand il est soutenu par une volonté, la nécessité de replacer l’homme au cœur de tout projet, le poids de l’expérience.

Seuls comptent, finalement, ce que l’on est dans sa vérité et ce que l’on peut faire pour la France.

La France et le monde en avril 2021

il me semble intéressant de prendre un peu de recul de temps en temps pour tenter d’analyser la situation que nous traversons en France et dans le monde.

La France d’abord, continue d’être secouée par la pandémie du COVID. Comment la traverse t elle? Il me semble qu’elle est d’abord égale à elle même, c’est à dire que l’état prend les choses en main, et que le président continue de donner le cap.

Notre pays, depuis les rois, aime à s’appuyer sur un état fort à qui elle demande de régler les difficultés du pays. Avec le quoi qu’il en coûte, l’état nous protège de façon assez efficace, et l’aide économique très importante permet finalement à notre économie de s’en sortir. L’état est toujours dirigé par son chef, le président, qui prend de la hauteur et laisse le premier ministre gérer le quotidien et annoncer aux Français les détails des décisions sanitaire. Cette méthode lui permet de retrouver un soutien (plus de 40% de satisfaits) que ses prédécesseurs n’ont jamais eu. Sa gestion de la crise est assez bonne, et sa lutte contre le confinement a donné d’assez bons résultats. En effet, chez les anciens et les EPHAD la situation s’améliore, et la vaccination se poursuit avec maintenant plus de cinq millions de personnes ayant reçu une première injection. C’est bien de là que viendra la solution. Saluons à ce propos un prodige de la science mondiale qui a su si vite mettre au point et produire ce vaccin.

Le roi guérissait les écrouelles, et c’est toujours vers le président qu’on se tourne quand on est menacé de maladie. La France a retrouvé l’état, et son modèle social qui la protège au quotidien. Et elle s’en sort plutôt mieux que la plupart des autres pays. Mais elle a aussi retrouvé son goût pour les querelles et les disputes. Nous sommes toujours les gaulois réfractaires au changement et querelleurs. Les critiques n’ont pas cessé sur la gestion de la crise, et elles continuent, alors que l’état s’en sort plutôt bien. Pourrait on imaginer le soutenir un peu dans la tourmente? Mais là encore, la France est restée fidèle à elle même.

Au niveau mondial ensuite, il nous faut d’abord saluer la leçon de démocratie que nous a donnée l’Amérique, et la bonne nouvelle de l’élection de Joe Biden. Aux états unis aussi, c’est le retour de l’état, un état qui s’attaque avec quelques succès à la pandémie, et un état qui protège avec un plan de relance impressionnant. Un état qui tente de rassembler le pays, tâche difficile. Les débuts du nouveau président sont encourageants. Il parle peu mais agit beaucoup. 

Les relations internationales sont transformées. L’alliance des démocraties occidentales, et notamment avec l’Europe est revenue d’actualité, de même que la fermeté vis à vis des pays peu démocratiques comme la Russie. Poutine est un tueur, rien que ça, sa réaction de type cour de récréation confirme la stature de l’intéressé. Les relations Russie Europe sont aussi au plus mal. Un autre dossier majeur, la lutte entre les états unis et la Chine pour la suprématie mondiale, qui se poursuit. Le modèle Chinois nous montre chaque jours sa puissance; mais heureusement sur un ton peu agressif un peu comme l’empire du Milieu.

Alors finalement est ce que le monde d’après va ressembler au monde d’avant, comme toujours dans les devoirs de CUGE EDG un peu oui et un peu non. La pandémie nous aura quand même appris que l’homme doit rester la première valeur, et que l’économie est d’abord là pour l’aider. Mais quand on voit que les SALA ont fait leur apparition en force sur le champ de bataille, on peut se demander si l’éthique est une valeur forte.

La situation en avril 2021 en France et dans le monde

La France d’abord, continue d’être secouée par la pandémie du COVID. Comment la traverse t elle? Il me semble qu’elle est d’abord égale à elle même, c’est à dire que l’état prend les choses en main, et que le président continue de donner le cap.

Notre pays, depuis les rois, aime à s’appuyer sur un état fort à qui elle demande de régler les difficultés du pays. Avec le quoi qu’il en coûte, l’état nous protège de façon assez efficace, et l’aide économique très importante permet finalement à notre économie de s’en sortir. L’état est toujours dirigé par son chef, le président, qui prend de la hauteur et laisse le premier ministre gérer le quotidien et annoncer aux Français les détails des décisions sanitaire. Cette méthode lui permet de retrouver un soutien (plus de 40% de satisfaits) que ses prédécesseurs n’ont jamais eu. Sa gestion de la crise est assez bonne, et sa lutte contre le confinement a donné d’assez bons résultats. En effet, chez les anciens et les EPHAD la situation s’améliore, et la vaccination se poursuit avec maintenant plus de cinq millions de personnes ayant reçu une première injection. C’est bien de là que viendra la solution. Saluons à ce propos un prodige de la science mondiale qui a su si vite mettre au point et produire ce vaccin.

Le roi guérissait les écrouelles, et c’est toujours vers le président qu’on se tourne quand on est menacé de maladie. La France a retrouvé l’état, et son modèle social qui la protège au quotidien. Et elle s’en sort plutôt mieux que la plupart des autres pays. Mais elle a aussi retrouvé son goût pour les querelles et les disputes. Nous sommes toujours les gaulois réfractaires au changement et querelleurs. Les critiques n’ont pas cessé sur la gestion de la crise, et elles continuent, alors que l’état s’en sort plutôt bien. Pourrait on imaginer le soutenir un peu dans la tourmente? Mais là encore, la France est restée fidèle à elle même.

Au niveau mondial ensuite, il nous faut d’abord saluer la leçon de démocratie que nous a donnée l’Amérique, et la bonne nouvelle de l’élection de Joe Biden. Aux états unis aussi, c’est le retour de l’état, un état qui s’attaque avec quelques succès à la pandémie, et un état qui protège avec un plan de relance impressionnant. Un état qui tente de rassembler le pays, tâche difficile. Les débuts du nouveau président sont encourageants. Il parle peu mais agit beaucoup. 

Les relations internationales sont transformées. L’alliance des démocraties occidentales, et notamment avec l’Europe est revenue d’actualité, de même que la fermeté vis à vis des pays peu démocratiques comme la Russie. Poutine est un tueur, rien que ça, sa réaction de type cour de récréation confirme la stature de l’intéressé. Les relations Russie Europe sont aussi au plus mal. Un autre dossier majeur, la lutte entre les états unis et la Chine pour la suprématie mondiale, qui se poursuit. Le modèle Chinois nous montre chaque jours sa puissance; mais heureusement sur un ton peu agressif un peu comme l’empire du Milieu.

Alors finalement est ce que le monde d’après va ressembler au monde d’avant, comme toujours dans les devoirs de CUGE EDG un peu oui et un peu non. La pandémie nous aura quand même appris que l’homme doit rester la première valeur, et que l’économie est d’abord là pour l’aider. Mais quand on voit que les SALA ont fait leur apparition en force sur le champ de bataille, on peut se demander si l’éthique est une valeur forte.

Grandes problématiques, relations humaines, commandement et management

1- les grandes problématiques

Quelles sont les grandes problématiques, et de quoi s’agit il? Je commence par une analyse historique de celles qui se sont posées au cours du temps

– la construction de l’état

Avec la monarchie, la république et l’empire, la France fut depuis Clovis confrontée à la construction de l’état. Dans un premier temps, et pendant mille ans environ, la réponse fut donnée par le roi qui construisit petit à petit le royaume de France en tentant d’asservir les grands, les princes de sang qui brillaient par leur indépendance. Il dut souvent pour cela s’appuyer sur de grands ministres comme Richelieu ou Mazarin qui prenaient une part très active dans le gouvernement. Puis vint Louis XIV qui porta très haut la monarchie absolue. Le roi gouverne par lui-même, et il gouverne aussi les arts et construit Versailles.

Ensuite la république a longtemps hésité sur le gouvernement de la France, tellement qu’elle fut d’abord remplacée par l’empire qui sut très bien faire. Puis vinrent les républiques parlementaires où le gouvernement était nommé par les assemblées, et ce fut le temps de l’instabilité. Avec la constitution de 1958, Charles de Gaulle sut faire la synthèse entre la monarchie et la république. Le président règne avec les pleins pouvoirs digne des rois les plus absolus, mais il tient son pouvoir et sa légitimité du suffrage universel.

– la place de la religion dans la société est aussi assurément une problématique majeure. Si on regarde le cas français, les rois se sont d’abord appuyés sur la religion pour gouverner. Clovis s’est fait baptiser, pour Henri IV Paris vaut bien une messe. Louis XIV fut le roi très chrétien, le catholicisme était la religion officielle, et la France était la fille aînée de l’église. Mais les autres religions étaient interdites et Louis le grand révoqua l’édit de Nantes.

Le siècle des lumières nous apprit la tolérance et la liberté de penser, mais il fallut attendre la république pour finalement appliquer ce que le Christ avait dit dans l’évangile rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. On a séparé l’église et l’état (non sans mal) Et la république a instauré la laicité et la liberté des religions.

Mais ce n’est pas encore le cas dans des pays comme l’Iran, république islamique fort peu tolérante, ou même les états unis où le président prête serment sur la bible.

– la place des experts Avec la pandémie, l’avis des médecins et des experts est revenu au premier plan, et on a pu observer leur rôle face à celui du pouvoir politique. François Mitterrand disait les experts ne nous disent jamais la vérité, pour autant qu’ils la connaissent eux mêmes. Un grand politique.

