Discours de rentrée de Florence Parly 13 septembre 2021

La ministre commence par remercier tous les militaires impliqués dans Sentinelle cet été, dans la lutte contre les feux de forêt, au Sahel, le SSA en Martinique, et l’opération Apagon qui a permis en quinze jours de rapatrier 3000 personnes de Kaboul.

1 Les enseignements de la crise afghane

1 La lutte contre le terrorisme est nécessaire et doit se poursuivre. D’abord on peut se demander quelle sera l’attitude des Talibans vis à vis d’Al Quaida. Des engagements ont été pris à Doha mais on a quelques doutes. L’implantation de Daesh en Afghanistan est réelle comme l’a montré l’attentat de Kaboul. 

2 l’Europe de la défense est nécessaire , la sécurité des européens est d’abord l’affaire des européens

3 La LPM porte ses fruits. Le pont aérien a été assuré par trois A400M livrés dans le cadre de la LPM. 

2 Priorité 1 l’exécution de la LPM

Cette loi 2019 2025 est notre succès. C’est notre bataille du quotidien. Elle redonne aux armées ce qu’on leur avait pris. Le président de la République a mis fin à la période de baisse des budgets en consentant des efforts inédits. Je suis bien entourée avec l’état major des armées, la DGA, et les directions des personnels militaires. On voit les effets sur le terrain avec les livraisons qui se poursuivent. 

3 Priorité 2 Le soutien à l’économie

Notre soutien à la relance et à l’économie française est déterminant.Notre activité a permis de créer plus de 36 000 emplois en 4 ans. Le SCAF en est l’exemple emblématique. 

4 Priorité 3 construire les armées du futur en adaptant notre ministère aux enjeux de demain

Avec le développement du cyber, de l’espace et des champs informationnels. Nous allons recruter 1900 cybercombattants d’ici 2025. Il faudra aussi regarder au fond des mers. Nous devons aussi réussir l’adaptation de notre dispositif au Sahel.

5 Préparer la présidence française de l’Union Européenne

La Boussole Stratégique, futur document stratégique de l’Union Européenne sera un des principaux moyens. Nous devons porter la défense européenne. Nous devons aussi faire attention à certaines évolutions réglementaires comme la directive européenne sur le temps de travail.

Le nucléaire et l’indépendance de la France

LE NUCLEAIRE ET L INDEPENDANCE DE LA FRANCE

Depuis que le général de Gaulle a lancé le développement du nucléaire français avec la création du commissariat à l’énergie atomique (CEA) le nucléaire français est synonyme d’indépendance de la France, sur les plans militaire et civil.

1- le nucléaire militaire

La grande idée du général quand il est revenu à la tête de l’état en 1958 était de doter la France de l’arme atomique et de disposer ainsi d’une dissuasion autonome. Il avait compris que pour être indépendante et respectée, la France devait faire partie des pays ayant un siège au conseil sécurité de l’ONU et dotés de l’arme atomique, c’est à dire des cinq grands pays du monde.

Il s’impliqua lui même dans le suivi de ce projet et porta l’effort militaire à 5 % du PIB, sans rencontrer aucune opposition.

Assez rapidement la France allait entrer dans le club très restreint des pays dotés de l’arme atomique, symbole de pouvoir et d’indépendance.

C’est le CEA qui allait se charger du développement, de la mise au point puis de la maintenance de l’arme nucléaire, au travers de sa prestigieuse division la DAM(division des applications militaires)

Le CEA-DAM répond aux enjeux stratégiques de la dissuasion nucléaire : fabrication des têtes des armes nucléaires, qui équipent les forces nucléaires aéroportée et océanique, fabrication des réacteurs nucléaires de propulsion navale et lutte contre la prolifération nucléaire

L’acceptation politique du nucléaire militaire est unanime, puisque depuis le président François Mitterrand, la gauche initialement réservée est devenue très favorable à cette option.

Il faut quand même noter la position récente du pape François désormais opposé à la dissuasion nucléaire, mais surtout favorable à la relance des négociations de désarmement, ce qu’ont arrêté de faire les américains.

2- le nucléaire civil

Avec 58 réacteurs répartis sur 19 sites nucléaires, la France dispose du parc nucléaire le plus important du monde en proportion de sa population. Chaque année, environ 405 TWh d’énergie nucléaire sont produits.

Le nucléaire se développe en France à partir de 1963. Après avoir testé la technologie graphite-gaz (1ère génération) en construisant neuf réacteurs de ce type la France décide en 1968, pour des raisons techniques et économiques, de se tourner vers la filière à eau sous pression REP (2ème génération), conçue et développée par les états-unis.

La France a développé un programme ambitieux de construction de centrales nucléaires qui lui a permis de devenir indépendante des fournisseurs d’énergie fossile, et en particulier de pétrole, très utilisé dans les années 1970 pour produire de l’électricité. Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont fait exploser la facture énergétique.

A l’heure actuelle, la production électrique est assurée à 75 % par le nucléaire, et la majorité du reste par l’hydraulique, qui est au maximum de ses capacités.

La part du coût du combustible dans la production nucléaire est faible, on peut pour faire simple dire que l’essentiel du coût de l’électricité nucléaire est représentée par la main d’oeuvre EDF, un poste très stable et complètement national.

Il se trouve en plus que le nucléaire ne produit aucun gaz à effet de serre, rendant la production française d’électricité parmi les plus performantes du monde dans ce domaine.

Il convient d’ajouter que pour un pays comme la France ne disposant pas de ressources propres dans le domaine des énergies fossiles, tout autre mode de production (gaz, charbon ou pétrole, les seules solutions actuelles) augmenterait fortement le coût et rendrait le pays dépendant de la Russie ou des pays du golfe, hautement instables.

En effet, EDF développe au maximum les énergies renouvelables, qui ne représentent au maximum que 4 à 5 % du total. J’ai coutume de dire qu’en France on a besoin de courant entre 7h et 9h le matin, puis entre 19h et 21h le soir, à des périodes où le solaire ne produit pas.

L’acceptation de la production nucléaire d’électricité est grande car les français acceptent facilement d’habiter à côté des centrales. Cette confiance est grandement basée sur le fait que les agents EDF, qui connaissent bien la centrale, vivent avec leur famille juste à côté. Le seul problème restant porte sur les déchets dont personne ne veut, alors que le stockage en couches profonde semble adapté. La solution actuelle, qui consiste à stocker les déchets ultimes dans des piscines en surface sur le site de la Hague ne semble émouvoir personne.

3- Les différents acteurs

Le CEA s’occupe de la recherche, avec une mission opérationnelle concernant l’arme nucléaire puisqu’il la conçoit, la fabrique et la maintient.

AREVA qui s’appelle maintenant ORANO construit les centrales

EDF les exploite.

Côté militaire, les exploitants sont

– la marine nationale pour la composante sous marine, qui regroupe deux domaine, les missiles et les réacteurs qui propulsent les SNLE et leur fournissent l’énergie, comme c’est le cas pour le porte avion Charles de Gaulle

– l’armée de l’air pour la composante aéronautique.

J’ai personnellement travaillé avec les marins à la sécurité civile, et leur métier est très proche du mien

4- Situation actuelle et perspectives

La France a produit un nouveau type de réacteur, l’EPR, conçu au niveau européen. Sur le plan technique il est du même type que les réacteurs actuels, (REP réacteur à eau sous pression) mais des améliorations importantes ont été apportées sur le plan de la sûreté. Il est par exemple équipé d’une coque avion pour le protéger d’un attaque aérienne.

Il a été acheté et mis en service avec succès en Chine, où la coopération avec EDF dans le domaine nucléaire est ancienne et se passe très bien. Un contrat portant sur la construction d’une usine de recyclage du combustible nucléaire usagé en Chine est en négociations depuis une dizaine d’années. Il est évalué à plus de 20 milliards d’euros au total, dont plus de la moitié pour Orano, la Chine s’est engagée à le signer avant janvier prochain lors de la visite du président français.

L’EPR connaît malheureusement des difficultés en France où les coûts augmentent et la mise en service est constamment repoussée. Il me semble que la difficulté majeure de ce projet est l’absence de volonté d’EDF et de la France de produire de l’électricité avec ce réacteur. Il avait initialement été commandé non sur un besoin de production, mais sur la nécessité de faire travailler AREVA qui sans cette commande aurait fermé le site de Chalon sur Saone. Depuis, il a plus été considéré par EDF, AREVA et l’autorité de sûreté comme un moyen de faire progresser la sûreté, c’est à dire comme un réacteur de développement plus que de production.

Mais il faut aussi souligner que la France est un des très rares pays qui a obtenu la maîtrise de la chaîne complète du nucléaire, qui va de l’extraction, l’enrichissement (très complexe comme le montrent les recherches difficiles de l’Iran) la production civile et militaire et ensuite le traitement et l’enfouissement des déchets, ce qui lui donne une position forte au niveau international.

Deux projets portent l’avenir de la filière

ASTRID (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration) est un projet français de démonstrateur industriel de réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium. Contrairement aux réacteurs de 2e et de 3e générations, ce réacteur, dit de « 4e génération », consommerait de l’uranium 238 (constituant 99,3% de l’uranium naturel) plutôt que de l’uranium 235 (0,7% de l’uranium naturel), ce qui nécessiterait in fine moins d’uranium naturel extrait du sous-sol pour produire de l’électricité. Ce démonstrateur industriel pourrait également brûler du plutonium et transformer des actinides mineurs, déchets nucléaires à vie longue, en des déchets nucléaires à vie plus courte. L’intérêt de ce réacteur est donc aussi de brûler des déchets à durée de vie longue.

ITER (en latin le « chemin ») est l’un des projets les plus ambitieux au monde dans le domaine de l’énergie. En France, dans le département des Bouches-du-Rhône, 35 pays sont engagés dans la construction du plus grand tokamak jamais conçu, une machine qui doit démontrer que la fusion — l’énergie du Soleil et des étoiles — peut être utilisée comme source d’énergie à grande échelle, non émettrice de CO2, pour produire de l’électricité. La fusion présente de très nombreux avantages, mais est également très complexe à mettre en œuvre. Il faut en effet que la matière atteignent des niveaux énergétiques très élevés, de 150 millions de degrés, mais il faut la confiner dans des champs magnétiques très puissants, produit par un générateur porté au zéro absolu, c’est à dire moins 273 degrés centigrades. On voit bien ici qu’on est encore dans le domaine de la recherche.

5- La situation internationale

Avec une production de 2 606 TWh en 2016 (soit 10,4 % de la production mondiale d’électricité), le nucléaire est la 3e source de production d’électricité dans le monde.

En 2017, le monde compte 454 réacteurs nucléaires en fonctionnement, répartis dans 31 pays.

En 2016, les États-Unis (804,9 TWh), la France (379,1 TWh) et la Chine (247,5 TWh) sont les trois principaux pays producteurs d’électricité d’origine nucléaire.

