discours du président à l'école de guerre le 7 février 2020

mesdames et messieurs les ministres

mesdames et messieurs les élus

Monsieur le CEMA, messieurs les officiers généraux

messieurs les officiers stagiaires de l’EDG

il aurait pu ajouter messieurs les officiers qui préparez l’EDG

c’est un réel plaisir de me trouver parmi vous au sein de cette prestigieuse école de guerre qui a formé tant de nos chefs militaires. Aucun chef de l’état n’est revenu ici depuis Charles de Gaulle qui avait annoncé il y a 60 ans la création de la force de frappe française. Il n’est pas nécessaire de rappeler que la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens comme le dit un auteur dont la fréquentation est recommandée ici.
A une vision de l’état du monde aujourd’hui et de son évolution prévisible
Alors que les défis mondiaux exigent de la coopération, nous voyons un délitement des institutions internationales. La lutte contre le terrorisme reste la priorité, mais nous ne pouvons limiter notre stratégie de défense à une seule menace. Les stratégies de puissance se manifestent dans les espaces numériques, exo atmosphériques et aériens. Nous vivons une époque de ruptures, la première étant d’ordre stratégique
– la compétition entre les états unis et la Chine structure les relations internationales
– la stabilité stratégique en Europe dépend de notre capacité de nous investir de façon plus autonome
– la frontière entre temps de guerre et temps de paix a tendance à se diluer
Certains états optent pour une stratégie nucléaire opaque et agressive, rendant la dissuasion plus instable. Le tabou des armes chimiques a été brisé plusieurs fois en Syrie. Nos armées doivent faire face à un durcissement de leur environnement.
La deuxième rupture est d’ordre politique et juridique, c’est la crise du multilatéralisme face aux rapports de force. Il pose une question aux démocraties, pouvons nous être les seuls à accepter les règles internationales? Mais aucun peuple ne peut trouver son intérêt dans un affaiblissement des droits de l’homme

les européens doivent prendre conscience du risque d’assister à une nouvelle course aux armements.
Enfin la troisième rupture est technologique
La technologie est devenu un arbitre et le terrain de luttes stratégiques.
Ces ruptures nous obligent à penser ce que pourront être les guerres de demain, étant bien conscients qu’en ce début de 21ème siècle, ni les dieux ni les hommes n’ont dit adieu aux armes.
il y a d’abord les conflits intra étatiques où des états tiers se font face, comme en Syrie, en Irak ou en Libye. L’opération Hamilton conduite avec les états unis et l’Angleterre contre l’usage des armes chimiques en Syrie en est l’illustration. Il y a aussi des zones de friction entre puissance comme en mer de Chine ou en Méditerranée. C’est aussi le cas dans l’espace devenu un lieu de confrontation. L’escalade de début janvier en Irak montre que ces situations peuvent conduire à la crise. Les théâtres de crise au levant sont un test pour la cohésion du P5 dont je souhaite qu’il se réunisse pour montrer sa capacité à se mobiliser. Nous devons alors reprendre notre destin en mains.
B les moyens du sursaut multilatéralisme, partenariat et ambition européenne
Pour garantir la paix, le monde a besoin d’un multilatéralisme qui fonctionne. Nous attendons des grands partenaires de l’Europe qu’ils préservent le droit international. L’Europe doit s’investir dans ce multilatéralisme. Ces exigences découlent directement de l’ambition de souveraineté pour l’Europe que je porte depuis mon élection. Les Européens doivent pouvoir agir seuls en cas de besoin. Ils ne doivent pas oublier les leçons de l’Historie, le droit et la démocratie sans la force ne tiennent pas longtemps. Le projet de défense nécessite de reconstruire la confiance avec la Russie. Les Européens doivent aussi s’investir dans le désarmement. L’attitude de la France qui a démantelé sa composante nucléaire terrestre est exemplaire. Il nous faut soutenir et promouvoir le TNP, traité le plus universel au monde. Le désarmement doit aussi être vérifié.
Les traités bilatéraux entre les états unis et la Russie sont liés à la taille impressionnante de leurs arsenaux nucléaires. Il est essentiel que le traité New Start soit prolongé au delà de 2021. La France est prête à participer aux discussions. Cette ambition de la France nécessite un réseau d’alliance et de partenariats, ainsi que d’une diplomatie globale. Au levant, elle lutte contre le terrorisme avec ses partenaires internationaux et africains du G5 Sahel.
L’Europe de la défense ne peut tirer sa force que des armées nationales, dont les budgets doivent être préservés. La question n’est pas de savoir si la défense européenne doit se faire avec ou sans Washington. La France est fidèle à l’Alliance atlantique dont elle partage les valeurs. La France est convaincue que la sécurité en Europe passe par un alliance forte avec les états unis. Mais elle passe aussi par une plus grande autonomie des européens. Les vraies questions pour les européens sont pourquoi ont il à ce point diminué leur effort de défense depuis les années 90? Ce rééquilibrage des budgets de défense est souhaité par les états unis.
Mais la réponse n’est pas seulement militaire. La liberté d’action européenne passe parla souveraineté économique et numérique. Il nous faut une base industrielle de défense compétitive et solide. Il nous faut aussi une culture stratégique partagée. C’est ce que nous avons voulu faire avec l’Initiative Européenne d’Intervention.
C Comment cette ambition se décline t elle au travers de notre stratégie de défense?
Notre stratégie de défense se définit comme notre capacité à défendre nos concitoyens et à contribuer à la sécurité de l’Europe. J’ai récemment décidé que l’effort budgétaire militaire serait augmenté, et je l’assume devant la nation. Mais cet effort doit être au service d’une vision stratégique. Ce qui doit nous guider, c’est la réalité des menaces d’aujourd’hui et demain. Notre outil de défense doit relever trois défis
– il s’agit d’abord de protéger nos concitoyens. J’assume cette responsabilité par la dissuasion nucléaire.
– mais notre territoire n’est pas isolé du monde? Nous devons donc relever le défi que représentent certains états faillis et propices à la violence. C’est l’enjeu de nos OPEX. Il faut également que la France se renforce dans les nouveaux domaines comme le cyber ou l’espace.
-certaines crises régionales pourraient également nous amener à affronter de nouveaux ennemis.
Dans cette stratégie, la dissuasion est la clé de voûte de notre défense.
Ma responsabilité de chef d’état est celle du temps long, en fixant l’horizon à plusieurs dizaines d’années. Notre dissuasion qui a évité la guerre garde toute sa pertinence. Je réaffirme que la France ne s’engagera jamais dans une bataille nucléaire ou une riposte graduée. En renforçant la sécurité européenne, nos forces nucléaires jouent leur rôle européen. Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos alliés européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion française dans notre sécurité commune. Ce dialogue participera à la construction d’une véritable culture stratégique. Nos forces nucléaires contribuent aussi au renforcement de l’Alliance atlantique au côtés des états unis et de l’Angleterre. Nous poursuivrons notre collaboration avec la grande Bretagne et le Brexit n’y changera rien.
Notre objectif doit être d’oeuvrer à l’instauration d’un ordre international avec une gouvernance mondiale efficace capable de faire respecter le droit. Pour cela il faut circonscrire le rôle de la dissuasion aux circonstances extrêmes de légitime défense. Les armes nucléaires doivent rester des instruments de dissuasion, à des fins d’empêchement de la guerre. La doctrine nucléaire de la France s’inscrit dans ce cadre. J’appelle les dirigeants des autres puissances nucléaires à faire preuve de la même transparence, et à renoncer à toute tentative d’instrumentalisation à des fins coercitives ou d’intimidation.