Dans la crise du COVID nous avons d’abord assisté à un gouvernement par les experts où ce dernier suivait scrupuleusement l’avis du conseil scientifique, alors que les premières décisions étaient orientées sur la santé publique. Puis le temps est venu de trancher entre les problèmes sanitaires et les problèmes économiques. Et la semaine dernière, le président a tranché en faveur de l’économie en refusant un confinement pourtant unanimement souhaité par les médecins.

En effet, l’expert conseille le prince, mais c’est ce dernier qui tranche, et surtout doit assumer sa décision face à l’opinion. Mais les avis d’experts, publiés sur internet ont une force de plus en plus importante.

2- les relations humaines

Le poste de CDU vous a permis comme à moi dans le nucléaire comme directeur une pratique régulière des relations humaines qui sont un appui très utile pour le management.

Mais finalement que nous apprend cette pratique?

D’abord l’importance des hommes et des femmes dans l’entreprise. Ce sont eux qui obtiennent des résultats, ce sont eux qui sauvent les parisiens ou font tourner les réacteurs. La hiérarchie est là pour les guider et les aider. Mais ce sont eux qui sont la force de nos collectifs.

L’équité. C’est la demande essentielle qui nous remonte. Le manager doit veiller en permanence à ce que tous soient traités de la même façon, ce qui n’est pas toujours facile car l’égalité est une belle idée, mais très peu répandue dans la vie courante. Alors ne doit on pas favoriser un peu ceux qui s’impliquent davantage?

La récompense. Un pompier ou un agent EDF qui a bien travaillé attend d’abord d’être reconnu et si possible récompensé, pas forcément de façon pécuniaire. J’ai d’ailleurs noté à la brigade une excellente pratique avec les lettres de félicitation du chef de corps ou du général.

Le bonheur. Un collectif sera plus productif s’il est heureux au travail, et si l’ambiance de l’équipe est bonne. C’est aussi notre responsabilité de permettre aux hommes et aux femmes de s’épanouir dans le travail. Est ce le rôle des relations humaines, c’est selon la conception qu’on en a.

3- Commandement et management

Quand on évoque ces deux mots, c’est la plupart du temps pour examiner ce qu’ils ont en commun ou ce qui les oppose.

On réserve en général le terme de commandement au domaine militaire, c’est à dire qu’il est relié à une mission de défense, voire de guerre. Le commandement est le métier de conduire les hommes au combat, ce qui implique une façon particulière de les diriger. Dans ce domaine, la conduite des hommes implique une forte détermination, et un sens tactique, voire stratégique. Comme le dit le général de Gaulle (le fil de l’épée) le commandant a surtout du caractère. Il implique aussi une dimension éthique.

Le terme de management est en général réservé au monde de l’entreprise, et il signifie d’abord obtenir des résultats. Pour cela il faut expliquer, guider et faire adhérer les hommes et les femmes qu’on manage. Il signifie efficacité, et contrôle. Le manager est d’abord redevable des résultats. Mais on peut constater aussi dans le monde de l’entreprise une évolution vers l’éthique. J’ai écouté hier un interview de Patrice Caine, le président directeur général de Thalès, à qui on demandait à la fin ce que signifie diriger un tel groupe, réponse, mobiliser la science et la technique pour rendre le monde meilleur. On voit que Pour la Patrie les Sciences et la Gloire va rejoindre Sauver ou Périr.

Les principales théories économiques

LES PRINCIPAUX COURANTS DE LA PENSEE ECONOMIQUE

La pandémie n’a pas épargné l’économie. Depuis les années 1970, les économistes conseillaient aux gouvernements de réduire autant que possible le déficit budgétaire et par conséquent la dette publique. Le traité de Maastricht est même allé jusqu’à donner des cibles obligatoires (pour ceux qui le voulaient bien) d’un déficit inférieur à 3% du PIB et une dette publique inférieure à 60% de celui ci . 

Mais la crise économique très importante provoquée par le COVID a grandement ébranlé ces certitudes. L’état est intervenu très largement pour aider les entreprises et les particuliers, creusant grandement le déficit (qui est de 7,6% du PIB en 2020 et prévu pour 6,4% en 2021) et la dette publique qui est maintenant de 120% du PIB . Même la théorie a évolué puisque dans ce cas, la dette est plutôt considérée comme une bonne chose, et on parle même de l’annuler. Je vous ai joint en Annexe un article du Monde qui évoque cette discussion.

Deux autres notions sont apparues en économie, le climat et la résilience.

1 les enjeux écologiques

Depuis plusieurs années déjà, les économistes ont pris conscience des enjeux écologiques. Le problème du climat a joué un rôle moteur dans cette évolution. Pendant longtemps, la grande question a été de savoir comment obtenir une croissance soutenue et régulière et comment en faire profiter le plus grand nombre. Puis, progressivement, avec l’impact qu’elle pouvait avoir sur l’environnement, on a commencé à se poser des questions sur la croissance elle-même: certains la remettent carrément en cause, d’autres cherchent à savoir comment on pourrait croître autrement, notamment en émettant moins de gaz à effet de serre.

Une déjà longue histoire

Tout a commencé avec les travaux du GIEC et les premières conférences de l’ONU sur le climat, les fameuses COP. C’est ainsi que sont nés les taxes carbone et les marchés de droits d’émission. La plupart des écologistes n’y ont rien compris et n’ont vu dans ces innovations qu’un «droit à polluer» (beaucoup n’ont d’ailleurs toujours rien compris), alors qu’il s’agissait de donner aux États des instruments leur permettant de maîtriser l’évolution des émissions de gaz à effet de serre en donnant un prix au carbone.

Au début, les économistes qui avaient porté leur intérêt sur ce problème travaillaient essentiellement pour les États et les organisations internationales. Mais, assez rapidement, les entreprises et les organisations professionnelles ont compris que cette histoire de gaz à effet de serre n’était pas à négliger et qu’elles allaient devoir en tenir compte dans leur processus de prise de décision. Il allait y avoir besoin de spécialistes. C’est ainsi qu’en France, en 2010, l’économiste Christian de Perthuis a pris l’initiative de fonder la Chaire Économie du climat avec le soutien de l’Université Paris-Dauphine

2- la résilience

Dans une conclusion provisoire à la série de webinaires qu’il a organisés à Princeton depuis le mois de mars, l’économiste allemand Markus Brunnermeier s’attache à ouvrir des pistes. Pour une économie, dit-il, la capacité à se redresser après une commotion est affaire de diversité, de flexibilité et de croissance. C’est assez intuitif. La diversité, notamment sectorielle, s’impose, parce que c’est la pluralité des connaissances et des savoir-faire qui permet de répondre à des chocs inattendus – et, a contrario, la monoculture engendrée par la spécialisation à outrance est source de vulnérabilité. La flexibilité est nécessaire, parce qu’une crise oblige à réallouer dans l’urgence travail et capital – et c’est toujours la grande faiblesse de l’Europe en comparaison des États-Unis. Enfin, croissance et résilience sont complémentaires, parce qu’une économie sans ressort risque à tout moment – on l’a vu dans les années 2010 – de basculer dans un cercle vicieux de récession. La réactivité de la politique économique est essentielle.

Markus Brunnermeier suggère une quatrième idée, un peu confuse mais essentielle : la résilience est aussi affaire de contrat social. Chaque ménage peut accumuler de l’épargne, chaque entreprise s’assurer d’un accès à la liquidité. Mais la résilience collective repose sur une forme d’assurance mutuelle qui ne peut être qu’implicite, parce qu’aucun contrat ne peut tout envisager. Le dispositif de chômage partiel et le soutien aux entreprises déployés en France n’étaient inscrits nulle part et ne pouvaient pas l’être. Ils ont été des facteurs essentiels du rebond économique du troisième trimestre. Quant au plan de relance européen, il n’était même pas jugé possible. C’est, nonobstant nos graves défaillances économiques, une source de confiance dans le Vieux Continent.

Mais il ne faut pas oublier que l’économie est d’abord là pour permettre d’accroitre l’activité industrielle, at ainsi les revenus disponibles pour les ménages et les investisseurs. L’économie essaie d’abord d’expliquer le fonctionnement de la production, de l’échange et de la distribution des richesses. Elle dépend fortement de l’époque et du contexte. Au 18ème siècle, on était d’abord frappé par les progrès de l’industrialisation, et le marché apparaît comme la solution. L’analyse de Marx a le mérite de bien décrire les difficultés de la classe ouvrière. La crise de 1929 a montré les limites de cette approche, et conduit ensuite les gouvernements à intervenir dans l’économie.

L’histoire de la pensée économique comprend trois principaux courants qui seront présentés dans la suite, le courant libéral, le courant marxiste et le courant keynésien.

1 Le courant libéral

A le courant classique

L’économie apparaît à la fin du 18ème siècle avec Adam Smith, en même temps que la société industrielle. Elle naît en Angleterre avec Smith, Malthus, Ricardo, puis en France avec Jean Baptiste Say. Elle repose sur les principes suivants:

– l’individu est rationnel, il est le seul capable de juger ce qui est bon pour lui. Son comportement consiste à maximiser de ses satisfactions, et la minimisation des ses efforts. L’intervention de l’état est inutile.

– la propriété privée des moyens de production est une garantie de liberté. La satisfaction de l’intérêt individuel permet de réaliser l’intérêt général par le marché, comparé à une main invisible. Ce n’est pas l’état qui le représente.