Les américains ont un parc nucléaire important, comme le Japon. L’Afrique du Sud a trois réacteurs français. L’URSS exploite aussi un parc important de centrales

Le réchauffement climatique pousse de nombreux pays à s’intéresser au nucléaire dans la mesure où il ne produit pas de gaz à effet de serre. Mais le problème majeur reste l’acceptation par le public. De plus, l’accident de Tchernobyl, qui était plutôt le symbole de la décomposition de l’union soviétique de l’époque, montre qu’il faut pour exploiter un réacteur dans de bonnes condition, être un pays développé, formé, et assez rigoureux dans le respect des procédures internationales.

6- Conclusion

Le nucléaire est une filière actuellement bien maîtrisée, en particulier par la France. Elle permet de produire de l’électricité à des coûts intéressants, celui de la France étant un des plus bas d’Europe. Elle ne produit pas de gaz à effet de serre. Elle est donc incontournable pour un pays comme la France qui ne dispose pas de ressources énergétiques.

Mais le débat sur le sujet est souvent biaisé car sur le plan mondial une grande partie de l’opinion publique reste opposée au nucléaire, non pour des raisons techniques, mais plutôt dogmatique. On est opposé au nucléaire parce qu’il est mauvais, et il faut en sortir.

Mais il reste une question importante à laquelle ces écologistes ne répondent pas, par quoi le remplacer. Les énergies renouvelables peuvent apporter un complément mais pas suffisamment pour chauffer les villes ou faire tourner l’industrie.

L’exemple allemand, peu connu, est très illustratif. Les allemands ont fermé leurs centrales nucléaires, développé le renouvelable, mais ont été contraint de développer une production importante par le charbon, très pénalisant en matière d’effet de serre, et qui pose de nombreux problèmes de santé publique.

De même il est surprenant de constater qu’à l’époque de la majorité constituée des socialistes de Jospin et des écologistes, on a arrêté l’exploitation du réacteur Superphénix, d’exploitation il est vrai difficile, mais dont le but principal était de brûler des déchets, c’était un réacteur à neutrons rapides.

La raison l’emportera t elle, il me semble que le poids de la raison dans les choix scientifiques est un sujet d’oral. Quoiqu’on fasse, l’école de guerre n’est jamais très loin.

Droit des conflits

un sujet intéressant, le droit des conflits qui à mon avis est assez proche des sujets d’écrit ou d’oral. Le problème souvent posé est de savoir s’il est appliqué. En effet, dans un conflit l’application de ce droit en dit long sur les parties prenantes. En première approche, on peut considérer que ceux qui respectent le droit sont  les démocraties occidentales ce qui, au niveau mondial fait assez peu de monde.

Il est aussi intéressant de constater que la France, l’Angleterre et les états unis sont intervenus pour punir Haffez el Assad d’avoir utilisé les gaz contre sa population, une intervention pour imposer le respect du droit des conflits. A l’opposé on voit que Daesch était clairement positionné en violation de ce droit en permanence.

Il est vrai aussi qu’au cours de l’histoire pendant les guerres de religion ou même en Algérie, la France n’a pas toujours été exemplaire.

Au fil des siècles, les nations ont acquis la conviction que le droit devait s’imposer dans les conflits, afin de limiter les effets les plus néfastes, les conflits contemporains étant très meurtriers. Au tournant du vingtième siècle, est apparue la convention de Genève en 1906. Elle marque l’apparition  d’un droit humanitaire protecteur des victimes et d’un droit de la guerre qui encadre l’action des combattants. Après les deux guerres mondiales , sont arrivées les quatre conventions de Genève du 12 août 1949 qui constituent aujourd’hui encore la base du droit humanitaire. Le champ d’application s’est ensuite élargi à des aspects tels que la protection des biens culturels ou la protection des enfants.

Tous les militaires de l’armée de terre, de la marine nationale, de l’armée de l’air et de la gendarmerie nationale sont tenus d’appliquer les règles du droit des conflits armés, qui sont contenues dans le bulletin officiel en édition méthodique BOEM 101-2, disponible depuis l’année 1998 dans les unités, les états-majors et les écoles du ministère de la Défense. La directive du ministre de la Défense n° 000147 en date du 4 janvier 2000 a réaffirmé, dans le prolongement d’une directive ministérielle du 15 avril 1991, l’importance de la bonne connaissance de ces règles par les militaires : cette connaissance est un préalable nécessaire à leur mise en oeuvre adéquate. Vous êtes donc tenus de les connaître et de les respecter. Est ce le cas, étant donné le très grand nombre de référentiels réglementaires que j’étais tenu de respecter dans le nucléaire et que je ne connaissais pas, je serais mal placé pour vous faire des remarques. Mais un peu de mauvaise foi de temps en temps ne fait pas de mail.

Qu’est ce que le droit des conflits ?

Il constitue une branche du droit international public ,et comprend trois domaines

– le droit de la guerre il regroupe les conventions de la Haye. Ces textes cherchent à protéger les combattants des effets les plus meurtriers, aussi bien les combattants que les victimes civiles.

– le droit humanitaire regroupe les conventions de Genève concernant les blessés, les naufragés  les prisonniers et la population civile.

– le droit de la maîtrise des armements regroupe les conventions internationales limitant l’utilisation de certaines armes, comme les armes chimiques ou biologiques.

Pourquoi un droit des conflits?

C’est à l’occasion des conflits que la puissance des états se manifeste avec le plus de vigueur. Certains états privilégient l’efficacité par rapport au droit. A l’inverse le respect du droit limite les effets inhumains. Les règles de ce droit constituent une protection précieuse pour les forces armées et les populations civiles. Elles encadrent l’action des forces armées qui contribuent à l’image de la France lors des opérations extérieures.

Quand s’applique t il?

Il s’applique en période de conflit armé, y compris lors d’une guerre civile. Les tensions internes, les émeutes ne sont pas considérées comme des conflits. Le noyau dur des droits fondamentaux de la personne humaine s’applique en toutes circonstances. . Les trois principes sont le principe d’inviolabilité qui garantit à tout homme le respect de sa vie, le principe de non discrimination qui indique que les individus sont traités sans distinction de race, de sexe ou de nationalité, le principe de sûreté qui garantit qu’un individu ne peut être tenu responsable pour un acte qu’il n’a pas commis.  Il s’applique aussi bien aux combattants qu’aux populations civiles impliquées dans le conflit.

Quels en sont les principes ?

-Un principe d’humanité, qui veut éviter si possible les maux superflus engendrés par le recours à la force. Le choix des moyens et méthodes devient limité. Il  relève d’une logique d’humanité.

– un principe de discrimination, également connu comme principe de précaution, impose aux belligérants de distinguer les objectifs militaires qui peuvent être attaqués, des biens et populations civiles qui ne doivent pas l’être.

– un principe de proportionnalité, qui vise à éviter une attaque qui provoque des dommages excessifs par rapport à l’avantage militaire obtenu.

Quels sont les enjeux de ce droit?

Le respect du droit des conflits est une garantie d’efficacité. Il valorise le comportement des combattants. Il facilite la sortie de crise. Il rejoint le principe d’économie des forces et des moyens. 

Qui est en charge de son application?

Les combattants doivent respecter ce droit en toutes circonstances. Le commandement doit s’en assurer. Les manquements peuvent être sanctionnés devant des tribunaux français ou internationaux. 

Comme il le développe dans le livre vert, le général Bosser montre que l’armée française s’inscrit dans la tradition de la guerre juste. Il n’y a pas de victoire pour celui qui a perdu son âme. La guerre et le combat est aussi un lieu où s’expriment des valeurs morales comme la solidarité, et les soldats ont souvent l’occasion d’aider les populations qu’il côtoie. 

On a souvent cité l’exemple, dans la seconde guerre mondiale d’une Wehrmacht respectueuse à côté de SS barbares, ce qui a fait dire au président Mitterrand lorsqu’il célébrait la fin de cette guerre que tous ces soldats étaient courageux. Et peu importe leur uniforme et même leur convictions, ils se battaient pour leur pays pour lequel ils allaient mourir en si grand nombre. Quel plus bel hommage, et quel courage de célébrer ainsi les soldats français et allemands, qui combattent maintenant ensemble dans les forces d’intervention européennes.

Une des évolutions majeures de ce droit concerne à l’heure actuelle les armes létales autonomes. Elles posent des interrogations éthiques et juridiques importantes, car d’un côté elles peuvent aider les soldats et limiter les pertes en vies humaines, mais le fait de donner la mort sans contrôle humain ne semble pas acceptable. C’est pourquoi la plupart des pays, dont la France ont souhaité les interdire.

Anniversaire de l’élection de François Mitterrand

bonjour à tous

que fut pour la France (et pour moi) la victoire de François Mitterrand en 1981, que nous a t il appris, et que nous a t il laissé? Pour moi qui ai voté pour lui avec passion en 1981 (j’avais 20 ans ) et avec raison en 1988, je souhaite en cet anniversaire de son élection de vous faire partager mes idées et mon analyse sur le sujet.

L’élection d’abord. Il faut avoir vécu cette époque pour se représenter la liesse populaire qui s’est emparée de la France à ce moment là. C’était comme une deuxième libération, celle d’un trop long règne de la droite sur notre pays. Ce soir nous disait alors François Mitterrand, c’est la victoire de la jeunesse et de l’espoir. La majorité sociale du pays s’est identifiée à sa majorité politique.  le monde s’apprête à entendre la France lui parler le langage qu’il a appris à aimer d’elle.

C’était d’abord la réalisation d’un rêve, changer la vie. C’était aussi une forme de sidération. Plantu dessine le lendemain la Tour Eiffel dans le Monde avec cette légende Incroyable François Mitterrand est élu et la tour Eiffel est toujours debout. Le peuple de gauche, dont je fais partie, pensait effectivement que la vie allait profondément changer, et que ses mythes, le gouvernement et l’argent des entreprises aux travailleurs, la défense des opprimés, la solidarité, la défense des pauvres et des droits de l’homme allainet se réaliser.

Il osa appeler quatre ministres communistes au gouvernement (il a progressivement fait passer ce parti de 25% à 6% des suffrages) ce qui ne manqua pas d’irriter les américains, et de provoquer de la part du président une réaction vive Reagan se fâche, Reagan proteste, et alors ce jugement est son affaire, la décision est la mienne. Ce qui fit dire à Jean Lacouture que le plus gaullien des socialistes était à l’Elysée.

Il faut reconnaître que le nouveau président a commencé par tenir ses promesses d’abord l’abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine ce congés payés, une revalorisation importante su SMIC et du minimum vileillesse. Comme titrait Libération les pauvres sont plus riches. Et aussi les radios libres et une grande loi de décentralisation. Sa première année fut ainsi marqué par des réformes importantes, en ligne avec son programme.

Mais la relance souhaitée n’a pas eu lieu , et les déficits (public, commercial) se sont creusés. Le président demande à son conseiller Jacques Attali, comme un paysan, qu’avons nous dépensé, pour qui? C’est alors, en 1884, seulement trois ans après avoir été élu qu’il va prendre une des décisions majeures de son septennat. Il décida de rester dans l’Europe et de revenir à une certaine rigueur économique. Fixation des prix et des salaires, ce qui permettra de juguler l’inflation, et de préserver l’équilibre des finances publiques. Il avait aussi compris qu’il était essentiel de protéger les entreprises et de leur permettre de se développer. Les entreprises nationalisées ont d’ailleurs été des exemples de bonne gestion, mais il du fermer la sidérurgie française.