organisation militaire et de défense et revue stratégique de défense

ORGANISATION MILITAIRE ET DE DEFENSE

La politique de défense a pour objet d’assurer l’intégrité du territoire et la protection de la population contre les agressions armées. Elle contribue à la lutte contre les autres menaces. Elle pourvoit au respect des alliances et des traités et participe dans le cadre européen à la politique de défense commune. Les principes généraux sont décrits dans le code de la défense, créé par l’ordonnance du 20 décembre 2004, elle-même ratifiée par la loi du 12 décembre 2005. La répartition des responsabilités des autorités politiques est précisée par la constitution.

Les responsables institutionnels
Le président de la république est le chef des armée (article 15) garant de l’indépendance nationales, il est le seul à pouvoir donner l’ordre d’engagement des forces nucléaires. Il définit les orientations et arrête les décisions en matière de défense. Il nomme aux emplois civils et militaires de l’état.
Ce rôle de chef des armées fait du président de la république l’homme fort de notre époque. Il est ainsi l’héritier des rois, qui conduisaient leur armée à la guerre. C’est lui le seul qui peut déclencher le feu nucléaire ainsi que l’engagement de la France en opération. Comme disait François Mitterrand, la dissuasion, c’est moi.
Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Pour cela il dispose de l’administration et de l’armée. Le premier ministre est responsable de la défense nationale. Il s’appuie sur le SGDN transformé en 2009 en SGDSN.
Le ministre de la défense prépare et met en œuvre la politique de défense dont il assume, avec le premier ministre, la responsabilité devant le parlement. Il est assisté par le chef d’état major des armées, le délégué général pour l’armement, le secrétaire général pour l’administration, les chefs d’état major des trois armées.Dans chaque ministère, un haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) est en charge des problèmes de défense et de sécurité de son ministère. La réduction des effectifs engagée depuis 2008 a été remis en question suite aux attentats récents. 
Le ministre de l’intérieur met en œuvre la défense civile (ou j’ai travaillé avec Laurent) 
le parlement vote les lois de programmation militaires.

Les acteurs de terrain
La défense nationale repose sur la défense militaire, la défense civile, et la défense économique
La défense militaire comprend 
– les forces armées sous l’autorité du CEMA constituées de l’armée de terre, de la marine, de l’armée de l’air et de la gendarmerie nationale. La DGA est le premier acteur européen en matière de recherche de défense.
-la réserve est constituée de deux branches la réserve opérationnel et la réserve citoyenne. La réserve opérationnelle est constitué d’anciens militaires et de volontaires . La réserve citoyenne est constituée de volontaires bénévoles, comme votre serviteur.
La défense civile incombe au ministère de l’intérieur. Elle veille au maintien de l’ordre public, et assure la sécurité civile, c’est à dire la protection des citoyens contre les événements graves.
La défense économique comprend la défense économique régalienne qui veille au bon fonctionnement de l’économie, et d’autre part repose sur des liens entre l’état et les entreprises.

REVUE STRATEGIQUE DE DEFENSE ET DE SECURITE 2017
Préface du président de la Répubique
Nous sommes entrés dans une zone de grandes turbulences. La France et l’Europe sont en première ligne. Le terrorisme islamique se propage à de nouvelles régions. Au niveau international, c’est quelquefois la loi du plus fort et la volonté de puissance.L’idée européenne est profondément ébranlée par le brexit et le doute de sa population.
Seule une France forte peut apporter des réponse. Nous renforcerons notre position au conseil de sécurité, et notre capacité d’initiative et d’action.
C’est pourquoi j’ai décidé le maintien de notre dissuasion. Je souhaite que l’armée dispose des moyens nécessaires.Sa mission reste la protection des français et de notre territoire. Elle doit pouvoir se projeter loin partout où c’est nécessaire.
Les progrès de l’Europe de la défense doivent être consolidés. le moment est donc venu de relancer l’Europe de la défense.

Introduction
Les menaces se sont renforcées et le multilatéralisme s’est affaibli. Viennent s’ajouter la complexité et la simultanéité des crises aux quelles nous sommes confrontés, au Sahel et au moyen orient. L’affrontement s’étend à l’espace numérique.
La France ne peut faite face seule, sans nos partenaires américains et européens
Nous avons des intérêts globaux qui dépendent de notre place dans les institutions mondiales.
La responsabilité de la France repose sur une singularité, seul pays européen après le brexit représenté au conseil de sécurité et doté de la force nucléaire, elle doit préserver son autonomie stratégique et bâtir une Europe plus robuste.
Il appartient maintenant à la LPM de veiller à ce que la France dispose d’un modèle d’armée complet et équilibré.

Partie A un contexte stratégique en dégradation rapide et durable
1 un système interantionnal contesté
1 remise en cause de l’ordre multilatéral
L’incertitude générale conduit certains à douter de leurs alliés, ou à rechercher encore plus d’autonomie, tandis que d’autres développent des ambitions nationalistes. l’influence accrue d’acteurs non étatiques accentue cette dynamique. Les règles et les institutions internationales sont contestées. Certaines grandes puissances privilégient les rapports de force.
On reproche à l’ONU son inefficacité et les opérations de maintien de la paix sont critiquées, elles sont pourtant en progrès. La Russie conteste les institutions internationales, et la Chine privilégie l’influence économique dans son voisinage. Les états unis ont aussi recours à l’action unilatérale.