– un système économique conduit par la liberté tend naturellement vers l’équilibre, ajusté par le niveau de prix.

L’analyse de la production repose sur les quatre piliers suivants

– la production est la combinaison de facteurs de production, la terre, le travail et le capital. La division du travail en taches élémentaires est avantageuse, elle améliore la dextérité des ouvriers et suscite l’apparition de machines.

– la théorie de la valeur s’interroge sur la richesse qu’il faut produire, la valeur d’échange étant admise par tous. Celle ci doit refléter le travail nécessaire à une marchandise échangée. En France, la valeur doit refléter aussi la rareté et l’utilité d’un bien.

– c’est l’offre qui crée la demande.

-la monnaie ne sert qu’à faciliter les transactions économiques.

La répartition des revenus se fait entre trois classes les propriétaires terriens, les capitalistes et les travailleurs.

2 le courant néo classique

Apparue dans la deuxième moitié du 19ème siècle, la pensée néo classique repose sur les travaux de Walras, Pareto et Marshall.

Tout comportement relève d’un calcul, d’un choix explicite. Le consommateur maximise l’utilité des biens consommés sous la contrainte du revenu disponible. Les producteurs cherchent à maximiser leur profits. Le marché est le lieu de rencontre entre l’offre et la demande. L’équilibre général résulte de 4 marchés, celui des biens et services, celui du travail et celui de la monnaie. Cette théorie considère que les équilibres ne sont pas la réalité mais ce qu’elle doit être dans le modèle.

Depuis les années 1970, différentes écoles sont apparues,

-l’école de Chicago avec Milton Fiedman qui prône la réduction du rôle de l’état

-l’économie de l’offre qui propose de stimuler l’activité non par la demande (la consommation) mais par l’offre (la production). Elle est représentée par la théorie de Laffer qui dit que trop d’impôt tue l’impôt et que le taux d’imposition doit être adapté (oui mais à quoi?)

-l’école de l’économie publique s’attache à montrer tout l’intérêt de l’intervention de l’état et cherche à optimiser ses choix.

3 Le courant marxiste

Au 19ème siècle, le capitalisme se développe mais la misère des ouvriers est grande, et les excès de ce capitalisme font naître le socialise et le marxisme. Marx étudie la société industrielle anglaise pour en tirer des lois.

Son analyse s’oppose à la théorie libérale en montrant que le capitalisme aboutit à une lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie. La crise du capitalisme est inéluctable pour plusieurs raisons

– les décisions des agents économiques ne sont pas coordonnées

– la pression des employeurs à la baisse des salaires est trop forte et la paupérisation des ouvriers est inéluctable. Ceci doit entrainer la destruction du capitalisme et l’avènement du socialisme.

4 Le courant Keynésien

La théorie générale de Keynes date de 1936 et propose des solutions au problème du chômage (déjà) qui a secoué le monde en 1929.

La théorie libérale est incapable d’aborder le problème du chômage, du à une défaillance des marchés. La solution serait une intervention de l’état. Elle veut aborder l’économie de façon globale (macroéconomie) et non au travers des agents individuels (microéconomie). Le volume de la production ne dépend pas des capacités de production ou du niveau des revenus, mais de décisions comme celles concernant l’investissement, un paramètre important vis à vis du chômage. L’emploi et la monnaie sont étroitement liés. La quantité de monnaie est décidée par les autorités, au travers du taux d’intérêt. Keynes pense que le chômage résulte d’une insuffisance de la demande. L’état peut agir sur la consommation en réduisant la fiscalité, et sur l’investissement en réduisant les taux d’intérêt. L’état va augmenter les investissements publics.

Et maintenant. Curieusement, malgré un certain foisonnement des réflexions dans ce domaine, je n’ai pas trouvé de nouvelle théorie récente, et on ne m’en a enseigné aucune, pas plus à Polytechnique qu’à Sciences Po.

J’ai par contre le sentiment qu’ on a pris un certain recul eu égard aux difficultés de l’économie de faire des recommandations claires, et surtout d’anticiper les grandes crises qu’on connaît régulièrement. Les modèles mathématiques ne savent pas prédire les ruptures, et voient plutôt l’avenir comme un prolongement linéaire du passé.

Certains débats sont bien connus. Dans un contexte qualifié de crise comme celui que vit la France depuis les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, avec un chômage de masse important, vaut il mieux creuser le déficit budgétaire comme l’ont fait Mitterrand en 1981 et ensuite Chirac pour relancer l’industrie, ou au contraire réduire les dépenses publiques pour limiter les déficits et contenir la dette publique ? Faut il faire une politique de l’offre, comme le fait le gouvernement actuel ou une politique de la demande en creusant le déficit budgétaire pour distribuer du pouvoir d’achat ?

Les gouvernements successifs, et les économistes ont répondu successivement par l’affirmative puis par la négative. On sait que la position du FMI a longtemps été de prêcher les économies et la rigueur, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que cette politique était dangereuse et qu’il recommande un peu plus de relance.

Thomas Piketty, dans son ouvrage le capitalisme au 21ème siècle fait une étude très intéressante et très documentée de l’économie mondiale depuis que des statistiques existent, et montre que l’état normal de l’économie est celui d’une croissance faible comprise entre 1,5 et 2 % comme celle qu’on connaît actuellement.

D’autre part, l’hypothèse fondamentale sur laquelle sont basés les modèles classiques est que l’individu a une conduite rationnelle et cherche à maximiser sa satisfaction sous la contrainte du budget disponible. Or celle-ci est remise en cause aujourd’hui. En effet, on constate facilement que les choix de dépenses des individus sont loin d’être rationnels.

Finalement, l’économie contemporaine sert surtout à tenter d’expliquer la situation et son évolution, mais elle pose autant de questions qu’elle apporte de réponses. C’est pourquoi on se demande souvent s’il s’agit d’une science.

Mais c’est aussi la grandeur de ce qu’on appelle les sciences de l’homme. Votre expérience de CDU, et la mienne de manager en centrale nucléaire vous a sans doute montré que rien n’est plus intéressant ni plus mystérieux que le comportement humain.

ANNEXE L’avenir de la dette Covid, un débat politique autant qu’économique

La dette publique devrait atteindre 121,4 % du PIB en 2021… Pourtant, à droite comme à gauche, des voix s’élèvent pour réclamer plus de dépenses, plus d’investissements, afin de doper une économie mise sous cloche depuis dix mois.

Analyse. C’était il y a un peu plus d’un an, cela paraît un siècle. En décembre 2019, l’Insee révélait que la dette française avait franchi les 100 % du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre de l’année. De quoi déclencher une flopée de commentaires véhéments, les uns pour rassurer – « ce n’est que provisoire, le seuil fatidique ne sera pas dépassé sur l’ensemble de l’année » –, les autres pour alerter sur le risque d’écorner un peu plus les promesses de redressement des comptes publics faites par Emmanuel Macron en début de mandat.

Un an et une pandémie mondiale plus tard, ces inquiétudes pourraient presque faire sourire si le sujet n’était aussi sérieux. La crise due au Covid-19 a fait plonger l’économie française dans la récession, l’Etat a fait ruisseler les milliards pour soutenir les entreprises et les salariés, et la trajectoire budgétaire du pays en a été bouleversée. Autrefois tabou infranchissable, le seuil des 100 % de dette publique n’est plus qu’un lointain souvenir : elle devrait atteindre 121,4 % en 2021…

Dans ce « monde d’après », l’exécutif se cherche encore une ligne de conduite. En fin d’année, la perspective de l’arrivée d’un vaccin a amené le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, à poser les premiers jalons d’une sortie du « quoi qu’il en coûte », ce principe décrété en mars 2020 par le chef de l’Etat, comme un rempart à la crise économique et sociale.

En décembre, une commission sur l’avenir des finances publiques, composée de personnalités politiques, de chercheurs et présidée par l’ancien ministre de l’économie Jean Arthuis, a été mandatée pour réfléchir à la manière de gérer la « dette Covid », les quelque 150 milliards d’euros de facture de la crise sanitaire.

Pour l’ex-LR Bruno Le Maire, il en allait du sérieux budgétaire du pays, qui ne peut se permettre de vivre durablement à crédit, mais aussi de la crédibilité de la France vis-à-vis de ses partenaires européens et de celle du gouvernement à dix-huit mois de l’élection présidentielle.

« Aussi longtemps que durera la crise, nous serons là »

Las, le démarrage poussif de la campagne de vaccination s’ajoutant à l’irruption de variants qui relancent l’épidémie et à des reconfinements dans plusieurs pays d’Europe empêchent de tourner la page. La croissance va rester atone au moins jusqu’à l’été, et les mesures de soutien aux secteurs sinistrés (restaurants, bars, événementiel, etc.) ne sont pas près d’être levées. Conséquence : la dette de la France pourrait bien continuer de gonfler jusqu’en 2022. « Aussi longtemps que durera la crise, nous serons là », a encore assuré le locataire de Bercy mercredi 27 janvier devant les sénateurs.

Et alors ? s’interrogent de plus en plus d’experts. Les taux d’intérêts sont historiquement bas, en raison d’un surplus d’épargne privée très important dans le monde. En France, les classes moyennes et moyennes supérieures ont largement gonflé leurs bas de laine depuis le premier confinement.