C’est sans doute sur le plan politique la grande leçon. Si elle veut durer, la gauche dite de gouvernement doit intégrer les contraintes de l’économie occidentale, respecter les grands équillibres et favoriser les entreprises. La France doit rejoindre l’Europe libérale. Il apprit à la gauche à gouverner, elle le fera quatorze ans avec lui, mais il changera peu son discours.

François Mitterrand fut un batisseur. Il commença avec panache à construire la pyramide du Louvre dans le palais des rois de France. Comme Louis XIV, il aimait les bâtiments selon son ami Badinter. Il développa aussi, comme de Gaulle un style très monarchique, c’était un nouveau souverain républicain.

Il sut donner à la France une génération de dirigeants brillants avec Robert Badinter, Jacques Attali, Hubert Védrine, Lionel Jospin, Anne Lauvergeon, François Hollande, Ségolène Royal et Laurent Fabius.

Il fit aussi la guerre sous l’égide de l’ONU avec les américains contre l’invasion du Koweit par Saddam Hussein, et sut l’expiquer aux français qui ont apprécié.

Il apprit l’alternance à la France, puisqu’après son élection, il sut gérer avec brio deux ans de cohabitation, et se présenter ainsi comme un président d’opposition ce qui lui permit en 1988 d’être brillament réélu avec 54% des suffrages. Ce n’était plus le socialiste, mais le père de la nation, celui de la France Unie et de la lettre à tous les français, un programme unitaire.

Son grand projet politique fut et restera l’Europe qu’il développa sans relache avec son ami le chancelier Helmut Kohl. On se souvient de l’image du pérsident prenant sa main devant l’ossuaire de Verdun. Pour Kohl, un allemand à Verdun est ce possible? Réponse de l’intéressé oui autant de morts ça impose le respect. Il fut notamment l’architecte de la monnaie unique et du traité de Maastricht.

Sur le plan personnel, il aimait écrire. D’ailleurs avec Jack Lang sa polique culurelle fit partie, avec celle de Malraux des grands moments de la culture française. Il nous révéla sur la fin une vie personnelle très romanesque avec deux familles, et une fille longtemps cachée Mazarine, la fille d’Anne Pingeot son grand amour.

Le président ne laissait pas les français indiffrénts. On l’aimmait, ce fut mon cas, ou on le détestait. Il a sucité un très grand nombre de livres et de commentaires.

Que nous a t il appris? D’abord à mon avis, qu’il faut savoir allier des objectifs humanistes de la gauche avec une rigueur économique qu’on pourrait appeler de droite. Et que l’avenir de la France c’est l’Europe. Il s’inscrivit dans ce chapitre dans la grande traditions des présidents de la république française. Il nous montra que pour diriger la France, il faut une personnalité forte qui sait s’imposer et parler aux français, une personnalité finalement assez proche de celle du général, son illustre rival.

Et pour finir deux de ses textes que j’aime beaucoup.

D’abord la préface de la mort intime de Marie de Hennezel. « COMMENT MOURIR ? » Telle est la question que pose sans détours François Mitterrand dans la préface d’un ouvrage intitulé La Mort intime. « Nous vivons dans un monde que la question effraie et qui s’en détourne, écrit l’ancien président de la République. Des civilisations, avant nous, regardaient la mort en face. Elles dessinaient pour la communauté et pour chacun le chemin du passage. Elles donnaient à l’achèvement de la destinée sa richesse et son sens. Jamais peut-être le rapport à la mort n’a été si pauvre qu’en ces temps de sècheresse spirituelle où les hommes, pressés d’exister, paraissent éluder le mystère. Ils ignorent qu’ils tarissent ainsi le goût de vivre d’une source essentielle.  

Ses derniers voeux de président, avec les forces de l’esprit.« L’an prochain, ce sera mon successeur qui vous exprimera ses voeux. Là où je serai, je l’écouterai, le coeur plein de reconnaissance pour le peuple français qui m’aura si longtemps confié son destin et plein d’espoir en vous. Je crois aux forces de l’Esprit et je ne vous quitterai pas. Je forme ce soir des voeux pour vous tous, en m’adressant d’abord à ceux qui souffrent, à ceux qui sont seuls, à ceux qui sont loin de chez eux. Bonne année, mes Chers Compatriotes. Bonne année et longue vie. Vive la République, vive la France ! » 

Et enfin l’hommage de sonn successeur, Jacques Chirac  

Ma situation est singulière, car j’ai été l’adversaire du Président François Mitterrand.
Mais j’ai été aussi son Premier ministre, et je suis, aujourd’hui, son successeur. Tout cela tisse un lien particulier, où il entre du respect pour l’homme d’Etat et de l’admiration pour l’homme privé qui s’est battu contre la maladie avec un courage remarquable, la toisant en quelque sorte, et ne cessant de remporter des victoires contre elle.
De cette relation avec lui, contrastée mais ancienne, je retiens la force du courage quand il est soutenu par une volonté, la nécessité de replacer l’homme au cœur de tout projet, le poids de l’expérience.

Seuls comptent, finalement, ce que l’on est dans sa vérité et ce que l’on peut faire pour la France.

La France et le monde en avril 2021

il me semble intéressant de prendre un peu de recul de temps en temps pour tenter d’analyser la situation que nous traversons en France et dans le monde.

La France d’abord, continue d’être secouée par la pandémie du COVID. Comment la traverse t elle? Il me semble qu’elle est d’abord égale à elle même, c’est à dire que l’état prend les choses en main, et que le président continue de donner le cap.

Notre pays, depuis les rois, aime à s’appuyer sur un état fort à qui elle demande de régler les difficultés du pays. Avec le quoi qu’il en coûte, l’état nous protège de façon assez efficace, et l’aide économique très importante permet finalement à notre économie de s’en sortir. L’état est toujours dirigé par son chef, le président, qui prend de la hauteur et laisse le premier ministre gérer le quotidien et annoncer aux Français les détails des décisions sanitaire. Cette méthode lui permet de retrouver un soutien (plus de 40% de satisfaits) que ses prédécesseurs n’ont jamais eu. Sa gestion de la crise est assez bonne, et sa lutte contre le confinement a donné d’assez bons résultats. En effet, chez les anciens et les EPHAD la situation s’améliore, et la vaccination se poursuit avec maintenant plus de cinq millions de personnes ayant reçu une première injection. C’est bien de là que viendra la solution. Saluons à ce propos un prodige de la science mondiale qui a su si vite mettre au point et produire ce vaccin.

Le roi guérissait les écrouelles, et c’est toujours vers le président qu’on se tourne quand on est menacé de maladie. La France a retrouvé l’état, et son modèle social qui la protège au quotidien. Et elle s’en sort plutôt mieux que la plupart des autres pays. Mais elle a aussi retrouvé son goût pour les querelles et les disputes. Nous sommes toujours les gaulois réfractaires au changement et querelleurs. Les critiques n’ont pas cessé sur la gestion de la crise, et elles continuent, alors que l’état s’en sort plutôt bien. Pourrait on imaginer le soutenir un peu dans la tourmente? Mais là encore, la France est restée fidèle à elle même.

Au niveau mondial ensuite, il nous faut d’abord saluer la leçon de démocratie que nous a donnée l’Amérique, et la bonne nouvelle de l’élection de Joe Biden. Aux états unis aussi, c’est le retour de l’état, un état qui s’attaque avec quelques succès à la pandémie, et un état qui protège avec un plan de relance impressionnant. Un état qui tente de rassembler le pays, tâche difficile. Les débuts du nouveau président sont encourageants. Il parle peu mais agit beaucoup. 

Les relations internationales sont transformées. L’alliance des démocraties occidentales, et notamment avec l’Europe est revenue d’actualité, de même que la fermeté vis à vis des pays peu démocratiques comme la Russie. Poutine est un tueur, rien que ça, sa réaction de type cour de récréation confirme la stature de l’intéressé. Les relations Russie Europe sont aussi au plus mal. Un autre dossier majeur, la lutte entre les états unis et la Chine pour la suprématie mondiale, qui se poursuit. Le modèle Chinois nous montre chaque jours sa puissance; mais heureusement sur un ton peu agressif un peu comme l’empire du Milieu.

Alors finalement est ce que le monde d’après va ressembler au monde d’avant, comme toujours dans les devoirs de CUGE EDG un peu oui et un peu non. La pandémie nous aura quand même appris que l’homme doit rester la première valeur, et que l’économie est d’abord là pour l’aider. Mais quand on voit que les SALA ont fait leur apparition en force sur le champ de bataille, on peut se demander si l’éthique est une valeur forte.

La situation en avril 2021 en France et dans le monde

La France d’abord, continue d’être secouée par la pandémie du COVID. Comment la traverse t elle? Il me semble qu’elle est d’abord égale à elle même, c’est à dire que l’état prend les choses en main, et que le président continue de donner le cap.

Notre pays, depuis les rois, aime à s’appuyer sur un état fort à qui elle demande de régler les difficultés du pays. Avec le quoi qu’il en coûte, l’état nous protège de façon assez efficace, et l’aide économique très importante permet finalement à notre économie de s’en sortir. L’état est toujours dirigé par son chef, le président, qui prend de la hauteur et laisse le premier ministre gérer le quotidien et annoncer aux Français les détails des décisions sanitaire. Cette méthode lui permet de retrouver un soutien (plus de 40% de satisfaits) que ses prédécesseurs n’ont jamais eu. Sa gestion de la crise est assez bonne, et sa lutte contre le confinement a donné d’assez bons résultats. En effet, chez les anciens et les EPHAD la situation s’améliore, et la vaccination se poursuit avec maintenant plus de cinq millions de personnes ayant reçu une première injection. C’est bien de là que viendra la solution. Saluons à ce propos un prodige de la science mondiale qui a su si vite mettre au point et produire ce vaccin.

Le roi guérissait les écrouelles, et c’est toujours vers le président qu’on se tourne quand on est menacé de maladie. La France a retrouvé l’état, et son modèle social qui la protège au quotidien. Et elle s’en sort plutôt mieux que la plupart des autres pays. Mais elle a aussi retrouvé son goût pour les querelles et les disputes. Nous sommes toujours les gaulois réfractaires au changement et querelleurs. Les critiques n’ont pas cessé sur la gestion de la crise, et elles continuent, alors que l’état s’en sort plutôt bien. Pourrait on imaginer le soutenir un peu dans la tourmente? Mais là encore, la France est restée fidèle à elle même.

Au niveau mondial ensuite, il nous faut d’abord saluer la leçon de démocratie que nous a donnée l’Amérique, et la bonne nouvelle de l’élection de Joe Biden. Aux états unis aussi, c’est le retour de l’état, un état qui s’attaque avec quelques succès à la pandémie, et un état qui protège avec un plan de relance impressionnant. Un état qui tente de rassembler le pays, tâche difficile. Les débuts du nouveau président sont encourageants. Il parle peu mais agit beaucoup. 