1.2 déconstruction de l’architecture de sécurité en Europe
L’architecture héritée de la guerre froide garantissait la stabilité. Mais l’annexion de la Crimée fragilise cette structure. Les conséquences de cette déconstruction sont graves.

13 Tensions au sein de l’union européenne
L’union européenne a du affronter des crises comme la crise économique, celle du brexit, et celle du terrorisme islamique.En parallèle, des mouvements populistes ont ébranlé ses fondements. Elle a aussi été fragilisée par la propagande djihadiste.

2 Une France exposée et engagée
2.1 des engagements simultanés inscrits dans la durée
Les nombreuses crise où l’armée est engagée l’a mise sous tension.
Le territoire national a été frappé par le terrorisme islamique. Les capacités de surveillance sont aussi engagées.
L’espace sahélo saharien connait un risque d’enracinement du terrorisme djihadiste. Pour les contenir, l’opération Barkhane se coordonne avec le G5 Sahel et les partenaires européens.
L’armée est aussi impliquée au moyen orient. Les risques se poursuivent en Irak, en Syrie et au Liban et l’absence de règlement du conflit entre Israel et les palestiniens complique la situation. La rivalité entre l’Iran et l’Arabie saoudite est également problématique.
Les flans nord et est souffrent avec l’Ukraine et la Crimée. En Baltique, la posture provocatrice se manifeste également.

2.2 des zones porteuses de risque
La Libye concentre de nombreuses menaces, y compris migratoires. La région des Balkans reste divisée.
La France a un intérêt ancien dans la stabilité du continent africain qui n’est pas acquise. Le décollage de l’Afrique sub saharienne est rassurant, de même que la consolidation de la démocratie dans certains pays. Mais une radicalisation islamique touche une part importante de la population. La Chine est très présente en Afrique.
En Asie, la crise coréenne se poursuit. La Chine se montre offensive en mer de Chine. L’Asie du sud est fragilisée par la rivalité entre l’Inde et le Pakistan. L’armée est également fortement impliquée sur le territoire national avec l’opérartion sentinelle.

3- Des fragilités multiples, facteurs d’aggravation des crises
La population mondiale continue d’augmenter et singulièrement en Afrique.Les conflits récents ont entraîné des déplacements importants de population. L’afflux des migrants constitue un défi majeur pour l’Europe.
Le dérèglement climatique qui s’accentue affecte de nombreux pays, et accentue les oppositions. L’accroissement des mouvements de population augmente singulièrement les risques sanitaires.
L’approvisionnement en énergie est aussi un domaine de compétition stratégique majeure. Le choix du nucléaire a donné à la France une grande indépendance.
La criminalité organisée avec la drogue s’est renforcée avec le terrorisme islamique qui a les mêmes pratiques.

4 Des ruptures technologiques et numériques
Les ruptures technologiques alimentent l’instabilité car de petits états ou même des particuliers ont maintenant accès à des armements redoutables. l’intelligence artificielle est appelée à jouer un rôle majeur dans la défense. Un risque de décrochage de l’Europe existe face aux grandes puissances dans les domaines de haute technologie. L’espace apparaît comme un nouveau domaine de compétition et de rivalités. Les menaces se renforcent dans le cyberespace.

Partie B de nouvelles formes de guerre et de conflictualité
L’enracinement et la diffusion du terrorisme djihadiste est une menace très importante. Daesch est parvenu à s’adapter malgré les revers subis territorialement. L’abondante diffusion d’armes de toutes natures rend la situation difficile. Le conflit en Syrie a été l’occasion d’une banalisation de l’utilisation des armes chimiques.
La lutte contre la prolifération nucléaire s’impose comme une nécessité. Le défi de la Corée du nord a bouleversé les équilibres régionaux.
La faible part des dépenses militaires des européens les fragilise face aux américains mais aussi à la Russie et la Chine.
La Russie cherche à affaiblir le lien transatlantique et à diviser l’Europe. Elle s’impose maintenant au niveau mondial. Lancés dès les années 2000 les efforts russes (entre 3 et 4% du PIB) de modernisation portent leurs fruits. Cette affirmation appelle fermeté et dialogue.
La Chine devient la seconde puissance mondiale. Elle voudrait surpasser les états unis. Il faut donc développer avec Pékin un dialogue stratégique lucide et exigeant.

3 de l’ambiguité à l’escalade
Les nouveaux milieux de confrontation comme les nouvelles technologies permettent d’agir à distance en s’affranchissant des frontières entre l’intérieur et l’extérieur. Il résulte de ces nouveaux modes d’affrontements un risque accru d’escalade et de montée aux extrêmes. De telles évolutions rendent les rapports de puissance plus instables.