S’endetter ne coûte plus rien, cela peut même permettre à l’Etat de s’enrichir, avancent, un rien provocateurs, les économistes de l’OFCE, un cercle de réflexion d’inspiration keynésienne. Ils suggèrent rien de moins que doubler le plan de relance, en mettant 100 milliards d’euros de plus sur la table. Ils ne sont pas les seuls : à droite comme à gauche, des voix s’élèvent pour réclamer plus de dépenses, plus d’investissements, afin de doper une économie mise sous cloche depuis dix mois.

« Je pense (…) que le niveau d’endettement devrait rester soutenable pendant longtemps. Il faut surtout retenir qu’il n’y a pas de niveau de dette magique », a indiqué aux Echos, mercredi 27 janvier, Olivier Blanchard, l’ancien chef économiste du FMI qui doit remettre prochainement à l’Elysée un rapport sur la manière de relever les « grands défis économiques » des prochaines années (climat, inégalités, vieillissement…).

« La condition de cet endettement supplémentaire est son acceptabilité politique, sociale, européenne, et non sa faisabilité économique », assure, de son coté, Xavier Ragot, le président de l’OFCE. Autrement dit, l’exécutif a beau s’entourer de spécialistes pour tenter de déterminer une stratégie de redressement des comptes publics, la gestion de la dette relève avant tout de choix de gouvernement. L’épineuse question d’un « bon » niveau de dette – sa « soutenabilité » dans le jargon budgétaire – ne repose pas sur un chiffre absolu, mais sur une stratégie politique.

Même la très rigoriste Allemagne est agitée par ces soubresauts à huit mois des élections législatives. Les propos du bras droit d’Angela Merkel, mardi, appelant à s’affranchir durablement des règles de discipline budgétaire ont déclenché une controverse.

La France ne pourra donc pas s’exonérer d’un débat sur le sujet dans la campagne présidentielle à venir. Une partie de l’opposition, à droite comme à gauche, pousse déjà en ce sens, y voyant un angle d’attaque à la fois symbolique et parlant pour les Français.

« On a besoin de politiser le sujet de la dette Covid, plaide Aurélien Pradié, le secrétaire général du parti Les Républicains. Le gouvernement passe son temps à expliquer qu’il n’y a pas d’argent magique et tout à coup il y en a. On ne s’en sortira pas sans une grande explication démocratique. » Pour le numéro trois du parti, « on peut imaginer restructurer une partie de la dette par la BCE [Banque centrale européenne], sous forme de dette perpétuelle, isoler une partie ou l’effacer ». Annuler la dette, c’est aussi l’idée sur laquelle surfent Arnaud Montebourg ou Jean-Luc Mélenchon.

Les économistes ne sont guère de cet avis : si la marge de manœuvre budgétaire dont dispose le pays est aujourd’hui confortable, envisager une annulation romprait la confiance avec les créanciers. Pour Olivier Blanchard, c’est « une idée idiote », pour Xavier Ragot c’est « jouer avec le feu ». Encore faudra-t-il être capable de l’expliquer et de le faire accepter aux Français.

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Audition de Florence Parly à l’Assemblée nationale janvier 2021

voilà un résumé de l’audition de Florence Parly à l’assemblée nationale le 12 janvier suivi, comme d’habitude de l’intégrale de son discours (disponible sur le site du ministère)

1- point sur les opérations

D’abord avec l’opération Résilience, l’armée est venue porter secours au pays, mais la crise sanitaire n’a pas affecté les OPEX ni l’opération Sentinelle qui a été renforcée

Au Sahel nous poursuivons, avec la coopération d’autres armées l’affaiblissement des groupes terroristes qui a connu de réels succès en 2020 avec l’élimination de nombreux chefs de ces organisations. Mais au Sahel, la solution n’est pas uniquement militaire et notre action doit conduire à une solution politique.

Je vous annonce par ailleurs, que la prochaine mission du porte-avions Charles de Gaulle sera de renforcer notre dispositif, dans le cadre de l’opération Chammal. Le Groupe aéronaval se déploiera ainsi au premier semestre 2021 en Méditerranée et dans l’Océan IndienCet engagement démontre, s’il en était besoin, notre volonté à lutter en permanence contre le terrorisme.

En république centrafricaine, nous agissons avec 300 militaires pour un retour de l’état. A la demande du président Touadéra, le président a ordonné le 9 janvier un second survol du pays qui a entraîné l’arrêt des combats. Nous voulons apporter notre appui aux efforts de normalisation portés par la communauté internationale, et montrer notre solidarité avec avec la Centrafrique.

Enfin il nous faut rester vigilants en Méditerranée, et y défendre le droit international.

2 – Les priorités 2021

Nous avons fait ces derniers mois un travail d’actualisation du contexte géostratégique que nous publierons prochainement. La LPM conserve toute sa pertinence. 5 priorités pour 2021

1 la relance économique de la France. La LPM est une contribution essentielle, et l’armée est le premier recruteur de l’état avec plus de 26 000 recrutements annuels

2 la poursuite de la lutte contre le terrorisme au Levant et au Sahel. Au Levant, nous observons un résurgence de Daesh en Syrie et en Irak, ce qui représente une menace pour l’Europe. Au Sahel, je salue un partenariat renforcé avec les pays sahéliens et nos alliés européens et internationaux

3 Poursuite de la construction de la défense européenne. Des progrès sont réalisés le fonds européen de défense est doté de 8 milliards d’euros, nous avons réalisé une boussole stratégique, c’est à dire une analyse des menaces agréée par les 27. Nous pouvons aussi parler du CSAF ou du MGCS(char du futur)

4 moderniser nos armées Il faut nous renforcer dans le cyberespace et l’espace (je salue le lancement réussi du satellite CSO-2 le 29/12) il faut veiller aux nombreuses campagnes de désinformation

5 Un nouveau souffle à nos alliances, avec la nouvelles administration américaine, avec laquelle j’attends des échanges constructifs. L’OTAN a aussi entrepris une réflexion intéressante. Il faut veiller aussi à la poursuite de notre partenariat avec le Royaume Uni

Enfin il est essentiel de continuer à communiquer avec les Français. Nous bénéficiions d’un fort soutien, mais lf nous faut le préserver.

Discours de Florence Parly, ministre des Armées

Vous trouverez ci-joint le propos liminaire de Florence Parly, ministre des Armées, lors de son audition devant la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale.

Seul le prononcé fait foi.

Madame la ministre, chère Geneviève,

Madame la présidente,

Mesdames et Messieurs les députés,

C’est un plaisir pour moi de vous retrouver, même si c’est par un canal très virtuel, en cette nouvelle année. Permettez-moi aussi de renouveler, pour ceux à qui j’ai déjà pu les formuler, et de vous adresser, pour les autres, mes vœux les plus sincères de très bonne et heureuse année 2021.

Et je sais que cela a été fait dans l’hémicycle avec beaucoup d’émotion tout à l’heure par le Président de l’Assemblée nationale, mais nous souhaitions commencer avec Geneviève Darrieussecq, par rendre hommage à la mémoire du sergent-chef Yvonne Huynh, du maréchal des logis Tanerii Mauri, du brigadier-chef Loïc Risser, du brigadier Quentin Pauchet, ainsi qu’au brigadier Dorian Issakhanian. Cinq militaires morts pour la France, tombés pour nous protéger, cinq noms qui résonneront à jamais dans nos mémoires.

Cinq noms qui nous rappellent que la mission ne cesse jamais et que chaque jour, des milliers de jeunes Françaises et de jeunes Français veillent sur nous, en tout temps, et en tout lieu, que ce soit sur notre territoire ou en opérations extérieures.

1. [Point sur les opérations]

Alors je commencerai, si vous le voulez bien, par un tour d’horizon de nos opérations que je souhaiterais commencer, en revenant sur les temps forts de l’année 2020.

En l’occurrence, premier temps fort, ce fut la crise sanitaire : avec l’opération Résilience déclenchée par le Président de la République, les armées ont œuvré au plus près des Français, pour du soutien médical, du soutien logistique et de la protection. Nous continuons de nous tenir disponibles et prêts à agir s’il le faut. Nous pourrons en reparler naturellement si vous avez des questions.

J’ai aussi eu l’occasion de le dire plusieurs fois devant votre commission : la crise sanitaire qui a bouleversé notre quotidien en 2020 n’a pas mis à mal les combats de la France. Je pense en particulier à la lutte contre le terrorisme, qui s’est poursuivie sans relâche, à la fois sur le territoire national, avec l’opération Sentinelle, renforcée depuis l’attentat de Nice, qui est passée avec une très forte réactivité de 3 000 à 7 000 militaires, mais aussi à l’étranger, principalement au Levant et au Sahel.

Au Sahel, où 5 100 militaires français sont déployés, nous continuons de désorganiser profondément les groupes armés terroristes, notamment en éliminant des responsables clés de ces organisations, comme nous l’avons fait avec l’émir d’Al-Qaïda au Maghreb islamique en juin 2020.

Depuis un an, conformément au souhait du Président de la République, nous concentrons nos efforts sur l’affaiblissement de l’Etat islamique au Grand Sahara, qui est la filiale sahélienne de Daech. L’opération Bourrasque que nous avons conduite entre le 28 septembre et le 1er novembre a notamment permis de perturber la logistique des groupes terroristes en permettant la saisie de très nombreux matériels – des motos, des ordinateurs, des moyens de communication ou bien encore des composants d’engins explosifs improvisés – sans compter les nombreux terroristes qui ont été mis hors de combat.