Les relations internationales sont transformées. L’alliance des démocraties occidentales, et notamment avec l’Europe est revenue d’actualité, de même que la fermeté vis à vis des pays peu démocratiques comme la Russie. Poutine est un tueur, rien que ça, sa réaction de type cour de récréation confirme la stature de l’intéressé. Les relations Russie Europe sont aussi au plus mal. Un autre dossier majeur, la lutte entre les états unis et la Chine pour la suprématie mondiale, qui se poursuit. Le modèle Chinois nous montre chaque jours sa puissance; mais heureusement sur un ton peu agressif un peu comme l’empire du Milieu.

Alors finalement est ce que le monde d’après va ressembler au monde d’avant, comme toujours dans les devoirs de CUGE EDG un peu oui et un peu non. La pandémie nous aura quand même appris que l’homme doit rester la première valeur, et que l’économie est d’abord là pour l’aider. Mais quand on voit que les SALA ont fait leur apparition en force sur le champ de bataille, on peut se demander si l’éthique est une valeur forte.

Grandes problématiques, relations humaines, commandement et management

1- les grandes problématiques

Quelles sont les grandes problématiques, et de quoi s’agit il? Je commence par une analyse historique de celles qui se sont posées au cours du temps

– la construction de l’état

Avec la monarchie, la république et l’empire, la France fut depuis Clovis confrontée à la construction de l’état. Dans un premier temps, et pendant mille ans environ, la réponse fut donnée par le roi qui construisit petit à petit le royaume de France en tentant d’asservir les grands, les princes de sang qui brillaient par leur indépendance. Il dut souvent pour cela s’appuyer sur de grands ministres comme Richelieu ou Mazarin qui prenaient une part très active dans le gouvernement. Puis vint Louis XIV qui porta très haut la monarchie absolue. Le roi gouverne par lui-même, et il gouverne aussi les arts et construit Versailles.

Ensuite la république a longtemps hésité sur le gouvernement de la France, tellement qu’elle fut d’abord remplacée par l’empire qui sut très bien faire. Puis vinrent les républiques parlementaires où le gouvernement était nommé par les assemblées, et ce fut le temps de l’instabilité. Avec la constitution de 1958, Charles de Gaulle sut faire la synthèse entre la monarchie et la république. Le président règne avec les pleins pouvoirs digne des rois les plus absolus, mais il tient son pouvoir et sa légitimité du suffrage universel.

– la place de la religion dans la société est aussi assurément une problématique majeure. Si on regarde le cas français, les rois se sont d’abord appuyés sur la religion pour gouverner. Clovis s’est fait baptiser, pour Henri IV Paris vaut bien une messe. Louis XIV fut le roi très chrétien, le catholicisme était la religion officielle, et la France était la fille aînée de l’église. Mais les autres religions étaient interdites et Louis le grand révoqua l’édit de Nantes.

Le siècle des lumières nous apprit la tolérance et la liberté de penser, mais il fallut attendre la république pour finalement appliquer ce que le Christ avait dit dans l’évangile rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. On a séparé l’église et l’état (non sans mal) Et la république a instauré la laicité et la liberté des religions.

Mais ce n’est pas encore le cas dans des pays comme l’Iran, république islamique fort peu tolérante, ou même les états unis où le président prête serment sur la bible.

– la place des experts Avec la pandémie, l’avis des médecins et des experts est revenu au premier plan, et on a pu observer leur rôle face à celui du pouvoir politique. François Mitterrand disait les experts ne nous disent jamais la vérité, pour autant qu’ils la connaissent eux mêmes. Un grand politique.

Dans la crise du COVID nous avons d’abord assisté à un gouvernement par les experts où ce dernier suivait scrupuleusement l’avis du conseil scientifique, alors que les premières décisions étaient orientées sur la santé publique. Puis le temps est venu de trancher entre les problèmes sanitaires et les problèmes économiques. Et la semaine dernière, le président a tranché en faveur de l’économie en refusant un confinement pourtant unanimement souhaité par les médecins.

En effet, l’expert conseille le prince, mais c’est ce dernier qui tranche, et surtout doit assumer sa décision face à l’opinion. Mais les avis d’experts, publiés sur internet ont une force de plus en plus importante.

2- les relations humaines

Le poste de CDU vous a permis comme à moi dans le nucléaire comme directeur une pratique régulière des relations humaines qui sont un appui très utile pour le management.

Mais finalement que nous apprend cette pratique?

D’abord l’importance des hommes et des femmes dans l’entreprise. Ce sont eux qui obtiennent des résultats, ce sont eux qui sauvent les parisiens ou font tourner les réacteurs. La hiérarchie est là pour les guider et les aider. Mais ce sont eux qui sont la force de nos collectifs.

L’équité. C’est la demande essentielle qui nous remonte. Le manager doit veiller en permanence à ce que tous soient traités de la même façon, ce qui n’est pas toujours facile car l’égalité est une belle idée, mais très peu répandue dans la vie courante. Alors ne doit on pas favoriser un peu ceux qui s’impliquent davantage?

La récompense. Un pompier ou un agent EDF qui a bien travaillé attend d’abord d’être reconnu et si possible récompensé, pas forcément de façon pécuniaire. J’ai d’ailleurs noté à la brigade une excellente pratique avec les lettres de félicitation du chef de corps ou du général.

Le bonheur. Un collectif sera plus productif s’il est heureux au travail, et si l’ambiance de l’équipe est bonne. C’est aussi notre responsabilité de permettre aux hommes et aux femmes de s’épanouir dans le travail. Est ce le rôle des relations humaines, c’est selon la conception qu’on en a.

3- Commandement et management

Quand on évoque ces deux mots, c’est la plupart du temps pour examiner ce qu’ils ont en commun ou ce qui les oppose.

On réserve en général le terme de commandement au domaine militaire, c’est à dire qu’il est relié à une mission de défense, voire de guerre. Le commandement est le métier de conduire les hommes au combat, ce qui implique une façon particulière de les diriger. Dans ce domaine, la conduite des hommes implique une forte détermination, et un sens tactique, voire stratégique. Comme le dit le général de Gaulle (le fil de l’épée) le commandant a surtout du caractère. Il implique aussi une dimension éthique.

Le terme de management est en général réservé au monde de l’entreprise, et il signifie d’abord obtenir des résultats. Pour cela il faut expliquer, guider et faire adhérer les hommes et les femmes qu’on manage. Il signifie efficacité, et contrôle. Le manager est d’abord redevable des résultats. Mais on peut constater aussi dans le monde de l’entreprise une évolution vers l’éthique. J’ai écouté hier un interview de Patrice Caine, le président directeur général de Thalès, à qui on demandait à la fin ce que signifie diriger un tel groupe, réponse, mobiliser la science et la technique pour rendre le monde meilleur. On voit que Pour la Patrie les Sciences et la Gloire va rejoindre Sauver ou Périr.

Les principales théories économiques

LES PRINCIPAUX COURANTS DE LA PENSEE ECONOMIQUE

La pandémie n’a pas épargné l’économie. Depuis les années 1970, les économistes conseillaient aux gouvernements de réduire autant que possible le déficit budgétaire et par conséquent la dette publique. Le traité de Maastricht est même allé jusqu’à donner des cibles obligatoires (pour ceux qui le voulaient bien) d’un déficit inférieur à 3% du PIB et une dette publique inférieure à 60% de celui ci . 

Mais la crise économique très importante provoquée par le COVID a grandement ébranlé ces certitudes. L’état est intervenu très largement pour aider les entreprises et les particuliers, creusant grandement le déficit (qui est de 7,6% du PIB en 2020 et prévu pour 6,4% en 2021) et la dette publique qui est maintenant de 120% du PIB . Même la théorie a évolué puisque dans ce cas, la dette est plutôt considérée comme une bonne chose, et on parle même de l’annuler. Je vous ai joint en Annexe un article du Monde qui évoque cette discussion.

Deux autres notions sont apparues en économie, le climat et la résilience.

1 les enjeux écologiques

Depuis plusieurs années déjà, les économistes ont pris conscience des enjeux écologiques. Le problème du climat a joué un rôle moteur dans cette évolution. Pendant longtemps, la grande question a été de savoir comment obtenir une croissance soutenue et régulière et comment en faire profiter le plus grand nombre. Puis, progressivement, avec l’impact qu’elle pouvait avoir sur l’environnement, on a commencé à se poser des questions sur la croissance elle-même: certains la remettent carrément en cause, d’autres cherchent à savoir comment on pourrait croître autrement, notamment en émettant moins de gaz à effet de serre.

Une déjà longue histoire

Tout a commencé avec les travaux du GIEC et les premières conférences de l’ONU sur le climat, les fameuses COP. C’est ainsi que sont nés les taxes carbone et les marchés de droits d’émission. La plupart des écologistes n’y ont rien compris et n’ont vu dans ces innovations qu’un «droit à polluer» (beaucoup n’ont d’ailleurs toujours rien compris), alors qu’il s’agissait de donner aux États des instruments leur permettant de maîtriser l’évolution des émissions de gaz à effet de serre en donnant un prix au carbone.

Au début, les économistes qui avaient porté leur intérêt sur ce problème travaillaient essentiellement pour les États et les organisations internationales. Mais, assez rapidement, les entreprises et les organisations professionnelles ont compris que cette histoire de gaz à effet de serre n’était pas à négliger et qu’elles allaient devoir en tenir compte dans leur processus de prise de décision. Il allait y avoir besoin de spécialistes. C’est ainsi qu’en France, en 2010, l’économiste Christian de Perthuis a pris l’initiative de fonder la Chaire Économie du climat avec le soutien de l’Université Paris-Dauphine

2- la résilience

Dans une conclusion provisoire à la série de webinaires qu’il a organisés à Princeton depuis le mois de mars, l’économiste allemand Markus Brunnermeier s’attache à ouvrir des pistes. Pour une économie, dit-il, la capacité à se redresser après une commotion est affaire de diversité, de flexibilité et de croissance. C’est assez intuitif. La diversité, notamment sectorielle, s’impose, parce que c’est la pluralité des connaissances et des savoir-faire qui permet de répondre à des chocs inattendus – et, a contrario, la monoculture engendrée par la spécialisation à outrance est source de vulnérabilité. La flexibilité est nécessaire, parce qu’une crise oblige à réallouer dans l’urgence travail et capital – et c’est toujours la grande faiblesse de l’Europe en comparaison des États-Unis. Enfin, croissance et résilience sont complémentaires, parce qu’une économie sans ressort risque à tout moment – on l’a vu dans les années 2010 – de basculer dans un cercle vicieux de récession. La réactivité de la politique économique est essentielle.

Markus Brunnermeier suggère une quatrième idée, un peu confuse mais essentielle : la résilience est aussi affaire de contrat social. Chaque ménage peut accumuler de l’épargne, chaque entreprise s’assurer d’un accès à la liquidité. Mais la résilience collective repose sur une forme d’assurance mutuelle qui ne peut être qu’implicite, parce qu’aucun contrat ne peut tout envisager. Le dispositif de chômage partiel et le soutien aux entreprises déployés en France n’étaient inscrits nulle part et ne pouvaient pas l’être. Ils ont été des facteurs essentiels du rebond économique du troisième trimestre. Quant au plan de relance européen, il n’était même pas jugé possible. C’est, nonobstant nos graves défaillances économiques, une source de confiance dans le Vieux Continent.