Partie C notre stratégie de défense: autonomie stratégique et ambition européenne
La France doit relever quatre défis majeurs
– la protection du territoire national
– la capacité à répondre à une crise dans notre voisinage
– conserver l’ascendant sur les adversaires non étatiques
– assumer nos responsabilités dans une confrontation avec des acteurs étatiques
En conséquence, l’armée française doit être capable d’opérer sur tout le spectre, ce qui justifie le modèle d’un modèle d’armée complet et équilibré, condition de l’autonomie stratégique française.
Pour la France, l’autonomie stratégique repose sur un haut degré d’autonomie industrielle et les moyens d’une autonomie opérationnelle.
1-Intérêts de sécurité et autonomie stratégique
L’autonomie stratégique reste un objectif prioritaire de la défense. La France doit conserver sa capacité à agir seule. La cohésion nationale conditionne le soutien aux armées. Elle est menacée. L’autonomie repose aussi sur notre diplomatie. L’investissement de la France auprès de l’Europe et de l’OTAN reste déterminant.
2- Une ambition européenne exigeante et des responsabilités globales
La France doit s’investir dans la refondation d’un ordre multilatéral qui, en matière de défense passe par l’Europe. Celle ci doit travailler à une autonomie stratégique commune. La création du FED (fond européen de défense) est un événement majeur. La CSP doit aussi permettre des progrès. 
L’OTAN tient aussi une place centrale dans la défense de l’Europe. La remontée eu puissance des européens qui doivent consacrer 2% de leur PIB à la défense d’ici fin 2024 traduit une prise de responsabilité croissante. Le partenariat avec les états unis doit être maintenu même si on a le sentiment d’un certain éloignement. Les relations avec l’Allemagne et l’Angleterre doivent aussi être renforcées. Pour renforcer l’Europe de la défense la France a proposé l’Initiative européenne d’intervention qui doit renforcer l’interopérabilité.
Le monde a besoin d’un multilatéralisme efficace porté par une ONU forte. La France entretient aussi des partenariats de sécurité au Moyen Orient et en Afrique.
3- une ambition industrielle et technologique réaffirmée
La base industrielle et technologique de défense (BITD) est constituée d’une dizaine de grands groupes et de 4000 PME représentant en 2017 plus de 200 000 emplois en France. Ce moteur industriel est un enjeu de souveraineté, et contribue à l’indépendance nationale. Les succès français dans ce domaine doivent continuer à avoir le soutien de l’état.De même la capacité de la France à agir dans le cyberespace dépend du développement technologique.
La dissuasion demeure la clé de voûte de notre défense. Elle est strictement défensive. Elle contribue à la sécurité de l’Alliance atlantique et de l’Europe.
La mission première des armées reste la protection du territoire national. Notre aptitude à anticiper, comprendre et prévoir est essentielle. Le renseignement en est l’élément premier et doit être renforcé. La menace cyber doit aussi être pleinement prise en compte.
L’intervention constitue aussi un élément clé de notre défense. Cette intervention peut être directe ou en partenariat. On peut comme au Sahel tenter de stabiliser une région en crise.
La prévention enfin consiste à stabiliser des états en difficulté.
5 Des armées adaptées aux défis stratégiques actuels et futurs
Pour assurer l’ensemble des fonctions stratégiques, un modèle d’armée complet est nécessaire. Les armées doivent pouvoir s’engager sur l’ensemble du spectre de la menace. La France recherche aussi des partenariats, notamment en Europe.
Les opérations s’inscrivent dans le temps long avec une durée moyenne de 15 ans pour les plus récentes.
Conclusion
La France et l’Europe sont exposées à de nombreuses crises. A la persistance de la menace djihadiste s’ajoutent des politiques de puissance. L’émergence d’un monde multipolaire s’accompagne de rivalités accrues. L’incertitude est d’autant plus forte qu’elle s’accompagne d’une contestation des normes internationales.
La réponse de la France passe par la consolidation de son autonomie stratégique. Elle implique le renouvellement de la force de dissuasion et le développement du renseignement. L’état doit aussi renforcer sa capacité industrielle, ainsi que la force de sa diplomatie.
Cette consolidation doit aussi renforcer l’Europe de la défense.

droit des conflits

un sujet dont j’ignorais l’existence jusqu’à la préparation du concours. Quand on voit la tournure du conflit des retraites et le sort des parisiens dans le métro, on se dit que ce droit devrait aussi s’étendre aux conflits sociaux, où il serait souhaitable qu’on se préoccupe un peu plus du sort de la population.

un sujet intéressant, le droit des conflits qui à mon avis est assez proche des sujets d’écrit ou d’oral. Le problème souvent posé est de savoir s’il est appliqué. En effet, dans un conflit l’application de ce droit en dit long sur les parties prenantes. En première approche, on peut considérer que ceux qui respectent le droit sont  les démocraties occidentales ce qui, au niveau mondial fait assez peu de monde.

Il est aussi intéressant de constater que la France, l’Angleterre et les états unis sont intervenus pour punir Haffez el Assad d’avoir utilisé les gaz contre sa population, une intervention pour imposer le respect du droit des conflits. A l’opposé on voit que Daesch était clairement positionné en violation de ce droit en permanence.

Il est vrai aussi qu’au cours de l’histoire pendant les guerres de religion ou même en Algérie, la France n’a pas toujours été exemplaire.

Au fil des siècles, les nations ont acquis la conviction que le droit devait s’imposer dans les conflits, afin de limiter les effets les plus néfastes, les conflits contemporains étant très meurtriers. Au tournant du vingtième siècle, est apparue la convention de Genève en 1906. Elle marque l’apparition  d’un droit humanitaire protecteur des victimes et d’un droit de la guerre qui encadre l’action des combattants. Après les deux guerres mondiales , sont arrivées les quatre conventions de Genève du 12 août 1949 qui constituent aujourd’hui encore la base du droit humanitaire. Le champ d’application s’est ensuite élargi à des aspects tels que la protection des biens culturels ou la protection des enfants.

Tous les militaires de l’armée de terre, de la marine nationale, de l’armée de l’air et de la gendarmerie nationale sont tenus d’appliquer les règles du droit des conflits armés, qui sont contenues dans le bulletin officiel en édition méthodique BOEM 101-2, disponible depuis l’année 1998 dans les unités, les états-majors et les écoles du ministère de la Défense. La directive du ministre de la Défense n° 000147 en date du 4 janvier 2000 a réaffirmé, dans le prolongement d’une directive ministérielle du 15 avril 1991, l’importance de la bonne connaissance de ces règles par les militaires : cette connaissance est un préalable nécessaire à leur mise en oeuvre adéquate. Vous êtes donc tenus de les connaître et de les respecter. Est ce le cas, étant donné le très grand nombre de référentiels réglementaires que j’étais tenu de respecter dans le nucléaire et que je ne connaissais pas, je serais mal placé pour vous faire des remarques. Mais un peu de mauvaise foi de temps en temps ne fait pas de mail.

Qu’est ce que le droit des conflits ?

Il constitue une branche du droit international public ,et comprend trois domaines

– le droit de la guerre il regroupe les conventions de la Haye. Ces textes cherchent à protéger les combattants des effets les plus meurtriers, aussi bien les combattants que les victimes civiles.

– le droit humanitaire regroupe les conventions de Genève concernant les blessés, les naufragés  les prisonniers et la population civile.

– le droit de la maîtrise des armements regroupe les conventions internationales limitant l’utilisation de certaines armes, comme les armes chimiques ou biologiques.

Pourquoi un droit des conflits?

C’est à l’occasion des conflits que la puissance des états se manifeste avec le plus de vigueur. Certains états privilégient l’efficacité par rapport au droit. A l’inverse le respect du droit limite les effets inhumains. Les règles de ce droit constituent une protection précieuse pour les forces armées et les populations civiles. Elles encadrent l’action des forces armées qui contribuent à l’image de la France lors des opérations extérieures.

Quand s’applique t il?

Il s’applique en période de conflit armé, y compris lors d’une guerre civile. Les tensions internes, les émeutes ne sont pas considérées comme des conflits. Le noyau dur des droits fondamentaux de la personne humaine s’applique en toutes circonstances. . Les trois principes sont le principe d’inviolabilité qui garantit à tout homme le respect de sa vie, le principe de non discrimination qui indique que les individus sont traités sans distinction de race, de sexe ou de nationalité, le principe de sûreté qui garantit qu’un individu ne peut être tenu responsable pour un acte qu’il n’a pas commis.  Il s’applique aussi bien aux combattants qu’aux populations civiles impliquées dans le conflit.