C’est une opération intégrée, j’insiste sur ce terme, qui a été menée conjointement par 3 000 soldats, 1 600 soldats français et 1 400 soldats des forces partenaires maliennes et nigériennes, ainsi que des moyens aériens français et alliés : Britanniques, Espagnols, Américains et Danois. C’est d’ailleurs à cette occasion que la Task Force Takuba a été engagée dans sa première opération d’envergure. Bien au-delà des succès tactiques, cette opération a participé comme d’autres opérations au retour de l’administration dans la zone des Trois frontières.

Car vous l’avez rappelé madame la Présidente, et je l’ai toujours dit, au Sahel, la solution n’est pas seulement militaire : on ne combat pas le terrorisme uniquement avec des armes. Le seul rôle de l’action militaire, c’est d’ouvrir la voie et de créer un espace pour l’action politique, le retour de l’Etat et le développement, et c’est cela que nous avions acté lors du sommet de Pau, le 13 janvier 2020.

Nous aurons l’occasion avec le sommet de N’Djamena qui est prévu mi-février de dresser le bilan des efforts qui ont été initiés au sommet de Pau, de consolider les partenariats stratégiques avec les acteurs régionaux, avec les acteurs européens et internationaux et puis de maintenir cette dynamique de coopération, notamment au sein de la Coalition pour le Sahel, à l’aube de cette nouvelle année.

Je voudrais dire un mot du Levant et je serai volontairement brève sur ces sujets, je sais que vous avez beaucoup de questions. Au Levant, près de 900 militaires au sein de l’opération Chammal continuent de lutter contre Daech au sein de la coalition internationale.

Je vous annonce par ailleurs, que la prochaine mission du porte-avions Charles de Gaulle sera de renforcer notre dispositif, dans le cadre de l’opération Chammal. Le Groupe aéronaval se déploiera ainsi au premier semestre 2021 en Méditerranée et dans l’Océan Indien. Cet engagement démontre, s’il en était besoin, notre volonté à lutter en permanence contre le terrorisme.

Je voudrais aussi dire quelques mots de la République Centrafricaine, où nous agissons dans le cadre de l’action de la communauté internationale pour garantir le retour progressif de l’Etat dans l’ensemble du pays. Aujourd’hui, nous avons près de 300 militaires français qui y sont déployés. Certains participent à la formation des forces armées centrafricaines, les FACA, dans le cadre de la mission européenne EUTM RCA, d’autres apportent leur appui à la mission des Nations Unies, la MINUSCA.

Vous avez certainement observé que samedi 9 janvier, à la demande du Président Touadera, et en appui de la MINUSCA, le Président de la République a ordonné une seconde mission de survol du territoire centrafricain par des avions de chasse français, après la première mission qui avait eu lieu le 23 décembre.

Cette mission visait à affirmer notre détermination à appuyer les efforts de normalisation qui sont portés par la communauté internationale. Elle a eu des effets immédiats sur le terrain, en particulier dans la région de Bouar où les combats se sont arrêtés. Ces opérations marquent la solidarité de la France avec le peuple centrafricain et marque aussi la condamnation des tentatives de déstabilisation d’un processus de normalisation que nous savons déjà très fragile.

Enfin, je ne peux pas achever ce tour d’horizon sans réaffirmer toute la vigilance des armées françaises en mer Méditerranée. Nous avons constaté en 2020, qu’elle était devenue le théâtre de nombreuses tensions, rivalités, de convoitises, devrais-je même dire. Par ses actions nationales comme à travers l’opération IRINI, conduite par l’Union européenne, la France défend le respect du droit international, la France défend le principe de libre navigation face à des acteurs qui n’hésitent pas à les remettre en cause. Avec nos partenaires, nous redoublerons d’attention dans cette zone en 2021.

2. [Les priorités de 2021]

J’en viens maintenant aux défis à venir, aux menaces qui nous guettent et à la manière dont nous nous y sommes préparés. Nous travaillons ensemble depuis presque trois ans et demi, et le monde devient de plus en plus dangereux. La France doit donc plus que jamais s’efforcer de promouvoir une convergence de vues et d’action européenne : c’est la seule manière de faire durablement face à des menaces qui se présentent à nous. A nous, Français et à nous, Européens.

Nous avons fait ces derniers mois un travail important d’actualisation de notre analyse du contexte géostratégique. Et je vous annonce que nous publierons prochainement ces travaux, qui prendront la forme d’une nouvelle version de la Revue stratégique que nous avions conduite en 2017, revue à l’aune des événements et des évolutions qui ont marqué ces trois dernières années. Je ne verrais à cet égard que des avantages, Madame la Présidente, à ce que vous organisiez une audition spécifique afin que nous puissions en débattre.

Au regard des conclusions de cette revue stratégique actualisée, je constate que la LPM, ses ambitions et ses priorités, conservent toute leur pertinence.

Pour cette année 2021, nous avons selon moi 5 priorités qui doivent guider notre action :

1. Tout d’abord, la relance économique de notre pays ;

Le ministère des Armées, vous le savez, compte bien prendre toute sa part dans l’effort de relance économique de la France, qui est nécessaire pour se relever de la crise sanitaire dans laquelle nous sommes encore.

· Dans ce contexte, la loi de programmation militaire est une contribution essentielle à la relance économique de notre pays. Vous le savez, sur la première partie de cette loi 2019-2023, sur 5 ans, ce sont 110 milliards d’euros qui sont injectés dans l’économie pour les équipements, les infrastructures, ainsi que le maintien en condition opérationnelle : c’est donc, et je le dis avec force un plan de relance à soi tout seul, pour les seules questions de défense ;

· Je rappelle également que nous serons le 1er recruteur de l’Etat avec plus de 26 000 recrutements, c’est plus encore que les années précédentes ;

· Et enfin, j’ajoute que nous avons, dans le cadre de l’appel à projets au titre de la rénovation énergétique des bâtiments du plan de relance gouvernemental, obtenu 207,4 millions d’euros pour conduire les projets présentés par le ministère des Armées.

2. Deuxième priorité, la poursuite de la lutte contre le terrorisme au Levant comme au Sahel où nous devons pérenniser nos partenariats ;

Au Levant, la France est toujours engagée et la France considère que Daech est toujours présent. On peut même parler, je crois, d’une forme de résurgence de Daech en Syrie et en Irak. Depuis la chute de Baghouz, c’était en mars 2019, on constate que l’Etat islamique reprend des forces. Il fait des victimes sur ce théâtre mais il représente aussi, nous ne l’oublions jamais, une menace pour l’Europe et pour la France qui n’a pas oublié que les attentats de janvier et novembre 2015 ont été planifiés depuis cette zone et que des terroristes, comme ça a été le cas cet automne à Conflans ou à Nice, ont été inspirés par les discours de haine tenus par cette organisation et par ses semblables.

Au Sahel, le sommet de Pau a permis d’ancrer des partenariats de plus en plus solides, avec les pays sahéliens mais aussi avec nos alliés européens et internationaux. Il nous faudra donc les prolonger et les renforcer.

Là aussi je ne doute pas qu’il y aura des questions sur ce sujet et donc je ne le développe pas davantage à ce stade.

3. Troisième sujet prioritaire, nous devons poursuivre la construction de l’Europe de la défense et contribuer activement à la préparation de la présidence française de l’Union européenne ;

Je tiens à souligner les progrès réalisés dans ce champ : nous avons avancé sur tous les plans – opérationnel, réflexion, coopération industrielle et du financement : je pense à la Facilité européenne de paix qui entrera en vigueur en 2021, je pense au Fonds européen de défense qui est doté de 8 milliards d’euros. Puis, je pense aux travaux de la boussole stratégique nous permettent pour la première fois d’établir une analyse des menaces pesant sur l’Union européenne, agréée par les 27 Etats-membres. Lors de notre présidence du Conseil de l’Union européenne, c’est un outil qui nous permettra de porter une nouvelle ambition pour l’Europe de la Défense.

Nous pourrons reparler ensemble du SCAF, du MGCS (char du futur) et de l’ensemble des projets de coopération industrielle que nous portons avec nos voisins européens, et avec les Allemands au premier chef.

4. Quatrième priorité, nous continuerons de moderniser nos armées pour faire face aux menaces du futur dans les nouveaux champs de confrontation ;

C’est toute la raison d’être de la LPM. Quant aux champs de confrontation, je pense naturellement au cyberespace – je rappelle que l’hôpital militaire de Sainte-Anne a fait l’objet d’une attaque informatique en 2019 –, et je pense aussi à l’espace, domaine où nous investissons beaucoup, je voudrais d’ailleurs me féliciter du lancement réussi du satellite CSO-2 le 29 décembre dernier, et enfin je pense au champ informationnel. On voit bien les campagnes de désinformation se multiplier, notamment en RCA, mais aussi au Sahel, là encore, nous pourrons en reparler.

5. Et enfin, cinquième priorité, il nous faudra donner un nouveau souffle à nos alliances.

Je pense notamment aux Etats-Unis, où l’installation prochaine de la nouvelle administration américaine est porteuse d’espoir car elle remet au centre le principe même du dialogue et de la coopération. Ce qui ne veut évidemment pas dire que nous allons être d’accord sur tout mais que nous aurons la possibilité d’échanger de façon constructive sur tous les grands défis pour notre sécurité : le terrorisme, la prolifération et notamment le nucléaire iranien, mais aussi la maîtrise des armements, ou encore les stratégies de puissance de la Russie et de la Chine.

Je pense aussi à l’OTAN qui fait face à certains questionnements mais qui reste la pierre angulaire de notre sécurité collective et qui a engagé une réflexion approfondie pour renforcer sa cohésion interne et s’adapter aux nouveaux défis de sécurité.