Mais il ne faut pas oublier que l’économie est d’abord là pour permettre d’accroitre l’activité industrielle, at ainsi les revenus disponibles pour les ménages et les investisseurs. L’économie essaie d’abord d’expliquer le fonctionnement de la production, de l’échange et de la distribution des richesses. Elle dépend fortement de l’époque et du contexte. Au 18ème siècle, on était d’abord frappé par les progrès de l’industrialisation, et le marché apparaît comme la solution. L’analyse de Marx a le mérite de bien décrire les difficultés de la classe ouvrière. La crise de 1929 a montré les limites de cette approche, et conduit ensuite les gouvernements à intervenir dans l’économie.

L’histoire de la pensée économique comprend trois principaux courants qui seront présentés dans la suite, le courant libéral, le courant marxiste et le courant keynésien.

1 Le courant libéral

A le courant classique

L’économie apparaît à la fin du 18ème siècle avec Adam Smith, en même temps que la société industrielle. Elle naît en Angleterre avec Smith, Malthus, Ricardo, puis en France avec Jean Baptiste Say. Elle repose sur les principes suivants:

– l’individu est rationnel, il est le seul capable de juger ce qui est bon pour lui. Son comportement consiste à maximiser de ses satisfactions, et la minimisation des ses efforts. L’intervention de l’état est inutile.

– la propriété privée des moyens de production est une garantie de liberté. La satisfaction de l’intérêt individuel permet de réaliser l’intérêt général par le marché, comparé à une main invisible. Ce n’est pas l’état qui le représente.

– un système économique conduit par la liberté tend naturellement vers l’équilibre, ajusté par le niveau de prix.

L’analyse de la production repose sur les quatre piliers suivants

– la production est la combinaison de facteurs de production, la terre, le travail et le capital. La division du travail en taches élémentaires est avantageuse, elle améliore la dextérité des ouvriers et suscite l’apparition de machines.

– la théorie de la valeur s’interroge sur la richesse qu’il faut produire, la valeur d’échange étant admise par tous. Celle ci doit refléter le travail nécessaire à une marchandise échangée. En France, la valeur doit refléter aussi la rareté et l’utilité d’un bien.

– c’est l’offre qui crée la demande.

-la monnaie ne sert qu’à faciliter les transactions économiques.

La répartition des revenus se fait entre trois classes les propriétaires terriens, les capitalistes et les travailleurs.

2 le courant néo classique

Apparue dans la deuxième moitié du 19ème siècle, la pensée néo classique repose sur les travaux de Walras, Pareto et Marshall.

Tout comportement relève d’un calcul, d’un choix explicite. Le consommateur maximise l’utilité des biens consommés sous la contrainte du revenu disponible. Les producteurs cherchent à maximiser leur profits. Le marché est le lieu de rencontre entre l’offre et la demande. L’équilibre général résulte de 4 marchés, celui des biens et services, celui du travail et celui de la monnaie. Cette théorie considère que les équilibres ne sont pas la réalité mais ce qu’elle doit être dans le modèle.

Depuis les années 1970, différentes écoles sont apparues,

-l’école de Chicago avec Milton Fiedman qui prône la réduction du rôle de l’état

-l’économie de l’offre qui propose de stimuler l’activité non par la demande (la consommation) mais par l’offre (la production). Elle est représentée par la théorie de Laffer qui dit que trop d’impôt tue l’impôt et que le taux d’imposition doit être adapté (oui mais à quoi?)

-l’école de l’économie publique s’attache à montrer tout l’intérêt de l’intervention de l’état et cherche à optimiser ses choix.

3 Le courant marxiste

Au 19ème siècle, le capitalisme se développe mais la misère des ouvriers est grande, et les excès de ce capitalisme font naître le socialise et le marxisme. Marx étudie la société industrielle anglaise pour en tirer des lois.

Son analyse s’oppose à la théorie libérale en montrant que le capitalisme aboutit à une lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie. La crise du capitalisme est inéluctable pour plusieurs raisons

– les décisions des agents économiques ne sont pas coordonnées

– la pression des employeurs à la baisse des salaires est trop forte et la paupérisation des ouvriers est inéluctable. Ceci doit entrainer la destruction du capitalisme et l’avènement du socialisme.

4 Le courant Keynésien

La théorie générale de Keynes date de 1936 et propose des solutions au problème du chômage (déjà) qui a secoué le monde en 1929.

La théorie libérale est incapable d’aborder le problème du chômage, du à une défaillance des marchés. La solution serait une intervention de l’état. Elle veut aborder l’économie de façon globale (macroéconomie) et non au travers des agents individuels (microéconomie). Le volume de la production ne dépend pas des capacités de production ou du niveau des revenus, mais de décisions comme celles concernant l’investissement, un paramètre important vis à vis du chômage. L’emploi et la monnaie sont étroitement liés. La quantité de monnaie est décidée par les autorités, au travers du taux d’intérêt. Keynes pense que le chômage résulte d’une insuffisance de la demande. L’état peut agir sur la consommation en réduisant la fiscalité, et sur l’investissement en réduisant les taux d’intérêt. L’état va augmenter les investissements publics.

Et maintenant. Curieusement, malgré un certain foisonnement des réflexions dans ce domaine, je n’ai pas trouvé de nouvelle théorie récente, et on ne m’en a enseigné aucune, pas plus à Polytechnique qu’à Sciences Po.

J’ai par contre le sentiment qu’ on a pris un certain recul eu égard aux difficultés de l’économie de faire des recommandations claires, et surtout d’anticiper les grandes crises qu’on connaît régulièrement. Les modèles mathématiques ne savent pas prédire les ruptures, et voient plutôt l’avenir comme un prolongement linéaire du passé.

Certains débats sont bien connus. Dans un contexte qualifié de crise comme celui que vit la France depuis les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, avec un chômage de masse important, vaut il mieux creuser le déficit budgétaire comme l’ont fait Mitterrand en 1981 et ensuite Chirac pour relancer l’industrie, ou au contraire réduire les dépenses publiques pour limiter les déficits et contenir la dette publique ? Faut il faire une politique de l’offre, comme le fait le gouvernement actuel ou une politique de la demande en creusant le déficit budgétaire pour distribuer du pouvoir d’achat ?

Les gouvernements successifs, et les économistes ont répondu successivement par l’affirmative puis par la négative. On sait que la position du FMI a longtemps été de prêcher les économies et la rigueur, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que cette politique était dangereuse et qu’il recommande un peu plus de relance.

Thomas Piketty, dans son ouvrage le capitalisme au 21ème siècle fait une étude très intéressante et très documentée de l’économie mondiale depuis que des statistiques existent, et montre que l’état normal de l’économie est celui d’une croissance faible comprise entre 1,5 et 2 % comme celle qu’on connaît actuellement.

D’autre part, l’hypothèse fondamentale sur laquelle sont basés les modèles classiques est que l’individu a une conduite rationnelle et cherche à maximiser sa satisfaction sous la contrainte du budget disponible. Or celle-ci est remise en cause aujourd’hui. En effet, on constate facilement que les choix de dépenses des individus sont loin d’être rationnels.

Finalement, l’économie contemporaine sert surtout à tenter d’expliquer la situation et son évolution, mais elle pose autant de questions qu’elle apporte de réponses. C’est pourquoi on se demande souvent s’il s’agit d’une science.

Mais c’est aussi la grandeur de ce qu’on appelle les sciences de l’homme. Votre expérience de CDU, et la mienne de manager en centrale nucléaire vous a sans doute montré que rien n’est plus intéressant ni plus mystérieux que le comportement humain.

ANNEXE L’avenir de la dette Covid, un débat politique autant qu’économique

La dette publique devrait atteindre 121,4 % du PIB en 2021… Pourtant, à droite comme à gauche, des voix s’élèvent pour réclamer plus de dépenses, plus d’investissements, afin de doper une économie mise sous cloche depuis dix mois.

Analyse. C’était il y a un peu plus d’un an, cela paraît un siècle. En décembre 2019, l’Insee révélait que la dette française avait franchi les 100 % du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre de l’année. De quoi déclencher une flopée de commentaires véhéments, les uns pour rassurer – « ce n’est que provisoire, le seuil fatidique ne sera pas dépassé sur l’ensemble de l’année » –, les autres pour alerter sur le risque d’écorner un peu plus les promesses de redressement des comptes publics faites par Emmanuel Macron en début de mandat.

Un an et une pandémie mondiale plus tard, ces inquiétudes pourraient presque faire sourire si le sujet n’était aussi sérieux. La crise due au Covid-19 a fait plonger l’économie française dans la récession, l’Etat a fait ruisseler les milliards pour soutenir les entreprises et les salariés, et la trajectoire budgétaire du pays en a été bouleversée. Autrefois tabou infranchissable, le seuil des 100 % de dette publique n’est plus qu’un lointain souvenir : elle devrait atteindre 121,4 % en 2021…

Dans ce « monde d’après », l’exécutif se cherche encore une ligne de conduite. En fin d’année, la perspective de l’arrivée d’un vaccin a amené le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, à poser les premiers jalons d’une sortie du « quoi qu’il en coûte », ce principe décrété en mars 2020 par le chef de l’Etat, comme un rempart à la crise économique et sociale.

En décembre, une commission sur l’avenir des finances publiques, composée de personnalités politiques, de chercheurs et présidée par l’ancien ministre de l’économie Jean Arthuis, a été mandatée pour réfléchir à la manière de gérer la « dette Covid », les quelque 150 milliards d’euros de facture de la crise sanitaire.

Pour l’ex-LR Bruno Le Maire, il en allait du sérieux budgétaire du pays, qui ne peut se permettre de vivre durablement à crédit, mais aussi de la crédibilité de la France vis-à-vis de ses partenaires européens et de celle du gouvernement à dix-huit mois de l’élection présidentielle.

« Aussi longtemps que durera la crise, nous serons là »

Las, le démarrage poussif de la campagne de vaccination s’ajoutant à l’irruption de variants qui relancent l’épidémie et à des reconfinements dans plusieurs pays d’Europe empêchent de tourner la page. La croissance va rester atone au moins jusqu’à l’été, et les mesures de soutien aux secteurs sinistrés (restaurants, bars, événementiel, etc.) ne sont pas près d’être levées. Conséquence : la dette de la France pourrait bien continuer de gonfler jusqu’en 2022. « Aussi longtemps que durera la crise, nous serons là », a encore assuré le locataire de Bercy mercredi 27 janvier devant les sénateurs.

Et alors ? s’interrogent de plus en plus d’experts. Les taux d’intérêts sont historiquement bas, en raison d’un surplus d’épargne privée très important dans le monde. En France, les classes moyennes et moyennes supérieures ont largement gonflé leurs bas de laine depuis le premier confinement.

S’endetter ne coûte plus rien, cela peut même permettre à l’Etat de s’enrichir, avancent, un rien provocateurs, les économistes de l’OFCE, un cercle de réflexion d’inspiration keynésienne. Ils suggèrent rien de moins que doubler le plan de relance, en mettant 100 milliards d’euros de plus sur la table. Ils ne sont pas les seuls : à droite comme à gauche, des voix s’élèvent pour réclamer plus de dépenses, plus d’investissements, afin de doper une économie mise sous cloche depuis dix mois.