Quels en sont les principes ?

-Un principe d’humanité, qui veut éviter si possible les maux superflus engendrés par le recours à la force. Le choix des moyens et méthodes devient limité. Il  relève d’une logique d’humanité.

– un principe de discrimination, également connu comme principe de précaution, impose aux belligérants de distinguer les objectifs militaires qui peuvent être attaqués, des biens et populations civiles qui ne doivent pas l’être.

– un principe de proportionnalité, qui vise à éviter une attaque qui provoque des dommages excessifs par rapport à l’avantage militaire obtenu.

Quels sont les enjeux de ce droit?

Le respect du droit des conflits est une garantie d’efficacité. Il valorise le comportement des combattants. Il facilite la sortie de crise. Il rejoint le principe d’économie des forces et des moyens. 

Qui est en charge de son application?

Les combattants doivent respecter ce droit en toutes circonstances. Le commandement doit s’en assurer. Les manquements peuvent être sanctionnés devant des tribunaux français ou internationaux. 

Comme il le développe dans le livre vert, le général Bosser montre que l’armée française s’inscrit dans la tradition de la guerre juste. Il n’y a pas de victoire pour celui qui a perdu son âme. La guerre et le combat est aussi un lieu où s’expriment des valeurs morales comme la solidarité, et les soldats ont souvent l’occasion d’aider les populations qu’il côtoie. 

On a souvent cité l’exemple, dans la seconde guerre mondiale d’une Wehrmacht respectueuse à côté de SS barbares, ce qui a fait dire au président Mitterrand lorsqu’il célébrait la fin de cette guerre que tous ces soldats étaient courageux. Et peu importe leur uniforme et même leur convictions, ils se battaient pour leur pays pour lequel ils allaient mourir en si grand nombre. Quel plus bel hommage, et quel courage de célébrer ainsi les soldats français et allemands, qui combattent maintenant ensemble dans les forces d’intervention européennes.

Une des évolutions majeures de ce droit concerne à l’heure actuelle les armes létales autonomes. Elles posent des interrogations éthiques et juridiques importantes, car d’un côté elles peuvent aider les soldats et limiter les pertes en vies humaines, mais le fait de donner la mort sans contrôle humain ne semble pas acceptable. C’est pourquoi la plupart des pays, dont la France ont souhaité les interdire.

le conflit sunnites chiites

Ce conflit me rappelle d’abord les guerres de religions qui ont ensanglanté l’Europe pendant une longue période allant du 16ème au 18ème siècle. L’opposition était théologique, mais aussi un conflit de puissance. Les protestants ayant une attitude moins négative à l’égard de l’argent que les chrétiens réussissaient mieux sur le plan économique.

Ce conflit structure les relations internationales dans le golfe et plus globalement dans le monde, et structure l’Islam.

La fracture sunnites/chiites est d’abord une fracture théologique. Le schisme de 656 entre sunnites et chiites a été réactivé par la révolution iranienne de 1979. Aujourd’hui, Daech se réclame du sunnisme, courant très majoritaire de l’islam. Ses ennemis les plus déterminés sont les chiites, que ce soit en Iran ou en Irak.

Mais dans l’Orient compliqué, où l’Islam est dominant, la fracture sunnites/chiites cache aussi des rivalités entre puissances, des questions sociales et nationales.

Des clivages religieux mais aussi géopolitiques

L’affrontement moderne entre sunnites et chiites s’est exacerbé au xvie siècle avec la constitution de l’Empire ottoman sunnite combattant l’empire perse chiite. Il existe depuis une certaine tension entre ces deux obédiences. Le xixe siècle se caractérise par deux mouvements contradictoires : œcuménique pour une part mais aussi identitaire.

Pour autant, jusqu’à la révolution islamique iranienne de 1979, l’opposition chiites/sunnites demeure secondaire dans l’espace musulman où prédominent les questions nationales et sociales.

C’est depuis l’installation de la République islamique en Iran en 1979 que les chiites redressent la tête un peu partout dans le monde, du Pakistan à l’Inde, de l’Afghanistan à la Chine, au Yémen, au Sud-Liban (avec le Hezbollah) à la Syrie (où les alaouites sont au pouvoir depuis 1966) à l’Irak où ils se sont renforcés après l’invasion américaine de 2003. Les Iraniens contrôlent le golfe Persique et le détroit d’Ormuz, par lequel passe près de 20?% du pétrole mondial.

L’Iran est ainsi devenu la patrie du chiisme, l’équivalent de ce qu’a longtemps été l’Arabie pour le sunnisme même si, pour cette dernière, ce rôle lui est un peu contesté dans le monde sunnite par le Qatar et l’Égypte.

Malgré leur nombre restreint, les chiites représentent une menace pour les sunnites de la péninsule Arabique et même au-delà. Ils contrôlent Sannaa, la capitale du Yémen. Ils sont concentrés dans la région pétrolière du royaume saoudien. 70% de la population du Bahrein est chiite, 30% au Koweit, 27% dans les Emirats arabes unis.

Nombre de sunnites ressentent une volonté d’hégémonie des chiites sur tout l’Islam. En réaction, par exemple, les djihadistes sunnites vainqueurs des Soviétiques en Afghanistan théoriseront vite leur victoire pour se retourner contre leurs deux autres grands ennemis : les Américains et les chiites…

On a même vu certains extrémistes sunnites expliquer que les chiites étaient une invention des juifs pour compromettre l’islam.

La revanche des chiites et ses conséquences

Quatorze années après l’expédition militaire américaine en Irak, l’Iran est aussi devenue la principale puissance non arabe du monde arabe (Michel Foucher). Cette puissance a été reconnue de fait avec l’accord de juillet 2015 avec Washington sur le nucléaire.

Le 30?décembre 2006, Saddam Hussein, dictateur irakien du parti baas sunnite fut pendu pour crime contre l’humanité. L’accusation avait reposé sur le massacre, plus de vingt ans auparavant, de 148 villageois chiites de Doujaïl, en représailles d’un attentat manqué contre le convoi présidentiel. Durant son procès, Saddam Hussein n’avait eu de cesse de dénoncer les ennemis de l’Irak : les Américains et les mages perses, désignant ainsi les ayatollahs et les gardiens de la révolution iraniens.

La date de l’exécution, choisie par le Premier ministre irakien chiite Nouri al-Maliki, fut le premier jour de l’Aïd el-Kébir, que les sunnites célèbrent un jour avant les chiites.