Et puis je pense enfin au Royaume-Uni, un partenaire qui reste essentiel pour la sécurité de l’Europe au lendemain du Brexit et, avec lequel nous voulons poursuivre notre coopération, tant dans le cadre de l’Union européenne que dans celui des accords bilatéraux de Lancaster House.

Enfin, il reste une dernière priorité, celle qui me poursuit depuis que je suis à la tête de ce ministère et qui ne quitte jamais mon esprit, c’est : communiquer et expliquer sans cesse le sens de notre action aux Français. Nous savons que ces moyens exceptionnels nous confèrent une responsabilité exceptionnelle. J’ai répété maintes fois devant vous que chaque euro dépensé doit être un euro utile, et c’est encore plus indispensable en ces temps où la Nation traverse des épreuves inédites.

Nos armées jouissent d’un fort soutien de la population. Et ce soutien est extrêmement précieux ; mais il ne doit jamais être considéré comme acquis. Et je sais qu’à nos côtés, vous œuvrez pour l’entretenir au quotidien, et je ne peux que vous encourager à continuer de le faire.

Je vous remercie et je passe la parole à la ministre déléguée.

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Les voeux 2020 du président

pour vous souhaiter une bonne année et pour ceux qui n’ont pas eu le temps de le regarder, un résumé du discours des voeux du président. Comme il l’avait déjà fait, il s’est présenté en chef des armées et commençant par saluer les morts et les victimes.

Je vous ai joint l’intégrale du discours en Annexe

L’année 2020 a été marquée par des efforts, mais nous avons fait les bons choix qui nous permettent d’avoir bien résisté. J’ai d’abord une pensée pour les 64 000 victimes et les plus précaires, ainsi qu’une grande reconnaissance pour les soignants.

Nous soutiendrons les acteurs de la culture, du sport et de la restauration. L’épreuve a révélé la solidité de la nation. Malgré la pandémie nous avons continué les réformes comme la baisse des impôts, le congé paternité et de nouveaux droits. Notre pays est un de ceux qui ont le mieux résisté, et qui est le plus intervenu pour soutenir et protéger.

Le Royaume Uni a quitté l’Europe, mais pour nous l’Europe reste la boussole et le but. Nous avons su convaincre l’Allemagne de l’intérêt d’un grand plan de relance. 

Le président énumère ensuite des français modestes mais héroiques et méritants. Marie Corentine, Jean Luc, Gerald, Lucas 11 ans qui a donné sa tablette à des personnes âgées. J’ai été surpris et déçu de n’être pas cité.

Notre nation a montré unité et résilience, les défis à venir 

– la transition écologique

– la lutte pour nos valeurs laicité fraternité sécurité

L’espoir c’est le vaccin. L’espoir c’est notre art de vivre, c’est notre jeunesse à qui nous avons beaucoup demandé, et nous sommes débiteurs vis à vis d’elle

Regardons notre avenir, soyons fiers d’être français, vive la République et vive la France

ANNEXE INTEGRALE DU DISCOURS DISPONIBLE SUR LE SITE DE L ELYSEE

Françaises, Français,

Mes chers compatriotes de l’hexagone, d’outre-mer et de l’étranger,

Ce soir, nous ne vivons pas un 31 décembre comme les autres.

Là où, dans nos villes et nos villages, l’heure est d’habitude aux grands rassemblements, ils sont cette année interdits par l’épidémie : les places de nos communes sont éteintes, nos foyers moins joyeux qu’à l’accoutumée.

L’année 2020 s’achève donc comme elle s’est déroulée : par des efforts et des restrictions. Et j’ai pleinement conscience, par les décisions que j’ai eues à prendre, des sacrifices que je vous ai demandés.

Je suis sincèrement convaincu que nous avons fait les bons choix aux bons moments et je veux vous remercier de votre civisme. De cet esprit de responsabilité collective par lequel nous avons sauvé tant de vies et qui nous permet aujourd’hui de tenir mieux que beaucoup face à l’épidémie.

En votre nom, j’ai ce soir une pensée pour les 64 000 victimes de ce virus, leurs familles et leurs proches. Des parents, des amis, des pans entiers de l’imaginaire français nous ont quitté ces derniers mois.

Oui, cette année 2020 a été difficile. Elle nous a rappelé nos vulnérabilités. Elle a été encore plus injuste pour les plus fragiles. Mais ensemble nous en sortons encore plus unis, et en ayant beaucoup appris.

J’ai aussi une pensée pour tous nos compatriotes vivant dans la précarité, parfois la pauvreté, pour qui la crise que nous traversons rend le quotidien plus difficile encore.

Je veux dire notre reconnaissance à ceux qui se sont mobilisés pour soigner, nourrir, éduquer, protéger, à tous ceux qui par leur travail, leur engagement nous ont permis de tenir debout et ensemble durant ces mois difficiles. Et qui ce soir encore, le font pour la Nation.

A nos concitoyens œuvrant dans les secteurs de la culture, du sport, de la restauration, de l’hôtellerie, du tourisme, ou de l’évènementiel, aux étudiants qui ont souffert et souffrent encore davantage que les autres, je veux leur redire que nous serons là.

Evidemment pour réussir à sortir au plus vite de cette situation.

Et pour leur permettre de tenir dans cette période si dure et injuste pour eux où nous leur demandons de travailler autrement, et parfois même de renoncer à leur activité.

Cette épreuve historique a aussi révélé la solidité de notre Nation.

Malgré la pandémie, nous n’avons jamais renoncé à poursuivre notre ambition de progrès pour chacun en baissant les impôts, en ouvrant de nouveaux droits comme le congé pour les aidants, l’allongement du congé paternité, en soutenant, par des primes, la conversion de notre parc automobile, en ouvrant sur tout le territoire des maisons France services, en investissant dans notre souveraineté et notre recherche de manière historique, en agissant pour produire davantage en France, en Europe.

Nos soignants ont non seulement tenu mais nous avons engagé une transformation en profondeur et des investissements historiques pour notre santé, dont les prochaines années révéleront la pertinence.

Notre pays est l’un de ceux qui est le plus intervenu pour protéger et accompagner les jeunes, les travailleurs, les entrepreneurs. Ce « quoi qu’il en coûte », je l’assume car il a permis de préserver des vies et de protéger des emplois. Il nous faudra bâtir ensemble les réponses qui permettront de ne pas en faire un fardeau pour les générations futures.

Ce soir pour la première fois un pays, le Royaume-Uni, quittera l’Union Européenne. Nous avons scellé il y a quelques jours un accord pour organiser nos relations futures avec lui en défendant nos intérêts, nos industriels, nos pêcheurs et notre unité européenne. Le Royaume Uni demeure notre voisin mais aussi notre ami et notre allié. Ce choix de quitter l’Europe, ce Brexit, a été l’enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et de fausses promesses. Mais je veux moi vous dire très clairement : notre destin est d’abord en Europe.

Notre souveraineté est nationale et je ferai tout pour que nous retrouvions la maîtrise de notre destinée et de nos vies. Mais cette souveraineté passe aussi par une Europe plus forte, plus autonome, plus unie. C’est ce que nous avons bâti en 2020.

Parce que nous avons su conduire les transformations nécessaires et renforcer notre crédibilité, nous avons su convaincre l’Allemagne puis les autres membres de l’Union Européenne de concevoir un plan de relance unique et massif et de décider d’un endettement commun et solidaire pour mieux préparer notre avenir en nous engageant dans la transition écologique et numérique et en créant autant d’emplois que nous le pouvons pour notre jeunesse.

Oui, cette année 2020 ne se résume pas à l’épidémie même si celle-ci a changé nos vies.

Elle a aussi à mes yeux révélé des parcours exemplaires qui sont autant de boussoles pour les temps à venir.

Notre plus grande fierté en effet ce sont les Françaises et les Français. Vous.

***

Marie-Corentine a 24 ans. Au printemps dernier, cette infirmière fraîchement diplômée originaire de Limoges n’a pas hésité à tout quitter pour prêter main forte aux équipes de l’hôpital de Créteil débordées par l’afflux des malades du virus.

Jean-Luc est chauffeur-éboueur en Guyane. Avec ses collègues Anthony et Maxime, ils n’ont jamais cessé de travailler depuis le début de la pandémie. Au plus fort du confinement, ils constituaient cette « deuxième ligne » qui a permis au pays de continuer à vivre, et à la vie de continuer.

Gérald est entrepreneur près d’Angers. Pour faire face à la demande de masques, il a, avec ses salariés, réussi la prouesse d’ouvrir ses usines 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et, plus récemment, d’en installer une autre en un temps record.

Lucas a 11 ans et habite Béthune. Lorsqu’il a découvert la situation d’isolement des personnes âgées atteintes de la COVID-19 dans l’hôpital de sa ville, il n’a pas hésité une seconde et a fait don de sa tablette pour leur permettre de communiquer avec leurs proches et de retrouver le sourire. Il a été suivi par de nombreux autres.

Rosalie est libraire à Bagnolet en Seine-Saint Denis. Comme tous ses confrères, elle a beaucoup souffert de la fermeture des commerces, malgré les aides, elle a su innover. Mettre en place un site internet pour permettre la vente à emporter lors des semaines les plus dures. Et les clients, à Noël, ont répondu présents.