« Je pense (…) que le niveau d’endettement devrait rester soutenable pendant longtemps. Il faut surtout retenir qu’il n’y a pas de niveau de dette magique », a indiqué aux Echos, mercredi 27 janvier, Olivier Blanchard, l’ancien chef économiste du FMI qui doit remettre prochainement à l’Elysée un rapport sur la manière de relever les « grands défis économiques » des prochaines années (climat, inégalités, vieillissement…).

« La condition de cet endettement supplémentaire est son acceptabilité politique, sociale, européenne, et non sa faisabilité économique », assure, de son coté, Xavier Ragot, le président de l’OFCE. Autrement dit, l’exécutif a beau s’entourer de spécialistes pour tenter de déterminer une stratégie de redressement des comptes publics, la gestion de la dette relève avant tout de choix de gouvernement. L’épineuse question d’un « bon » niveau de dette – sa « soutenabilité » dans le jargon budgétaire – ne repose pas sur un chiffre absolu, mais sur une stratégie politique.

Même la très rigoriste Allemagne est agitée par ces soubresauts à huit mois des élections législatives. Les propos du bras droit d’Angela Merkel, mardi, appelant à s’affranchir durablement des règles de discipline budgétaire ont déclenché une controverse.

La France ne pourra donc pas s’exonérer d’un débat sur le sujet dans la campagne présidentielle à venir. Une partie de l’opposition, à droite comme à gauche, pousse déjà en ce sens, y voyant un angle d’attaque à la fois symbolique et parlant pour les Français.

« On a besoin de politiser le sujet de la dette Covid, plaide Aurélien Pradié, le secrétaire général du parti Les Républicains. Le gouvernement passe son temps à expliquer qu’il n’y a pas d’argent magique et tout à coup il y en a. On ne s’en sortira pas sans une grande explication démocratique. » Pour le numéro trois du parti, « on peut imaginer restructurer une partie de la dette par la BCE [Banque centrale européenne], sous forme de dette perpétuelle, isoler une partie ou l’effacer ». Annuler la dette, c’est aussi l’idée sur laquelle surfent Arnaud Montebourg ou Jean-Luc Mélenchon.

Les économistes ne sont guère de cet avis : si la marge de manœuvre budgétaire dont dispose le pays est aujourd’hui confortable, envisager une annulation romprait la confiance avec les créanciers. Pour Olivier Blanchard, c’est « une idée idiote », pour Xavier Ragot c’est « jouer avec le feu ». Encore faudra-t-il être capable de l’expliquer et de le faire accepter aux Français.

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Audition de Florence Parly à l’Assemblée nationale janvier 2021

voilà un résumé de l’audition de Florence Parly à l’assemblée nationale le 12 janvier suivi, comme d’habitude de l’intégrale de son discours (disponible sur le site du ministère)

1- point sur les opérations

D’abord avec l’opération Résilience, l’armée est venue porter secours au pays, mais la crise sanitaire n’a pas affecté les OPEX ni l’opération Sentinelle qui a été renforcée

Au Sahel nous poursuivons, avec la coopération d’autres armées l’affaiblissement des groupes terroristes qui a connu de réels succès en 2020 avec l’élimination de nombreux chefs de ces organisations. Mais au Sahel, la solution n’est pas uniquement militaire et notre action doit conduire à une solution politique.

Je vous annonce par ailleurs, que la prochaine mission du porte-avions Charles de Gaulle sera de renforcer notre dispositif, dans le cadre de l’opération Chammal. Le Groupe aéronaval se déploiera ainsi au premier semestre 2021 en Méditerranée et dans l’Océan IndienCet engagement démontre, s’il en était besoin, notre volonté à lutter en permanence contre le terrorisme.

En république centrafricaine, nous agissons avec 300 militaires pour un retour de l’état. A la demande du président Touadéra, le président a ordonné le 9 janvier un second survol du pays qui a entraîné l’arrêt des combats. Nous voulons apporter notre appui aux efforts de normalisation portés par la communauté internationale, et montrer notre solidarité avec avec la Centrafrique.

Enfin il nous faut rester vigilants en Méditerranée, et y défendre le droit international.

2 – Les priorités 2021

Nous avons fait ces derniers mois un travail d’actualisation du contexte géostratégique que nous publierons prochainement. La LPM conserve toute sa pertinence. 5 priorités pour 2021

1 la relance économique de la France. La LPM est une contribution essentielle, et l’armée est le premier recruteur de l’état avec plus de 26 000 recrutements annuels

2 la poursuite de la lutte contre le terrorisme au Levant et au Sahel. Au Levant, nous observons un résurgence de Daesh en Syrie et en Irak, ce qui représente une menace pour l’Europe. Au Sahel, je salue un partenariat renforcé avec les pays sahéliens et nos alliés européens et internationaux

3 Poursuite de la construction de la défense européenne. Des progrès sont réalisés le fonds européen de défense est doté de 8 milliards d’euros, nous avons réalisé une boussole stratégique, c’est à dire une analyse des menaces agréée par les 27. Nous pouvons aussi parler du CSAF ou du MGCS(char du futur)

4 moderniser nos armées Il faut nous renforcer dans le cyberespace et l’espace (je salue le lancement réussi du satellite CSO-2 le 29/12) il faut veiller aux nombreuses campagnes de désinformation

5 Un nouveau souffle à nos alliances, avec la nouvelles administration américaine, avec laquelle j’attends des échanges constructifs. L’OTAN a aussi entrepris une réflexion intéressante. Il faut veiller aussi à la poursuite de notre partenariat avec le Royaume Uni

Enfin il est essentiel de continuer à communiquer avec les Français. Nous bénéficiions d’un fort soutien, mais lf nous faut le préserver.

Discours de Florence Parly, ministre des Armées

Vous trouverez ci-joint le propos liminaire de Florence Parly, ministre des Armées, lors de son audition devant la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale.

Seul le prononcé fait foi.

Madame la ministre, chère Geneviève,

Madame la présidente,

Mesdames et Messieurs les députés,

C’est un plaisir pour moi de vous retrouver, même si c’est par un canal très virtuel, en cette nouvelle année. Permettez-moi aussi de renouveler, pour ceux à qui j’ai déjà pu les formuler, et de vous adresser, pour les autres, mes vœux les plus sincères de très bonne et heureuse année 2021.

Et je sais que cela a été fait dans l’hémicycle avec beaucoup d’émotion tout à l’heure par le Président de l’Assemblée nationale, mais nous souhaitions commencer avec Geneviève Darrieussecq, par rendre hommage à la mémoire du sergent-chef Yvonne Huynh, du maréchal des logis Tanerii Mauri, du brigadier-chef Loïc Risser, du brigadier Quentin Pauchet, ainsi qu’au brigadier Dorian Issakhanian. Cinq militaires morts pour la France, tombés pour nous protéger, cinq noms qui résonneront à jamais dans nos mémoires.

Cinq noms qui nous rappellent que la mission ne cesse jamais et que chaque jour, des milliers de jeunes Françaises et de jeunes Français veillent sur nous, en tout temps, et en tout lieu, que ce soit sur notre territoire ou en opérations extérieures.

1. [Point sur les opérations]

Alors je commencerai, si vous le voulez bien, par un tour d’horizon de nos opérations que je souhaiterais commencer, en revenant sur les temps forts de l’année 2020.

En l’occurrence, premier temps fort, ce fut la crise sanitaire : avec l’opération Résilience déclenchée par le Président de la République, les armées ont œuvré au plus près des Français, pour du soutien médical, du soutien logistique et de la protection. Nous continuons de nous tenir disponibles et prêts à agir s’il le faut. Nous pourrons en reparler naturellement si vous avez des questions.

J’ai aussi eu l’occasion de le dire plusieurs fois devant votre commission : la crise sanitaire qui a bouleversé notre quotidien en 2020 n’a pas mis à mal les combats de la France. Je pense en particulier à la lutte contre le terrorisme, qui s’est poursuivie sans relâche, à la fois sur le territoire national, avec l’opération Sentinelle, renforcée depuis l’attentat de Nice, qui est passée avec une très forte réactivité de 3 000 à 7 000 militaires, mais aussi à l’étranger, principalement au Levant et au Sahel.

Au Sahel, où 5 100 militaires français sont déployés, nous continuons de désorganiser profondément les groupes armés terroristes, notamment en éliminant des responsables clés de ces organisations, comme nous l’avons fait avec l’émir d’Al-Qaïda au Maghreb islamique en juin 2020.

Depuis un an, conformément au souhait du Président de la République, nous concentrons nos efforts sur l’affaiblissement de l’Etat islamique au Grand Sahara, qui est la filiale sahélienne de Daech. L’opération Bourrasque que nous avons conduite entre le 28 septembre et le 1er novembre a notamment permis de perturber la logistique des groupes terroristes en permettant la saisie de très nombreux matériels – des motos, des ordinateurs, des moyens de communication ou bien encore des composants d’engins explosifs improvisés – sans compter les nombreux terroristes qui ont été mis hors de combat.

C’est une opération intégrée, j’insiste sur ce terme, qui a été menée conjointement par 3 000 soldats, 1 600 soldats français et 1 400 soldats des forces partenaires maliennes et nigériennes, ainsi que des moyens aériens français et alliés : Britanniques, Espagnols, Américains et Danois. C’est d’ailleurs à cette occasion que la Task Force Takuba a été engagée dans sa première opération d’envergure. Bien au-delà des succès tactiques, cette opération a participé comme d’autres opérations au retour de l’administration dans la zone des Trois frontières.

Car vous l’avez rappelé madame la Présidente, et je l’ai toujours dit, au Sahel, la solution n’est pas seulement militaire : on ne combat pas le terrorisme uniquement avec des armes. Le seul rôle de l’action militaire, c’est d’ouvrir la voie et de créer un espace pour l’action politique, le retour de l’Etat et le développement, et c’est cela que nous avions acté lors du sommet de Pau, le 13 janvier 2020.

Nous aurons l’occasion avec le sommet de N’Djamena qui est prévu mi-février de dresser le bilan des efforts qui ont été initiés au sommet de Pau, de consolider les partenariats stratégiques avec les acteurs régionaux, avec les acteurs européens et internationaux et puis de maintenir cette dynamique de coopération, notamment au sein de la Coalition pour le Sahel, à l’aube de cette nouvelle année.

Je voudrais dire un mot du Levant et je serai volontairement brève sur ces sujets, je sais que vous avez beaucoup de questions. Au Levant, près de 900 militaires au sein de l’opération Chammal continuent de lutter contre Daech au sein de la coalition internationale.

Je vous annonce par ailleurs, que la prochaine mission du porte-avions Charles de Gaulle sera de renforcer notre dispositif, dans le cadre de l’opération Chammal. Le Groupe aéronaval se déploiera ainsi au premier semestre 2021 en Méditerranée et dans l’Océan Indien. Cet engagement démontre, s’il en était besoin, notre volonté à lutter en permanence contre le terrorisme.