Ce choix fut interprété par l’Arabie Saoudite et par la plupart des médias du Maghreb comme l’exécution d’un sunnite et non d’un tyran.

Un expert du Parlement russe vit dans cette exécution et sa symbolique l’annonce d’une nouvelle spirale de violence en Irak et dans la région du Golfe. L’avenir allait vite lui donner raison.

La montée en puissance de l’Iran chiite était donc devenue inacceptable par l’Arabie Saoudite et provoquait également l’inquiétude croissante d’Israël et de la Turquie.

L’Arabie Saoudite souhaitait alors diminuer l’influence iranienne au Proche-Orient. Ceci passait par la déstabilisation du régime syrien et la formation d’un front sunnite. Le Printemps arabe lui en fournit l’opportunité.

L’Iran, ses satellites et les minorités chiites inquiètent l’Arabie saouditeLa situation actuelle

Près de quinze ans après l’intervention américaine en Irak, les conflits confessionnels se sont exacerbés et alimentent tous les conflits au Proche et Moyen-Orient.

Pour autant, l’essence de ces conflits est-elle principalement religieuse ou les clivages religieux ne sont-ils pas instrumentalisés par des États et des mouvements politiques en quête de suprématie régionale ?

Il y a bien, avec la révolution iranienne de 1979 et ses conséquences, l’affirmation d’une revanche des chiites confortée par la chute du pouvoir minoritaire sunnite en Irak.

Les djihadistes de Daech ont d’ailleurs tiré parti de la tentative de formation d’un Sunnistan dans les quatre provinces centrales de l’Irak après la chute de Saddam Hussein.

Leur volonté de rétablir un grand califat passe par une exacerbation des clivages politico-religieux. Notamment par des attaques très meurtrières contre les mosquées chiites en Irak ou dans le nord-est de l’Arabie Saoudite chiite lui aussi.

À Bahreïn, la rébellion de la majorité chiite contre la dynastie sunnite au pouvoir a été écrasée par l’Arabie Saoudite.

Tous ces affrontements traduisent les stratégies d’influence des deux grandes puissances du Proche-Orient, l’Iran et l’Arabie saoudite. Le rapprochement de l’administration Trump avec l’Arabie saoudite au détriment des relations avec l’Iran est de ce point de vue loin d’être une simple péripétie diplomatique.

Michel Foucher voit dans les conflits protéiformes du Moyen-Orient l’équivalent de ceux de la guerre de Trente Ans, très meurtrière en Europe et qui, de 1618 à 1648, opposait catholiques et protestants, laissant entrevoir les luttes d’influence entre princes allemands instrumentalisés par les grandes puissances de l’époque (France, Suède, Autriche). Tout nouvel équilibre dans ces territoires devrait avoir comme préalable un accord entre l’Iran et l’Arabie Saoudite accepté par les autres puissances régionales (La Turquie et Israël…). L’ampleur de la tâche est immense. Elle l’était aussi en Europe avant le traité de Westphalie (1648)…

Une réconciliation sunnites/chiites est-elle possible à court terme ?

Cela paraît peu probable, idéologiquement ou politiquement. Beaucoup des affrontements chiites/sunnites se déroulent actuellement en Syrie. La guerre en Syrie cristallise l’affrontement entre l’Arabie Saoudite, cœur du sunnisme, et l’Iran chiite. Mais ce conflit ne peut s’interpréter avec cette seule grille de lecture. Cette guerre, cruelle de toutes parts, aspire toutes les forces régionales à laquelle s’ajoutent des djihadistes européens qui combattent aux côtés de Daech mais aussi des milices chiites internationales venant du Liban, de l’Irak ou de l’Afghanistan qui combattent au côté des troupes régulières syriennes et de la Russie. À ce jour, aucune véritable solution militaire ou politique ne semble vraiment s’affirmer. Pour autant, une grande partie de l’avenir du Proche-Orient se joue sans doute aujourd’hui en Syrie. Mais c’est aussi sans doute là aussi que se dessine un nouvel ordre politique mondial, marqué par la fin de l’hégémonisme américain né de l’effondrement du bloc soviétique.

institutions militaires

La politique de défense a pour objet d’assurer l’intégrité du territoire et la protection de la population contre les  agressions armées. Elle contribue à la lutte contre les autres menaces. Elle pourvoit au respect des alliances et des traités et participe dans le cadre européen à la politique de défense commune. Les principes généraux sont décrits dans le code de la défense, créé par l’ordonnance du 20 décembre 2004, elle-même ratifiée par la loi du 12 décembre 2005. La répartition des responsabilités des autorités politiques est précisée par la constitution.

La défense et les forces armées sont aussi un des fondements de l’indépendance de la France et de son rayonnement dans le monde, de sa grandeur comme disait le général de gaulle. il avait d’ailleurs bien compris que dans ce domaine, il fallait à la France une armée puissante, la dissuasion nucléaire et l’indépendance. Le fait que l’armée française soit la plus forte d’Europe est vital pour notre pays, et le président Macron l’a rappelé peu de temps après son élection, en demandant à notre armée de rester la meilleure. Il lui en a aussi donné les moyens en portant petit à petit l’effort militaire à 2% du PIB.

Les Forces armées, couramment appelées l’Armée française, constituent la puissance militaire de la République française, chargée de la défense de la population, du territoire et des intérêts nationaux. Elles comprennent principalement les commandements et leurs états-majors, les trois armées (l’Armée de terre, la Marine nationale et l’Armée de l’air) ainsi que la Gendarmerie nationale, les services de soutien et les organismes interarmées.

Depuis la suspension par le président Jacques Chirac du service national pour tous les Français nés après le 31 décembre 1978, l’Armée française est devenue une armée de métier composée de militaires d’active professionnels, de militaires réservistes (anciens militaires du service actif ou volontaires issus du civil) et de civils, représentant un effectif global d’environ 270 000 personnels militaires et civils.

Les responsables institutionnels

Le président de la république est le chef des armées (article 15) garant de l’indépendance nationale, il est le seul à pouvoir donner l’ordre d’engagement des forces nucléaires. Il définit les orientations et arrête les décisions en matière de défense. Il nomme aux emplois civils et militaires de l’état.

C’est également lui qui décide en dernier lieu de l’engagement de la France dans les opérations extérieures (OPEX) un rôle qui l’amène à se sentir responsable des soldats morts dans ces opéartions.

Ce rôle de chef des armées fait du président de la république l’homme fort de notre époque. Il est ainsi l’héritier des rois, qui conduisaient leur armée à la guerre. C’est lui le seul qui peut déclencher le feu nucléaire. Comme disait François Mitterrand, la dissuasion, c’est moi.

Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Pour cela il dispose de l’administration  et de l’armée. Le premier ministre est responsable de la défense nationale. Il s’appuie sur le SGDN transformé en 2009 en SGDSN.

Le ministre de la défense prépare et met en œuvre la politique de défense dont il assume, avec le premier ministre, la responsabilité devant le parlement. Il est assisté par le chef d’état major des armées, le délégué général pour l’armement, le secrétaire général pour l’administration, les chefs d’état major des trois armées.Dans chaque ministère, un haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) est en charge des problèmes de défense et de sécurité de son ministère. par exemple, quand j’étais responsable de la protection des centrales nucléaires à la mission sécurité, j’ai travaillé avec le HFDS du ministère de l’écologie dont dépendait EDF.

La réduction des effectifs engagée depuis 2008 a été arrêtée suite aux attentats récents. 

C’est par exemple le gouvernement et le ministère de la défense qui a préparé la loi de programmation militaire (LPM)

Le ministre de l’intérieur met en œuvre la défense civile (ou j’ai travaillé avec Laurent) 

le parlement vote les lois de programmation militaires. 

Les acteurs de terrain

La défense nationale repose sur la défense militaire, la défense civile, et la défense économique

La défense militaire comprend 

– les forces armées sous l’autorité du CEMA constituées de l’armée de terre, de la marine, de l’armée de l’air et de la gendarmerie nationale. La DGA est le premier acteur européen en matière de recherche de défense.

La DGA est le premier acteur européen en matière de recherche de défense.

Les industriels de la défense jouent aussi un rôle de premier plan, car les exportations militaires permettent d’amortir des recherches très coûteuses qui profitent au premier chef à l’armée française. La collaboration entre la DGA et ces industriels est une belle réussite française.-la réserve est constituée de deux branches la réserve opérationnel et la réserve citoyenne. La réserve opérationnelle est constitué d’anciens militaires et de volontaires . La réserve citoyenne est constituée de volontaires bénévoles.

La défense civile incombe au ministère de l’intérieur. Elle veille au maintien de l’ordre public, et assure la sécurité civile, c’est à dire la protection des citoyens contre les événements graves. Elle donne un grand pouvoir au ministère de l’intérieur qui, en s’appuyant sur les forces de sécurité et les pompiers gère toutes les crises sur le territoire national.

La défense économique comprend la défense économique régalienne qui  veille au bon fonctionnement de l’économie, et d’autre part repose sur des liens entre l’état et les entreprises.

Etat du monde et de la France fin 2019

Il est traditionnel dans les entreprises de faire le bilan de l’année écoulée quand on arrive en décembre. Il me semble aussi intéressant, en cette fin d’année de prendre un peu de recul pour examiner l’état du monde, l’état de la France, et tenter d’identifier les grands mouvements qui traversent notre environnement.

Au niveau mondial, le premier mouvement concerne la fin du leadership américain. Curieusement, avec la fin de la guerre froide on aurait pu croire que les états-unis allaient prendre en charge la gouvernance mondiale. Ce fut un peu le cas lors de la guerre du golfe, mais depuis l’élection de Donald Trump, ce pays se retire peu à peu des instances de gouvernement mondial, comme il l’a fait avec l’accord de Paris sur le changement climatique, celui sur le nucléaire iranien ou les traités de désarmement nucléaire. Ils ont aussi causé des difficultés à l’OMC. Même leur soutien à l’OTAN pose quelques doutes et surtout le déclenchement de l’article 5 dans le cas d’un conflit en Europe. Leur vision des relations internationales est celle de la puissance, du plus fort, America First.

A l’inverse, la Russie et la Chine souhaitent revenir dans le concert mondial. Le départ des américains de Syrie a laissé une place libre que la Russie a vite occupée, c’est elle qui fait la loi dans ce conflit. Lors de l’intervention de la Turquie contre les Kurdes, c’est Vladimir Poutine qui a invité Erdogan à Sotchi pour signer un traité de paix. Grâce à Emmanuel Macron, il est venu à Brégançon la veille du sommet du G7 où on a évoqué son possible retour.

La Chine, avec les nouvelles routes de la soie souhaite réaliser un grand projet d’infrastructure terrestres pour se rapprocher de l’Europe et de tous les pays qui sont sur leur chemin. Elle a mis récemment en service un deuxième porte avion fabriqué en Chine, et est à la tête de la deuxième armée du monde. Elle entend régner en Mer de Chine, et mettre au pas Hong Kong.

Le conflit entre Israel et les palestiniens se poursuit sans qu’on n’y voie une issue, et l’affrontement entre l’Iran et l’Arabie saoudite a renforcé les conflits au Moyen Orient, comme la guerre au Yémen. Le conflit syrien qui dure ne fait qu’ajouter à l’instabilité de cette région.

L’Afrique continue à faire face à une situation politique difficile où la plupart des pays sont gouvernés par un dirigeant appuyé sur un parti unique et soutenu par des cadres et des politiques à sa dévotion. Dans un continent où la grande majorité est analphabète, la notion d’élection libre n’est qu’une illusion. Les élections en Algérie ont confirmé ce phénomène qui a conforté le général Gaid Salah comme homme fort du pays héritier direct du système Bouteflika. De plus la situation économique ne s’améliore pas vraiment.

Les difficultés de l’opération Barkhane montrent que l’Afrique est devenue une base arrière du djihadisme.

Un peu d’optimisme avec les propos du président à Abidjan ce 22 décembre La jeunesse du continent africain est trop souvent vue comme une crainte, regrette-t-il, dans une référence implicite aux débats sur l’immigration qui agitent l’Europe.La responsabilité de tous les dirigeants est de lui donner les moyens de construire ses rêves.

Et quelle est la situation de la France fin 2019. D’abord elle confirme un goût prononcé d’une partie de la population pour les révoltes et les grèves dures qui pénalisent le fonctionnent normal du pays et compliquent singulièrement la vie des français. Tout se passe comme si une partie de la population prenait plaisir à nuire et à embêter le maximum de personnes. Après les gilets jaunes, c’est la CGT qui prend le relais, et s’apprête à empêcher certaines familles de pouvoir se réunir pour Noël. Les coupures d’électricité de la CGT montrent aussi qu’il ne s’agit pas de faire grève, mais de provoquer la gêne des français.

Le débat national, organisé par le gouvernement pour consulter le pays a permis de montrer que les gilets jaunes ne représentaient pas grand chose, et que les choix du président étaient assez partagés.