Romain est gendarme à Tende, dans les Alpes-Maritimes. La nuit du 2 au 3 octobre, des inondations menacent d’emporter une maison de retraite. Au péril de sa vie, il parvient à évacuer plus de 70 résidents, leur sauvant la vie. Avec les policiers de Nice, qui ont mis fin à l’attentat de la Basilique Notre-Dame de l’Assomption, avec Arno, Cyrille et Rémi, gendarmes tués alors qu’ils portaient secours à une femme battue dans le Puy de Dôme, avec Tanerii, Dorian et Quentin, militaires morts lundi dernier en opération au Mali, ils sont des héros de la Nation.

Medhi est professeur de sciences économiques et sociales dans les quartiers Nord de Marseille. Comme des milliers d’enseignants, il a eu, quelques jours après l’assassinat de Samuel PATY, à organiser un cours sur la laïcité. Pour cela, il a pris le temps de se former auprès d’autres professeurs et d’inspecteurs d’académie. Avec courage, il est alors revenu auprès de ses élèves sur nos valeurs, leur histoire. Assumant cette haute mission de notre école, de nos enseignants : faire des républicains.

Wendie est footballeuse. Comme tous les sportifs amateurs et professionnels, elle a vécu une saison difficile avec des entraînements impossibles, des compétitions décalées, des matchs sans public. Pourtant, elle a puisé en elle la force d’âme d’aller remporter avec son club de toujours une 7ème Ligue des champions, un record, et de nous faire rêver dans cette période grise.

Mauricette a 78 ans. Elle réside dans une maison de retraite de Sevran et il y a quelques jours, vous l’avez tous vu, comme moi, elle a été la première française à se vacciner contre la COVID 19, envoyant, contre l’obscurantisme et le complotisme, un magnifique message d’espoir pour l’année qui s’ouvre.

Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de votre sœur, de votre voisin, de vos amis, de ces milliers d’anonymes qui, engagés et solidaires, ont tenu notre pays dans l’épreuve.

Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de l’espérance. Ceux de France.

***

Mes chers compatriotes,

Notre Nation a traversé cette année avec une telle unité et une telle résilience : rien ne peut lui résister.

Notre Nation a été capable, dans ces temps difficiles, de tant d’innovation, d’inventivité, de générosité : tout lui est possible.

En 2021, quoi qu’il arrive, nous saurons donc faire face aux crises – sanitaire, économique et sociale, terroriste, climatique – qui ne s’éteindront pas avec le 1er janvier. Les premiers mois de l’année seront difficiles et, au moins jusqu’au printemps l’épidémie pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays.

En 2021, quoi qu’il arrive, parce que nous nous y sommes préparés, nous saurons aussi relever les défis à venir :
– la transition écologique et la protection de la biodiversité, avec la mise en œuvre des propositions de la convention citoyenne, et d’autres réformes.
– la lutte pour la République et pour nos valeurs, la laïcité, la fraternité, pour plus de sécurité. – la poursuite de notre engagement pour le mérite, le travail, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les inégalités et les discriminations.

Les épreuves que nous avons affrontées auraient pu émousser notre enthousiasme, désaltérer l’espoir. Il n’en n’est rien.

L’espoir est là dans ce vaccin que le génie humain a fait advenir en un an seulement. C’était impensable il y a encore quelques mois. Et je vous le dis avec beaucoup de détermination ce soir : je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquelles la vaccination doit se faire. Je ne laisserai pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s’installer : chaque Français qui le souhaite doit pouvoir se faire vacciner. De manière sûre et dans le bon ordre, en commençant par ceux qui présentent le plus de risques.

L’espoir est là, et l’espoir grandit chaque jour dans cette relance qui déjà frémit en France plus qu’ailleurs et qui va nous permettre, dès le printemps, d’inventer une économie plus forte, tout à la fois créatrice d’emplois, plus innovante, plus respectueuse du climat et de la biodiversité et plus solidaire. Et je sais le Premier ministre et le gouvernement pleinement mobilisés.

L’espoir vit dans la liberté que nous retrouverons, dans la force de notre culture, de notre art de vivre à la française, dans les leçons aussi que nous saurons tirer de cette crise pour plus de simplicité, d’efficacité, et parfois tout simplement, de bon sens.

L’espoir vit dans notre jeunesse. Nous lui avons tant demandé : des sacrifices, de renoncer aux rencontres qui sont à cet âge plus qu’à d’autres le sel de la vie. Nous lui avons tant demandé pour sauver des vies en particulier celles des plus fragiles de nos aînés. Nous sommes donc ses débiteurs pour nos choix à venir et je m’y engage : c’est pour notre jeunesse que nous devons continuer à agir, à transformer, à avancer. Nous n’ajouterons pas au coût de la crise, celui de l’inaction.

En luttant contre le virus, en nous battant contre ses conséquences économiques et sociales, en refondant une société plus forte, fraternelle et durable, c’est la France de 2030 que nous bâtirons. Tel est notre cap.

Alors ensemble, dans la concorde, regardons devant nous, regardons notre avenir, préparons dès aujourd’hui ce printemps 2021 qui sera le début d’un nouveau matin français, d’une renaissance européenne.

Restons ce peuple uni, solidaire, fier de son histoire, de ses valeurs, de sa culture, confiant dans l’avenir et le progrès, sûr de son talent et de son énergie et ambitieux pour lui-même. Quoi qu’il arrive.

Soyons fiers. Fiers d’être « nous », les Français, la France.

Voilà mes chers compatriotes.

Bonne année à tous.

Que 2021 soit une année heureuse pour chacune et chacun et une année utile pour notre pays.

Vive la République.

Vive la France.

Discours du président du 6 janvier 2021 en solidarité avec l’Amérique

hier des partisans de Donald Trump se sont introduits de force au Capitole, le temple de la démocratie américaine pour perturber la séance de validation de l’élection de Joe Biden

La démocratie américaine a montré sa solidité en validant l’élection de Joe Biden, et en lui donnant la majorité au sénat, avec en particulier un sénateur noir.

Trump aura finalement tout perdu, la présidence, la chambre des représentants et le sénat.

En réaction à cette violation de la démocratie le président Emmanuel Macron a mis en ligne un petit discours amical, s’affirmant ainsi sur le plan international un des plus fervents soutien de la démocratie américaine, répondant ainsi au cri de La Fayette nous voilà des américains qui débarquèrent en Normandie le D Day

Quand les partisans en armes s’en prennent au temple de la démocratie, c’est l’idée de la démocratie qui est menacée.

Avec La Fayette la France a aidé l’Amérique, et l’a reconnue avec Toqueville. Les Américains furent à nos côtés lors des deux guerres mondiales.

Aujourd’hui la France est solidaire de l’Amérique et de sa démocratie, je lui renouvelle mon amitié .

I just wanted to express our friendship and our faith in the United States.

WHAT HAPPENED TODAY IN WASHINGTON DC IS NOT AMERICA, DEFINITELY.

7 JANVIER 2021 – SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

Ce 6 janvier, alors que se tenait une session du Congrès américain devant confirmer la victoire du Président Biden aux élections de novembre 2020, quelques individus violents se sont introduits dans le temple séculaire de la démocratie américaine : le Capitole.

Une femme a été tuée.

Quand, dans une des plus vieilles démocraties du monde, des partisans d’un Président sortant remettent en cause, par les armes, les résultats légitimes d’une élection, c’est une idée universelle – celle d’un homme, une voix – qui est battue en brèche.

Depuis le XVIIIème siècle, les Etats Unis d’Amérique et la France sont liés par un pacte de liberté et de démocratie.

La France, avec La Fayette, a soutenu le peuple américain dans sa quête de liberté et d’indépendance.

La France, avec Alexis de Tocqueville, a reconnu les Etats Unis d’Amérique comme un emblème de la démocratie.

Les Etats Unis d’Amérique, durant le 20ème siècle, lors des deux guerres mondiales, se sont tenus aux côtés de la France à chaque fois que son indépendance, sa liberté, furent menacées.

Alors aujourd’hui, la France se tient aux côtés du peuple américain avec force, ferveur et détermination, et aux côtés de tous les peuples qui entendent choisir leurs dirigeants, décider de leurs destins et de leurs vies, par ce choix libre et démocratique des élections. Et nous ne cèderons rien à la violence de quelques-uns qui veulent remettre en cause cela.

C’est notre choix, depuis plusieurs siècles, de mettre la dignité humaine, la paix, le respect de l’autre, la reconnaissance de la liberté au-dessus de tout, qui est aujourd’hui menacé dans nos démocraties.

C’est pourquoi ce soir, je veux dire notre confiance dans la force de la démocratie américaine.

Je veux dire notre amitié à l’égard du peuple et de la démocratie américaine.

Je veux dire notre lutte commune pour que nos démocraties sortent plus fortes de ce moment que nous vivons tous aujourd’hui.

I just wanted to express our friendship and our faith in the United States.

What happened today in Washington DC is not America, definitely.

We believe in the strength of our democracies. We believe in the strength of American democracy.

Les leçons de l’année 2020

l’année 2020 se termine, alors quelles leçons pouvons nous tirer d’une période assez particulière?

Souviens toi que tu es mortel

disait un esclave au général lors de son triomphe à Rome, au faîte de sa gloire. C’est bien ce message que l’épidémie est venue nous donner à tous. Les progrès de la médecine avaient fini par nous faire croire que nous étions débarrassés des maladies et des épidémies qui, pendant des siècles avaient décimé l’humanité. Nous avions pourtant été largement prévenus de la grande probabilité d’un tel événement.