Je voudrais aussi dire quelques mots de la République Centrafricaine, où nous agissons dans le cadre de l’action de la communauté internationale pour garantir le retour progressif de l’Etat dans l’ensemble du pays. Aujourd’hui, nous avons près de 300 militaires français qui y sont déployés. Certains participent à la formation des forces armées centrafricaines, les FACA, dans le cadre de la mission européenne EUTM RCA, d’autres apportent leur appui à la mission des Nations Unies, la MINUSCA.

Vous avez certainement observé que samedi 9 janvier, à la demande du Président Touadera, et en appui de la MINUSCA, le Président de la République a ordonné une seconde mission de survol du territoire centrafricain par des avions de chasse français, après la première mission qui avait eu lieu le 23 décembre.

Cette mission visait à affirmer notre détermination à appuyer les efforts de normalisation qui sont portés par la communauté internationale. Elle a eu des effets immédiats sur le terrain, en particulier dans la région de Bouar où les combats se sont arrêtés. Ces opérations marquent la solidarité de la France avec le peuple centrafricain et marque aussi la condamnation des tentatives de déstabilisation d’un processus de normalisation que nous savons déjà très fragile.

Enfin, je ne peux pas achever ce tour d’horizon sans réaffirmer toute la vigilance des armées françaises en mer Méditerranée. Nous avons constaté en 2020, qu’elle était devenue le théâtre de nombreuses tensions, rivalités, de convoitises, devrais-je même dire. Par ses actions nationales comme à travers l’opération IRINI, conduite par l’Union européenne, la France défend le respect du droit international, la France défend le principe de libre navigation face à des acteurs qui n’hésitent pas à les remettre en cause. Avec nos partenaires, nous redoublerons d’attention dans cette zone en 2021.

2. [Les priorités de 2021]

J’en viens maintenant aux défis à venir, aux menaces qui nous guettent et à la manière dont nous nous y sommes préparés. Nous travaillons ensemble depuis presque trois ans et demi, et le monde devient de plus en plus dangereux. La France doit donc plus que jamais s’efforcer de promouvoir une convergence de vues et d’action européenne : c’est la seule manière de faire durablement face à des menaces qui se présentent à nous. A nous, Français et à nous, Européens.

Nous avons fait ces derniers mois un travail important d’actualisation de notre analyse du contexte géostratégique. Et je vous annonce que nous publierons prochainement ces travaux, qui prendront la forme d’une nouvelle version de la Revue stratégique que nous avions conduite en 2017, revue à l’aune des événements et des évolutions qui ont marqué ces trois dernières années. Je ne verrais à cet égard que des avantages, Madame la Présidente, à ce que vous organisiez une audition spécifique afin que nous puissions en débattre.

Au regard des conclusions de cette revue stratégique actualisée, je constate que la LPM, ses ambitions et ses priorités, conservent toute leur pertinence.

Pour cette année 2021, nous avons selon moi 5 priorités qui doivent guider notre action :

1. Tout d’abord, la relance économique de notre pays ;

Le ministère des Armées, vous le savez, compte bien prendre toute sa part dans l’effort de relance économique de la France, qui est nécessaire pour se relever de la crise sanitaire dans laquelle nous sommes encore.

· Dans ce contexte, la loi de programmation militaire est une contribution essentielle à la relance économique de notre pays. Vous le savez, sur la première partie de cette loi 2019-2023, sur 5 ans, ce sont 110 milliards d’euros qui sont injectés dans l’économie pour les équipements, les infrastructures, ainsi que le maintien en condition opérationnelle : c’est donc, et je le dis avec force un plan de relance à soi tout seul, pour les seules questions de défense ;

· Je rappelle également que nous serons le 1er recruteur de l’Etat avec plus de 26 000 recrutements, c’est plus encore que les années précédentes ;

· Et enfin, j’ajoute que nous avons, dans le cadre de l’appel à projets au titre de la rénovation énergétique des bâtiments du plan de relance gouvernemental, obtenu 207,4 millions d’euros pour conduire les projets présentés par le ministère des Armées.

2. Deuxième priorité, la poursuite de la lutte contre le terrorisme au Levant comme au Sahel où nous devons pérenniser nos partenariats ;

Au Levant, la France est toujours engagée et la France considère que Daech est toujours présent. On peut même parler, je crois, d’une forme de résurgence de Daech en Syrie et en Irak. Depuis la chute de Baghouz, c’était en mars 2019, on constate que l’Etat islamique reprend des forces. Il fait des victimes sur ce théâtre mais il représente aussi, nous ne l’oublions jamais, une menace pour l’Europe et pour la France qui n’a pas oublié que les attentats de janvier et novembre 2015 ont été planifiés depuis cette zone et que des terroristes, comme ça a été le cas cet automne à Conflans ou à Nice, ont été inspirés par les discours de haine tenus par cette organisation et par ses semblables.

Au Sahel, le sommet de Pau a permis d’ancrer des partenariats de plus en plus solides, avec les pays sahéliens mais aussi avec nos alliés européens et internationaux. Il nous faudra donc les prolonger et les renforcer.

Là aussi je ne doute pas qu’il y aura des questions sur ce sujet et donc je ne le développe pas davantage à ce stade.

3. Troisième sujet prioritaire, nous devons poursuivre la construction de l’Europe de la défense et contribuer activement à la préparation de la présidence française de l’Union européenne ;

Je tiens à souligner les progrès réalisés dans ce champ : nous avons avancé sur tous les plans – opérationnel, réflexion, coopération industrielle et du financement : je pense à la Facilité européenne de paix qui entrera en vigueur en 2021, je pense au Fonds européen de défense qui est doté de 8 milliards d’euros. Puis, je pense aux travaux de la boussole stratégique nous permettent pour la première fois d’établir une analyse des menaces pesant sur l’Union européenne, agréée par les 27 Etats-membres. Lors de notre présidence du Conseil de l’Union européenne, c’est un outil qui nous permettra de porter une nouvelle ambition pour l’Europe de la Défense.

Nous pourrons reparler ensemble du SCAF, du MGCS (char du futur) et de l’ensemble des projets de coopération industrielle que nous portons avec nos voisins européens, et avec les Allemands au premier chef.

4. Quatrième priorité, nous continuerons de moderniser nos armées pour faire face aux menaces du futur dans les nouveaux champs de confrontation ;

C’est toute la raison d’être de la LPM. Quant aux champs de confrontation, je pense naturellement au cyberespace – je rappelle que l’hôpital militaire de Sainte-Anne a fait l’objet d’une attaque informatique en 2019 –, et je pense aussi à l’espace, domaine où nous investissons beaucoup, je voudrais d’ailleurs me féliciter du lancement réussi du satellite CSO-2 le 29 décembre dernier, et enfin je pense au champ informationnel. On voit bien les campagnes de désinformation se multiplier, notamment en RCA, mais aussi au Sahel, là encore, nous pourrons en reparler.

5. Et enfin, cinquième priorité, il nous faudra donner un nouveau souffle à nos alliances.

Je pense notamment aux Etats-Unis, où l’installation prochaine de la nouvelle administration américaine est porteuse d’espoir car elle remet au centre le principe même du dialogue et de la coopération. Ce qui ne veut évidemment pas dire que nous allons être d’accord sur tout mais que nous aurons la possibilité d’échanger de façon constructive sur tous les grands défis pour notre sécurité : le terrorisme, la prolifération et notamment le nucléaire iranien, mais aussi la maîtrise des armements, ou encore les stratégies de puissance de la Russie et de la Chine.

Je pense aussi à l’OTAN qui fait face à certains questionnements mais qui reste la pierre angulaire de notre sécurité collective et qui a engagé une réflexion approfondie pour renforcer sa cohésion interne et s’adapter aux nouveaux défis de sécurité.

Et puis je pense enfin au Royaume-Uni, un partenaire qui reste essentiel pour la sécurité de l’Europe au lendemain du Brexit et, avec lequel nous voulons poursuivre notre coopération, tant dans le cadre de l’Union européenne que dans celui des accords bilatéraux de Lancaster House.

Enfin, il reste une dernière priorité, celle qui me poursuit depuis que je suis à la tête de ce ministère et qui ne quitte jamais mon esprit, c’est : communiquer et expliquer sans cesse le sens de notre action aux Français. Nous savons que ces moyens exceptionnels nous confèrent une responsabilité exceptionnelle. J’ai répété maintes fois devant vous que chaque euro dépensé doit être un euro utile, et c’est encore plus indispensable en ces temps où la Nation traverse des épreuves inédites.

Nos armées jouissent d’un fort soutien de la population. Et ce soutien est extrêmement précieux ; mais il ne doit jamais être considéré comme acquis. Et je sais qu’à nos côtés, vous œuvrez pour l’entretenir au quotidien, et je ne peux que vous encourager à continuer de le faire.

Je vous remercie et je passe la parole à la ministre déléguée.

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Les voeux 2020 du président

pour vous souhaiter une bonne année et pour ceux qui n’ont pas eu le temps de le regarder, un résumé du discours des voeux du président. Comme il l’avait déjà fait, il s’est présenté en chef des armées et commençant par saluer les morts et les victimes.

Je vous ai joint l’intégrale du discours en Annexe

L’année 2020 a été marquée par des efforts, mais nous avons fait les bons choix qui nous permettent d’avoir bien résisté. J’ai d’abord une pensée pour les 64 000 victimes et les plus précaires, ainsi qu’une grande reconnaissance pour les soignants.

Nous soutiendrons les acteurs de la culture, du sport et de la restauration. L’épreuve a révélé la solidité de la nation. Malgré la pandémie nous avons continué les réformes comme la baisse des impôts, le congé paternité et de nouveaux droits. Notre pays est un de ceux qui ont le mieux résisté, et qui est le plus intervenu pour soutenir et protéger.

Le Royaume Uni a quitté l’Europe, mais pour nous l’Europe reste la boussole et le but. Nous avons su convaincre l’Allemagne de l’intérêt d’un grand plan de relance. 

Le président énumère ensuite des français modestes mais héroiques et méritants. Marie Corentine, Jean Luc, Gerald, Lucas 11 ans qui a donné sa tablette à des personnes âgées. J’ai été surpris et déçu de n’être pas cité.

Notre nation a montré unité et résilience, les défis à venir 

– la transition écologique

– la lutte pour nos valeurs laicité fraternité sécurité

L’espoir c’est le vaccin. L’espoir c’est notre art de vivre, c’est notre jeunesse à qui nous avons beaucoup demandé, et nous sommes débiteurs vis à vis d’elle

Regardons notre avenir, soyons fiers d’être français, vive la République et vive la France

ANNEXE INTEGRALE DU DISCOURS DISPONIBLE SUR LE SITE DE L ELYSEE

Françaises, Français,

Mes chers compatriotes de l’hexagone, d’outre-mer et de l’étranger,

Ce soir, nous ne vivons pas un 31 décembre comme les autres.

Là où, dans nos villes et nos villages, l’heure est d’habitude aux grands rassemblements, ils sont cette année interdits par l’épidémie : les places de nos communes sont éteintes, nos foyers moins joyeux qu’à l’accoutumée.

L’année 2020 s’achève donc comme elle s’est déroulée : par des efforts et des restrictions. Et j’ai pleinement conscience, par les décisions que j’ai eues à prendre, des sacrifices que je vous ai demandés.