Après la bipolarisation droite gauche qu’on a connu depuis longtemps, le système politique est maintenant polarisé entre la république en marche, les progressistes et modérés et le front national populiste. Cette situation appauvrit un peu le débat politique. Mais l’électorat du président semble résister à la contestation comme l’ont montré les élections européennes, et les derniers sondages annoncent une réélection facile pour le président.

Sur le plan économique, la croissance française résiste avec 1,3% en 2019 proche de celle de l’Europe, le chômage continue à décroître doucement pour finir l’année à 8,3% et le pouvoir d’achat a augmenté.

Sur le plan international, la politique française est saluée, avec de bonnes relations entre le président français et les autres grands présidents, américain russe et chinois. Le sommet du G7 de Biarritz en juillet a été une réussite. La France continue de soutenir l’armée européenne, mais ce projet reste difficile. Au niveau européen, la France apparaît comme le pays stable, par rapport à l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne qui ont des problèmes de majorité, et l’Angleterre aux prises avec le Brexit.

Finalement, comme depuis de nombreuses années, la France reste un pays riche, avec une économie et des grands groupes performants, dotée d’un modèle social efficace et plutôt égalitaire. Le régime politique est stable. Le principal problème du pays reste le pessimisme et l’insatisfaction chronique des français contre à peu près tout, le coût de la vie, les élites, le président qui finit par polluer singulièrement les débats nationaux.

En conclusion, je soulignerai les grandes tendances qui me semblent présentes dans le monde

– des mouvements de révolte et de protestation qui dans de nombreux pays expriment la défiance contre le régime, le manque de reconnaissance et de liberté, et aussi le coût de la vie. Des mouvements souvent réprimés dans le sang et la violence

– la prise de conscience de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, mais il semble qu’on en soit plus à la prise de conscience qu’à la volonté d’agir. Dans les pays développés, nous nous sommes habitués à un confort gourmand en énergie mais auquel personne ne souhaite renoncer.

– les difficultés de la gouvernance mondiale que même les états-unis ne souhaitent plus assumer

– des économies avec une croissance durablement faible et un chômage important

– des écarts élevés de niveau de vie, et des injustices réelles entre les hommes ou entre les pays qui menacent la stabilité mondiale

– la montée du populisme dans de nombreux pays, et la montée de la politique de puissance chez les grandes nations comme les états-unis, la Russie ou la Chine

Gouvernance mondiale

L’échec de la COP 25 nous montre cruellement que même sur un sujet qui semble consensuel, les différents pays ont du mal à coopérer et à faire quelques efforts. L’OTAN nous montre aussi combien il est difficile de diriger une organisation aussi multiple et pourtant puissante. L’OMC du fait des états-unis éprouve aussi des difficultés. Alors que reste t il de la gouvernance mondiale qu’on souhaite tant pour faire face à des problèmes comme le réchauffement climatique, la réduction des inégalités, le commerce mondial ou les flux migratoires?

Une autre façon de poser la question de la gouvernance mondiale peut être d’examiner

– sous quelle forme l’ a t on observée dans l’histoire

– qui a envie à notre époque de gouverner le monde

L’analyse historique nous ramène au concours, c’est à dire à la guerre. C’est malheureusement elle qui a permis la construction des grands empires. Un des plus fameux et des plus réussis fut celui d’Alexandre le Grand qui très rapidement sut réunir le monde d’alors grâce à son génie militaire mais pas seulement. Il y avait aussi dans le projet d’Alexandre une vision culturelle . Il fonda Alexandrie qui longtemps éclaira le monde intellectuel. L’empire romain prit ensuite le relais, grâce à la puissance de ses légions. Mais là encore, la dimension culturelle était bien présente avec les stades, les théâtres, les voies de communication ainsi que la vision du droit incarnée par la devise Senatus Populus que Romanus SPQR le sénat et le peuple romain. La dimension culturelle s’appuyait aussi en grande partie sur une des plus grandes réussites intellectuelles de tous les temps, la culture grecque qui unifie encore l’Europe et l’occident. Le Saint Empire Romain Germanique s’appuie aussi sur les conquêtes de Charlemagne, ainsi que déjà sur une certaine vision de l’Europe.

Quand on regarde Vienne ou Istanbul, on constate la splendeur des empires autrichiens ou ottoman. Saint Petresbourg ou Moscou incarnent l’âme russe, de même que Versailles pour ce qui fut alors le plus grand pays du monde.

Cette réflexion nous montre que pour gouverner le monde, il faut d’abord un général et une armée (vous voyez que l’école de guerre n’est pas inutile) mais il faut surtout une vision du monde, qui inclut une dimension culturelle, celle qui permet aux différents peuples d’adhérer au monde qu’on leur propose et qu’on leur impose. Les gaulois, et notamment mes ancêtres les éduens étaient les amis des romains, et la devise d’Autun (où je suis né) était sœur et émule de Rome soror et aemula romae.

Qui souhaite gouverner le monde de nos jours? Une première réponse se trouve dans le projet européen, qui incarne la grandeur et la difficulté de vivre ensemble. Il a su d’abord près de deux mille ans plus tard renouer avec la paix romaine la fameuse pax romana qui fut une des plus belles réussites de Rome. Sa dernière initiative, la neutralité carbone montre qu’il souhaite être présent dans les grands enjeux mondiaux. Mais sa difficulté, et peut être sa force est qu’il regroupe des pays et des états qui veulent conserver leur indépendance, la France étant dans ce domaine loin d’être la dernière.

Quelques nostalgiques des empires ont gardé des prétentions mondiales. La Chine, avec les nouvelles routes de la soie rêve de redevenir l’empire du milieu. Il faut dire qu’elle s’en donne les moyens. La Russie de Poutine veut retrouver au niveau mondial un rôle à sa mesure. Et finalement, même si Trump rêve d’un isolationnisme moderne (beau sujet de CUGE) les états-unis restent l’hyper puissance qui domine et fédère le monde occidental.

Alors finalement, souffre t on d’un manque de gouvernance mondiale, ou d’un trop grand nombre de prétendants? En tous cas le goût de gouverner ses voisins ne semble pas avoir beaucoup diminué. C’est plutôt la grandeur d’une vision culturelle comme celle d’Alexandre de Rome ou d’Athènes qui nous fait défaut. Facebook peut il prendre le relais du Colysée, en tous cas le but recherché est très ressemblant du pain et des jeux, panem et circenses, ne serait ce pas finalement la meilleure méthode pour gouverner le monde?