La science est revenue au premier plan, et a conseillé nos princes, du moins ceux qui ont compris le sérieux de la menace. Nous sommes en guerre nous a dit notre président, et il s’est comporté en chef des armées, livrant des batailles contre un ennemi bien présent, mais difficile à combattre. Par l’opération résilience, l’armée et le SSA est venue soutenir la population.

Les scientifique ont réussi un exploit qui nous redonne espoir, un vaccin en moins d’un an.

Il me semble au passage que des militaires comme vous peuvent réfléchir à cette question, sommes nous en guerre? C’est en tous cas ce que nous a dit le chef des armées. Comme toujours, il me semble que la réponse est loin d’être évidente, mais le problème est intéressant et mérite d’être posé. Il le sera peut être lors d’un prochain écrit, ou un oral…

Avec la maladie, nous avons aussi mieux pris conscience de la fragilité de notre situation, et de la nécessité d’intensifier la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi la fraternité, comme l’a dit François, entre les hommes. Pour ça je compte sur les pompiers de Paris qui, comme mes collègues des centrales, n’ont pas arrêté de travaillé.

En même temps que la situation sanitaire, de grandes difficultés ont secoué notre économie. C’est à la fois une crise de l’offre avec des entreprises qui ont du mal à produire, mais surtout une crise de la demande, avec une consommation qui s’est effondrée. Dans certains secteurs comme l’aéronautique, elle fut fatale. 

Ces crises ont marqué le retour des états, qui ont dans chaque pays géré la situation, sans que les institutions internationales (G20 OTAN ONU) ne soient très présentes. L’Europe, absente au début à fait un retour brillant avec le plan de relance financé par un emprunt communautaire dont l’ampleur a rappelé le plan Marshall. Emmanuel Macron a réussi à convaincre Angela.

Au niveau français, comme dans la plupart des pays, la politique a consisté d’une part à confiner la population, et d’autre part à soutenir les entreprises et les travailleurs en difficulté. Les aides ont été massives, et les déficits comme la dette publique se sont creusés fortement (celle ci atteint 120% du PIB) Les notions économiques traditionnelles (réduction des déficits et des dettes) ont été profondément changées. Il faut dépenser pour soutenir l’économie, dans des proportions telles qu’on commence à se demander si on pourra rembourser cette dette, et si c’est souhaitable.

François Mitterrand avait commenté la guerre contre l’Irak, conduite sous l’égide de l’ONU et des états unis. Emmanuel Macron s’adresse régulièrement au peuple pour lui présenter ses décisions et son analyse. Et il est écouté. Au pays des gilets jaunes, les deux confinements ont été dans l’ensemble bien respectés.

Mais le monde d’après sera y il différent du monde d’avant? Quand on observe la situation actuelle , on pourrait être tenté de partager l’analyse de Jean Yves le Drian qui nous avait dit que le monde d’après serait le monde d’avant mais en pire.

Au niveau français, l’année a aussi été marquée par la mort du président Giscard d’Estaing, qui souhaitait regarder la France au fond des yeux, lui dire son message et écouter le sien. Il avait su comprendre finalement la signification de mai 68, et de la volonté des français de réformer la société (ce que le général n’avait pas su faire) Les transformations furent profondes et rapides, et obtenues souvent en s’appuyant sur l’opposition ( en particulier pour l’IVG) Mais à la fin les français se sont éloignés de lui et ne l’ont pas réélu. Une leçon pour notre président?

Et enfin, au niveau international, les élections américaines. Comment est on passé de Yes We Can à America Great Again, et maintenant à America United Again.

Une première question, comment expliquer le succès de Donald Trump qui au dernière élections a encore battu un record en terme de nombre de voix. D’autant que la tentation du populisme n’épargne ni l’Europe, ni la France. Les gilets jaunes étaient aussi un mouvement qui voulait détruire les élites et la démocratie. 

Comment est on passé d’un président éclairé et consensuel comme Barak Obama à un extrémiste comme Donald Trump? Dans la situation difficile que nous traversons, les américains des banlieues et des campagnes ont un peu réagi comme les gilets jaunes, en s’attaquant aux élites et à l’héritage de l’Amérique gendarme du monde.

Heureusement, les américains ont élu Joe Biden, nous montrant une fois de plus la force de la démocratie américaine qui aura finalement réussi à faire plier Trump, ce qui n’était pas gagné.

Les principales formes de coopération

La coopération est un état d’esprit et un mode de comportement ou les individus conduisent leur relations et leurs échanges d’une manière non conflictuelle ou non concurrentielle, en cherchant les modalités appropriées pour analyser ensemble et de façon partagée les situations et collaborer dans le même esprit pour parvenir à des fins communes ou acceptables par tous. Elle est le contraire de la concurrence. Le terme désigne l’action elle même ou l’institution chargée de cette action.

Cet état d’esprit semble tout à fait nécessaire en ce moment puisque le président l’a souligné dans son entretien au Grand Continent que je vous ai transmis. Pour lui c’est un des enjeux majeurs du monde actuel.

J’en retiendrai deux, d’abord l’Union Européenne qui me semble une des coopérations les plus achevées et les plus performantes au monde, et sans doute un exemple unique, même si l’attitude actuelle de la Pologne et de la Hongrie qui veulent bloquer le plan de relance en montre la difficulté.

Je citerai aussi les routes de la soie, le projet mondial de la Chine qu’on peut lire soit comme le renouveau de la coopération internationale qu’étaient ces routes dans l’antiquité, soit comme une volonté de la Chine d’asseoir sa position de grande puissance mondiale. 

Coopération politique européenne

Elle trouve son origine dans le rapport Davignon adopté en 1970 par les 6 états membres de cl CEE. L’objectif est de développer la coopération intergouvernementale dans le domaine de la politique internationale en vue de parvenir à la définition puis à l’adoption de positions communes. C’est un espace d’échanges diplomatiques entre les états européens.

Cette structure rassemble le conseil européen le conseil des ministres des affaires étrangères, et la présidence de la CEE.

Elle devient le deuxième pilier du traité de Maastricht en 1992 et prend le nom de PESC.

Elle sert aujourd’hui de base à la politique extérieure de l’union au proche orient. Le président parle maintenant d’autonomie stratégique, c’est à dire de la possibilité de décider de façon autonome sans dépendre d’autres pays.

Coopération militaire

La direction de la coopération militaire et de défense était une administration française relevant du ministère des affaires étrangères. Elle s’est transformée en 2009 en direction de la coopération de sécurité et de défense. Elle met en œuvre dans ces domaines, sous forme de projets de coopération bilatéraux ou multilatéraux des actions de formation, d’expertise et de conseil dont elle assure le pilotage te la gestion.

23 pays de l’union européenne ont pris acte, lundi 13 novembre 2017 de leur intention de s’engager dans une coopération militaire renforcée, avec pour ambition de relancer l’Europe de la défense. Cette coopération devrait dans un premier temps déboucher sur le développement commun de matériels. Cette initiative devrait se traduire dans un livre blanc européen de la défense et de la sécurité;

On ne peut pas évoquer ce sujet sans évoquer l’OTAN, une forme de coopération qui permettait aux états unis de se présenter comme le champion du monde libre, et aux européens de bénéficier du parapluie nucléaire américain. Son rival le pacte de Varsovie n’a pas connu un grand succès.

Coopération économique

L’organisation européenne de coopération économique a été instituée le 16 avril 1948. L’objectif premier était de préparer le programme européen de relèvement. Elle devait aussi allouer les fonds du plan Marshall. Elle a commencé de décliner après 1952. En 1961, elle a été remplacée par l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) organisation mondiale. Elle encourage la libéralisation économique au travers du libre échange et de la concurrence pour stimuler l’innovation et les gains de productivité. Pour lutter contre le chômage, elle recommande la flexibilité du marché du travail.

Le plan de relance conçu au niveau européen par la France et l’Allemagne fait penser au plan Marshall, et témoigne d’une vigueur nouvelle de la coopération économique européenne.

Coopération culturelle

L’agence de coopération culturelle et technique fondée en 1970 est chargée d’intensifier le coopération culturelle et technique entre ses membres. Elle intervient comme opérateur principal de la francophonie dans les domaines de l’éducation et de la formation des sciences et technique de l agriculture de la culture et de la communication du droit de l environnement et de l énergie.lors de sa formation elle regroupe 21 membres. En 1996 elle devient l’agence de la francophonie

Il faut aussi citer le projet européen Erasmus qui permet de nombreux échanges entre les étudiants des différents pays.

Coopération scientifique

Garantir le processus de convergence vers l’Europe de la connaissance est le grand objectif de la proposition de budgétisation 2018 de l’état dans le domaine de la science la technologie et l’enseignement supérieur. 4 mesures le constituent concrétiser le contrat avec les universités et les instituts polytechniques pour renforcer le financement. Renforcer les compétences digitales chez les citoyens renforcer l’emploi scientifique. D’autre part, la reconnaissance récente par de nombreux pays de l’importance de la science dans la diplomatie invite à réaffirmer l’exemplarité française ou la cohérence de cette action mobilise son réseau diplomatique au service de l’attractivité de la France.

La recherche scientifique est par nature un domaine de coopération car un de ses piliers et du travail principal des chercheurs reste les publications qui permettent aux scientifiques des différents pays d’échanger leurs idées et leurs résultats. De façon nationale, la recherche est un petit monde où tout le monde se connaît et apprécie les échanges. Je le mesure quotidiennement avec le travail de mon fils Sébastien en optique qui est passé du CNRS à Thales en continuant à travailler avec les mêmes partenaires.