Je suis sincèrement convaincu que nous avons fait les bons choix aux bons moments et je veux vous remercier de votre civisme. De cet esprit de responsabilité collective par lequel nous avons sauvé tant de vies et qui nous permet aujourd’hui de tenir mieux que beaucoup face à l’épidémie.

En votre nom, j’ai ce soir une pensée pour les 64 000 victimes de ce virus, leurs familles et leurs proches. Des parents, des amis, des pans entiers de l’imaginaire français nous ont quitté ces derniers mois.

Oui, cette année 2020 a été difficile. Elle nous a rappelé nos vulnérabilités. Elle a été encore plus injuste pour les plus fragiles. Mais ensemble nous en sortons encore plus unis, et en ayant beaucoup appris.

J’ai aussi une pensée pour tous nos compatriotes vivant dans la précarité, parfois la pauvreté, pour qui la crise que nous traversons rend le quotidien plus difficile encore.

Je veux dire notre reconnaissance à ceux qui se sont mobilisés pour soigner, nourrir, éduquer, protéger, à tous ceux qui par leur travail, leur engagement nous ont permis de tenir debout et ensemble durant ces mois difficiles. Et qui ce soir encore, le font pour la Nation.

A nos concitoyens œuvrant dans les secteurs de la culture, du sport, de la restauration, de l’hôtellerie, du tourisme, ou de l’évènementiel, aux étudiants qui ont souffert et souffrent encore davantage que les autres, je veux leur redire que nous serons là.

Evidemment pour réussir à sortir au plus vite de cette situation.

Et pour leur permettre de tenir dans cette période si dure et injuste pour eux où nous leur demandons de travailler autrement, et parfois même de renoncer à leur activité.

Cette épreuve historique a aussi révélé la solidité de notre Nation.

Malgré la pandémie, nous n’avons jamais renoncé à poursuivre notre ambition de progrès pour chacun en baissant les impôts, en ouvrant de nouveaux droits comme le congé pour les aidants, l’allongement du congé paternité, en soutenant, par des primes, la conversion de notre parc automobile, en ouvrant sur tout le territoire des maisons France services, en investissant dans notre souveraineté et notre recherche de manière historique, en agissant pour produire davantage en France, en Europe.

Nos soignants ont non seulement tenu mais nous avons engagé une transformation en profondeur et des investissements historiques pour notre santé, dont les prochaines années révéleront la pertinence.

Notre pays est l’un de ceux qui est le plus intervenu pour protéger et accompagner les jeunes, les travailleurs, les entrepreneurs. Ce « quoi qu’il en coûte », je l’assume car il a permis de préserver des vies et de protéger des emplois. Il nous faudra bâtir ensemble les réponses qui permettront de ne pas en faire un fardeau pour les générations futures.

Ce soir pour la première fois un pays, le Royaume-Uni, quittera l’Union Européenne. Nous avons scellé il y a quelques jours un accord pour organiser nos relations futures avec lui en défendant nos intérêts, nos industriels, nos pêcheurs et notre unité européenne. Le Royaume Uni demeure notre voisin mais aussi notre ami et notre allié. Ce choix de quitter l’Europe, ce Brexit, a été l’enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et de fausses promesses. Mais je veux moi vous dire très clairement : notre destin est d’abord en Europe.

Notre souveraineté est nationale et je ferai tout pour que nous retrouvions la maîtrise de notre destinée et de nos vies. Mais cette souveraineté passe aussi par une Europe plus forte, plus autonome, plus unie. C’est ce que nous avons bâti en 2020.

Parce que nous avons su conduire les transformations nécessaires et renforcer notre crédibilité, nous avons su convaincre l’Allemagne puis les autres membres de l’Union Européenne de concevoir un plan de relance unique et massif et de décider d’un endettement commun et solidaire pour mieux préparer notre avenir en nous engageant dans la transition écologique et numérique et en créant autant d’emplois que nous le pouvons pour notre jeunesse.

Oui, cette année 2020 ne se résume pas à l’épidémie même si celle-ci a changé nos vies.

Elle a aussi à mes yeux révélé des parcours exemplaires qui sont autant de boussoles pour les temps à venir.

Notre plus grande fierté en effet ce sont les Françaises et les Français. Vous.

***

Marie-Corentine a 24 ans. Au printemps dernier, cette infirmière fraîchement diplômée originaire de Limoges n’a pas hésité à tout quitter pour prêter main forte aux équipes de l’hôpital de Créteil débordées par l’afflux des malades du virus.

Jean-Luc est chauffeur-éboueur en Guyane. Avec ses collègues Anthony et Maxime, ils n’ont jamais cessé de travailler depuis le début de la pandémie. Au plus fort du confinement, ils constituaient cette « deuxième ligne » qui a permis au pays de continuer à vivre, et à la vie de continuer.

Gérald est entrepreneur près d’Angers. Pour faire face à la demande de masques, il a, avec ses salariés, réussi la prouesse d’ouvrir ses usines 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et, plus récemment, d’en installer une autre en un temps record.

Lucas a 11 ans et habite Béthune. Lorsqu’il a découvert la situation d’isolement des personnes âgées atteintes de la COVID-19 dans l’hôpital de sa ville, il n’a pas hésité une seconde et a fait don de sa tablette pour leur permettre de communiquer avec leurs proches et de retrouver le sourire. Il a été suivi par de nombreux autres.

Rosalie est libraire à Bagnolet en Seine-Saint Denis. Comme tous ses confrères, elle a beaucoup souffert de la fermeture des commerces, malgré les aides, elle a su innover. Mettre en place un site internet pour permettre la vente à emporter lors des semaines les plus dures. Et les clients, à Noël, ont répondu présents.

Romain est gendarme à Tende, dans les Alpes-Maritimes. La nuit du 2 au 3 octobre, des inondations menacent d’emporter une maison de retraite. Au péril de sa vie, il parvient à évacuer plus de 70 résidents, leur sauvant la vie. Avec les policiers de Nice, qui ont mis fin à l’attentat de la Basilique Notre-Dame de l’Assomption, avec Arno, Cyrille et Rémi, gendarmes tués alors qu’ils portaient secours à une femme battue dans le Puy de Dôme, avec Tanerii, Dorian et Quentin, militaires morts lundi dernier en opération au Mali, ils sont des héros de la Nation.

Medhi est professeur de sciences économiques et sociales dans les quartiers Nord de Marseille. Comme des milliers d’enseignants, il a eu, quelques jours après l’assassinat de Samuel PATY, à organiser un cours sur la laïcité. Pour cela, il a pris le temps de se former auprès d’autres professeurs et d’inspecteurs d’académie. Avec courage, il est alors revenu auprès de ses élèves sur nos valeurs, leur histoire. Assumant cette haute mission de notre école, de nos enseignants : faire des républicains.

Wendie est footballeuse. Comme tous les sportifs amateurs et professionnels, elle a vécu une saison difficile avec des entraînements impossibles, des compétitions décalées, des matchs sans public. Pourtant, elle a puisé en elle la force d’âme d’aller remporter avec son club de toujours une 7ème Ligue des champions, un record, et de nous faire rêver dans cette période grise.

Mauricette a 78 ans. Elle réside dans une maison de retraite de Sevran et il y a quelques jours, vous l’avez tous vu, comme moi, elle a été la première française à se vacciner contre la COVID 19, envoyant, contre l’obscurantisme et le complotisme, un magnifique message d’espoir pour l’année qui s’ouvre.

Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de votre sœur, de votre voisin, de vos amis, de ces milliers d’anonymes qui, engagés et solidaires, ont tenu notre pays dans l’épreuve.

Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de l’espérance. Ceux de France.

***

Mes chers compatriotes,

Notre Nation a traversé cette année avec une telle unité et une telle résilience : rien ne peut lui résister.

Notre Nation a été capable, dans ces temps difficiles, de tant d’innovation, d’inventivité, de générosité : tout lui est possible.

En 2021, quoi qu’il arrive, nous saurons donc faire face aux crises – sanitaire, économique et sociale, terroriste, climatique – qui ne s’éteindront pas avec le 1er janvier. Les premiers mois de l’année seront difficiles et, au moins jusqu’au printemps l’épidémie pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays.

En 2021, quoi qu’il arrive, parce que nous nous y sommes préparés, nous saurons aussi relever les défis à venir :
– la transition écologique et la protection de la biodiversité, avec la mise en œuvre des propositions de la convention citoyenne, et d’autres réformes.
– la lutte pour la République et pour nos valeurs, la laïcité, la fraternité, pour plus de sécurité. – la poursuite de notre engagement pour le mérite, le travail, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les inégalités et les discriminations.

Les épreuves que nous avons affrontées auraient pu émousser notre enthousiasme, désaltérer l’espoir. Il n’en n’est rien.

L’espoir est là dans ce vaccin que le génie humain a fait advenir en un an seulement. C’était impensable il y a encore quelques mois. Et je vous le dis avec beaucoup de détermination ce soir : je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquelles la vaccination doit se faire. Je ne laisserai pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s’installer : chaque Français qui le souhaite doit pouvoir se faire vacciner. De manière sûre et dans le bon ordre, en commençant par ceux qui présentent le plus de risques.

L’espoir est là, et l’espoir grandit chaque jour dans cette relance qui déjà frémit en France plus qu’ailleurs et qui va nous permettre, dès le printemps, d’inventer une économie plus forte, tout à la fois créatrice d’emplois, plus innovante, plus respectueuse du climat et de la biodiversité et plus solidaire. Et je sais le Premier ministre et le gouvernement pleinement mobilisés.

L’espoir vit dans la liberté que nous retrouverons, dans la force de notre culture, de notre art de vivre à la française, dans les leçons aussi que nous saurons tirer de cette crise pour plus de simplicité, d’efficacité, et parfois tout simplement, de bon sens.

L’espoir vit dans notre jeunesse. Nous lui avons tant demandé : des sacrifices, de renoncer aux rencontres qui sont à cet âge plus qu’à d’autres le sel de la vie. Nous lui avons tant demandé pour sauver des vies en particulier celles des plus fragiles de nos aînés. Nous sommes donc ses débiteurs pour nos choix à venir et je m’y engage : c’est pour notre jeunesse que nous devons continuer à agir, à transformer, à avancer. Nous n’ajouterons pas au coût de la crise, celui de l’inaction.

En luttant contre le virus, en nous battant contre ses conséquences économiques et sociales, en refondant une société plus forte, fraternelle et durable, c’est la France de 2030 que nous bâtirons. Tel est notre cap.

Alors ensemble, dans la concorde, regardons devant nous, regardons notre avenir, préparons dès aujourd’hui ce printemps 2021 qui sera le début d’un nouveau matin français, d’une renaissance européenne.

Restons ce peuple uni, solidaire, fier de son histoire, de ses valeurs, de sa culture, confiant dans l’avenir et le progrès, sûr de son talent et de son énergie et ambitieux pour lui-même. Quoi qu’il arrive.

Soyons fiers. Fiers d’être « nous », les Français, la France.

Voilà mes chers compatriotes.

Bonne année à tous.

Que 2021 soit une année heureuse pour chacune et chacun et une année utile pour notre pays.

Vive la République.

Vive la France.